Bénédiction 1/01/2017

V ous savez ce qu’est un optatif: en certaines langues, c’est un temps de verbe qui exprime un souhait. En français, nous employons le subjonctif avec la conjonction « que »: « Que tout aille bien! » C’est ainsi que nous exprimons nos vœux aujourd’hui: Que cette année soit belle et bonne! Bonne année! Aaron devait adresser ses vœux de la même manière: « Que le Seigneur te bénisse et te garde! Qu’il fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi et qu’il t’apporte la paix! » Saint François aimait redire ce vœu à tous. Mais ce n’est plus à proprement parler un vœu, c’est une bénédiction. Et voilà ce que nous sommes invités à nous adresser mutuellement aujourd’hui: non pas seulement des vœux, mais une bénédiction, nous bénir les uns les autres.

Qu’est-ce qu’une bénédiction? Bien dire, dire du bien, dire une bonne parole, une parole qui fasse du bien. Je l’éprouve quand on me dit: « c’était bien, ce que vous avez dit ». Ma parole a été reçue comme une bonne parole, et en retour on m’adresse un bien qui m’honore.

La bénédiction vient au secours de nos simples vœux. Car nous pouvons bien nous souhaiter le meilleur, mais nous savons que nous n’avons aucune prise sur l’année qui vient. Elle est aussi pleine de promesses que nous souhaitons que de menaces que nous voudrions conjurer. Il nous suffit de regarder l’année écoulée pour engranger nos belles initiatives et nos tristes échecs, les bonheurs dont nous avons été gratifiés et les épreuves que nous avons subies. Je vous parlerai plus longuement dans quelques jours du courage de l’incertitude. Mais dès aujourd’hui, c’est ce courage que je voudrais vous souhaiter dans ma bénédiction. Il nous en faut dans notre communauté et dans notre communion pour soutenir nos faiblesses. Il nous en faut aussi pour rester debout dans le monde comme il va.

Mais je voudrais surtout vous convier à regarder avec confiance tout ce qui nous donne du courage chez nous, ici, tout le poids de bonne volonté dont nous faisons preuve, et dans le monde l’inépuisable générosité que suscitent toutes les misères, tous les secours déployés à chaque épreuve. Nous savons ce qui nous menace: la terreur que des fous veulent inspirer, et aussi les gesticulations improbables de leaders déroutants. Mais la vieille sagesse de l’humanité est toujours là, qui veille. Des voix fortes se font encore entendre, à commencer par celles de notre pape François. Il est arrivé, dans un passé encore bien proche, que l’Histoire soit emportée par un vent de folie. Il a fallu alors que les plus lucides résistent, et ils ont gagné. Sur bien des fronts, il va nous falloir encore résister, résister aux peurs et aux replis qu’elles engendrent, résister aux haines tapies à nos portes, et peut-être plus que tout résister à l’indifférence des somnolents qui ne veulent plus entendre les bruits du monde. « Il n’y avait pas de place pour eux dans l’auberge ». Le christianisme a commencé dans un refus d’hospitalité. « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu ».

Mais regardons les bergers de l’évangile: ils vont voir, et ensuite ils racontent ce qu’ils ont vu. Le texte dit plus précisément: ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé. Mes amis, nous sommes les bergers du monde, et nous en avons tellement à raconter. Raconter à qui veut nous entendre ce que nous vivons ici, c’est tellement beau. Place donc à ceux qui en ont plein la bouche. Mais notez bien que les bergers ne se le racontent pas entre eux, ils le racontent aux autres. Il faut aller aux périphéries chères au pape François pour raconter ce que nous vivons.

A moins que vous ne préfériez faire comme Marie qui ne raconte pas mais qui retient et médite en son cœur. Place donc aussi aux silencieux qui retournent tout dans leur coeur. Ils sont la braise de l’humanité. C’est sur eux qu’on pourra souffler pour que la flamme reparte.

Et conservons la belle bénédiction d’Aaron: il ne souhaitait pas toutes sortes de bienfaits, mais seulement celui-ci: que le Seigneur soit là toujours, qu’il nous bénisse et nous garde, qu’il se penche vers nous et nous apporte la paix! Oui, que le Seigneur soit avec vous chaque jour, et vous avec lui.

fr. Bernard

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