Jubilé du frère Matthieu

Jubilé du frère Matthieu

à l’occasion de la fête d’anniversaire du frère Matthieu Fautré, le samedi 26 septembre, à Clerlande…

Chers neveux, frères et sœurs de notre Fr. Matthieu qui ont été à l’initiative de cette fête, chers amis de notre frère et de la communauté,
Nous rendons grâce à Dieu pour les 90 ans du fr. Matthieu et ses 63 ans de vie monastique ! Tant de choses qu’il pourrait développer et dont nous savons peu de chose, sinon son engagement comme volontaire de guerre en février 1945 à la fin de la guerre. Il n’avait pas 20 ans.
​De sa vie à l’abbaye de St-André à Bruges, nous sommes nombreux ici à l’avoir bien connu quad il s’appelait encore frère Justin. Il exerçait la fonction importante de portier : non seulement il ouvrait la porte aux visiteurs (à cette époque on n’entrait pas dans un monastère comme dans un moulin), mais il les introduisait dans un parloir, avertissait le Père concerné par la visite, apportait un plateau avec du café pour l’accueillir s’il en était question. Tout cela, à petits pas agiles, le sourire aux lèvres, avec une discrétion toute bénédictine !
​Il a toujours été quelque peu réticent aux grandes pompes liturgiques de l’époque auxquelles il participait avec des clignements des yeux un peu malicieux. C’était avant le Concile Vatican II qui souffla un Vent, sinon une tempête, de simplicité sur les rites liturgiques et même sur le style quotidien de la vie monastique. On a vu alors le fr. Justin respirer, trouver un souffle nouveau et puisque cela était permis, il abandonna son nom monastique de Justin, martyr au 2e siècle, pour reprendre son nom de baptême, Matthieu, qu’il reçut de ses chers parents lorsqu’ils le présentèrent, mignon bébé, sur les fonts baptismaux de l’église St Pierre à Woluwé en décembre 1925.
​Quand il fut question dans les années 60, d’installer en région francophone une partie de la communauté de Bruges, le fr. Matthieu fit le choix de venir dans le Brabant wallon, aimant un art de vivre dans la simplicité et le site envisagé. Il prit plaisir à fréquenter le petit groupe des quatre frères qui habitaient déjà à Ottignies dans une maison louée aux Pères Rédemptoristes du Christ-Roi tandis que Clerlande se construisait. Il déménagea le jour de la fête de St André, en 1970. Durant ses séjours, on constata que notre frère Matthieu avait trouvé dans ce nouveau style de vie, dans la liturgie et dans les relations fraternelles, son épanouissement et son bonheur.
Deux signes demeurent dans notre mémoire et dans notre cœur : il aimait mettre la main à la pâte dans notre cuisine domestique et de plus il émaillait déjà les divers lieux de la maison par de discrètes et subtiles compositions florales. Il est resté égal à lui-même jusqu’aujourd’hui : chef-cuisinier jusqu’il y a peu de temps et fleuriste initié à l’Ikebana.
Les moniales qui découvraient le monastère de Clerlande étaient unanimes à dire : « C’est le seul monastère d’hommes où il y a des fleurs dans tous les lieux.
​Cher fr. Matthieu, c’est un jour où on devrait te lancer des fleurs. Et ta réponse résonne à nos oreilles. En haussant les épaules, tu dirais « J’ai fait mon petit possible. C’est pas mal, mais il y a mieux ! ». Il y aurait encore tant à dire. Je retiens encore les leçons que tu as suivies pour apprendre le tissage. Le P. Frédéric t’a encouragé. Tu es parti de 1978 à 1981 dans notre fondation à Kinshasa où tu donnas des cours de tissage à des handicapés, collaborant avec la sœur Rosa. Tu es même passé à Dakar pour visiter les tisserands sénégalais que connaissais le frère Georges Minne.
​En ce jour, au nom de tes frères moines, de ta famille, de tes amis, je te dis simplement : « Merci pour ce que tu es et ce que tu fais. Ne change surtout pas ; d’ailleurs il n’y a pas de danger. Tu deviens de plus en plus toi-même. Que Dieu te garde et te bénisse.

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