31è dimanche du Temps Ordinaire - Fête de Toussaint

31è dimanche du Temps Ordinaire – Fête de Toussaint

Matthieu 5, 1-12a – 31e dimanche du Temps Ordinaire – Fête de Toussaint

La fête de Toussaint est une fête provocatrice. En effet, quoi qu’en pense le monde de notre temps, quoi qu’il en dise, quoi que beaucoup s’en mordent les doigts, « l’affaire Jésus a réussi ».

Voici le peuple immense de ceux qui l’ont cherché!
Voici le peuple immense de ceux qui l’ont trouvé.

*

Au milieu des brouillards de l’automne se lève radieuse, la fête de Toussaint! Alors que l’année du calendrier de la terre marche vers sa fient que la nature se dépouille de son éclat passager, l’Eglise, dans la liturgie du premier novembre, se pare d’une jeunesse flamboyante et éternelle: elle relève la tête et, vibrante de joie, fait monter des hymnes d’action de grâce vers la Maître de l’histoire sainte qui, un jour dans l’histoire des hommes s’est relevé d’entre les morts.

La fête de Toussaint s’environne parfois d’une odeur de mort; en effet, la mémoire des disparus, quand nulle espérance ne l’éclaire, préfigure l’épuisement des êtres et des choses.

Pour les croyants par contre, tous ceux et celles qui ont quitté cette terre et rejoint la Cité céleste constituent un peuple immense de « super vivants », partagent la gloire de Celui qui a dit: « Je suis la résurrection et la Vie ».

*

Cette audacieuse Vision de ce peuple immense des saints nous donne un immense souffle. Ne le rapetissons pas en nous essoufflant à comparer l’estimation des organisateurs à celle de la gendarmerie.

Qui sont-ils ces quelques milliers d’hommes et de femmes saintes et saints par l’Eglise, qui ont « pignon-sur-rue » et statues sur les autels ?
Ce sont de simples disciples du Christ, comme nous, qui, du haut du ciel, nous font un clin d’oeil amical pour nous assurer que le combat de l’Evangile, semence enfouie dans le sol de la vie terrestre, produit un fruit d’éternité.

L’Eglise nous les propose en exemple, non pas pour leur piété, mais pour sur combat. Et ici, on ne compte plus en milliers mais en milliards les saintes et saints de Dieu. L’Apocalypse – que nous vendons de réentendre -, rejoint notre question: « Qui sont-ils, ces milliards de saints ? »

« J’ai vu une foule immense, que nul ne peut dénombrer, une foule de toutes nations, races, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs. L’un des Anciens prit alors la parole et me dit: « Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils et d’où viennent-ils ? » Je répondis: « C’est toi qui le sais, mon Seigneur ». Il reprit: « Ils viennent de la grande épreuve. Ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifié dans le sang de l’Agneau ».

A l’époque du livre de l’Apocalypse, le sang dont il est question fait allusion au martyre sanglant des chrétiens déchirés par les bêtes du cirque.

Et depuis lors, d’autres cirques, au propre et au figuré, ont martyrisé des chrétiens, jusqu’à aujourd’hui. Mais à part ces situations plutôt exceptionnelles, et heureusement, le combat évangélique a été et demeure la grande réserve des saints, réserve d’autant plus immense qu’elle concerne non seulement les chrétiens mais le peuple indénombrable, parce que caché, de tout ceux et celles qui tiennent bon, qui ne se lassent pas de fabriquer de la douceur, de ma miséricorde, de la justice, de la pureté, de la paix, avec le matériau médiocre et souvent même rebelle de la vie quotidienne. Les Béatitudes évangéliques sont le pain dont ils se nourrissent et qu’ils partagent avec leur prochain. « Les gens des rues », pourrait-on dire.

Ils sont plus nombreux qu’on ne croit, eux justement que nous célébrons aujourd’hui globalement, parce qu’ils ont vécu, vivent toujours, cachés, ignorés, anonymes, loin des célébrités humaines et des canonisations ecclésiastiques. Ce sont eux qui sauvegardent le sens suprême de la vie humaine, non pas dans leurs bibliothèques ou dans leurs discours, mais dans le vif de leur réalisation quotidienne, dans le regard purifié qu’ils portent sur le monde, dans le coeur frémissant avec lequel il respectent et accueillent tous les êtres, et Dieu, qui lui même vient à eux.

Dès lors, soeurs et frères, avec hardiesse, je vous souhaite « bonne fête », selon l’invitation de Jésus:

« Soyez saints comme votre Père des cieux est saint »

et selon sa promesse:

« Vous pouvez devenir saints, puisque votre Père des cieux est saint, et met sa  joie à vous la partager ».

La sainteté ne se conquiert pas par le force humaine des poignets.
La sainteté se reçoit dans la faiblesse de nos mains ouvertes au Don de dieu.

Fr. Dieudonné

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