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La Règle de Saint Benoît





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LA CHRONIQUE DE CLERLANDE N° 1
Carème et Temps Pascal 2007
Ouvert par la célébration du mercredi des Cendres, le temps du Carême a été marqué le samedi 24 février par une rencontre-méditation à trois voix sur le thème : « Faire silence aujourd’hui : pourquoi ? Comment ? » Une bonne quarantaine de personnes -parmi lesquelles beaucoup d’amis et d’oblats du monastère, mais aussi pas mal de nouveaux et bien venus- ont écouté l’introduction faite par Jo van Haeperen suivie des deux témoignages de Damien Hombrouck et Didier Oger, issus de leur pratique professionnelle. Trois approches : celle d’un philosophe, celle d’un psychothérapeute, celle d’un éducateur.
« Il existe par rapport au silence un certain nombre d’expressions qui traduisent son ambivalence : ainsi, un silence peut être méprisant comme il peut être admiratif. Le mérite de l’ambivalence, c’est qu’elle suscite un discours ouvert, même quand il prend le parti d’être positif.
Le silence crée une attente, un ‘creux’. Pour qu’il y ait silence, il faut que tout s’efface, même le soi. Alors, il peut être habité de ‘présences discrètes’, à condition de se mettre à son écoute. Le monde du silence est aux antipodes du voyeurisme. C’est la discrétion qui permet d’y accéder. Il ouvre au ‘non-dit’, à ‘l’in-ouï’, à l’inédit’. Il les recèle en lui comme une perle dans sa coquille. A cet égard, il fait sortir de l’obsessionnel, du ressassé. Il est sortie de l’immédiateté, de l’impulsivité. Il met à distance de soi-même et des autres et donne ainsi tant à soi-même qu’aux autres leur chance d’exister vraiment. La distance ainsi créée produit de l’irréductible : quelque chose de nous-mêmes et des autres nous échappe irrémédiablement. Le silence nous ouvre ainsi au mystère de Celui sur lequel aucune mainmise n’est possible ». (Jo van Haeperen)
« Le silence se présente en psychothérapie sous deux formes principalement :
- comme résistance à la parole. Il témoigne de ce qui ne peut se dévoiler ou
doit rester caché, mais aussi de l’impossible à dire, de la confrontation à l’incomplétude du dire.
- comme ce qui permet l’écoute. De soi d’une part si il est ouverture consciente de ce qui a promu le silence comme résistance, et également s’il est affranchissement du langage, c’est-à-dire acte libérateur qui témoigne du droit au silence. D’autre part, le silence est ce qui permet l’écoute de l’autre, comme le manifeste le silence de celui à qui le sujet en thérapie s’adresse, qui se veut non pas absence de réponse, mais bienveillance vis-à-vis du silence de ce qui ne peut encore se dire, tout en favorisant ce dire ». (Damien Hombrouck)
« Le silence pour l’écoute des autres et l’écoute de soi. Une expérience faite déjà à de nombreuses reprises avec des élèves emmenés au monastère non seulement pour y rencontrer les moines dans leur vie quotidienne et leurs temps de prière mais aussi pour s’y retrouver dans la solitude et le silence de leur chambre pendant au moins une heure, face à eux-mêmes. Un temps inattendu, loin de leurs habitudes dans un monde de mouvement, d’agitation et de bruit. Une expérience appréciée cependant, au fil des ans, par la plupart bien plus que l’on ne peut le penser : certains souhaitant prolonger cette heure de silence au-delà du temps imparti ». (Didier Oger)
Second temps fort de ce Carême, le samedi 17 mars : le traditionnel WE-rencontre des oblats à l’occasion de la ‘saint Benoît d’hiver’. Outre leur participation à la prière et aux repas de la Communauté, les oblats, animés par leur responsable le f. Romain accompagné du f. François, sont entrés plus avant dans le ‘trésor monastique de la prière des psaumes’.
Le frère Romain proposait le vendredi soir, après les Complies, une introduction à l’office des psaumes tel que le conçoit la Règle de Saint Benoît. Il en a montré la place, les sources et les innovations apportées par Saint-Benoît.
La journée du samedi a été consacrée le matin, à un exposé sur la manière de lire les psaumes suivi d’une lecture en commun du Psaume 39, lecture-méditation suivie d’un partage entre les participants.
L’après-midi a donné l’occasion d’une nouvelle rencontre avec les frères de la Communauté dans un échange sur les richesses et les difficultés de la prière des psaumes.
La journée s’est clôturée en ‘beauté et intensité’ par la participation au concert des « Psaumes du temps de Carême » par le « Chœur de femmes et l’Ensemble Sturm und Klang » dirigé par Thomas van Haeperen. Les chanteurs et musiciens ont fait vibrer les murs de la Chapelle de Clerlande et un très nombreux public aux sons du ‘Miserere’ de Hasse, de chants spirituels et du psaume 13 de Brahms et du sublime quatuor à cordes de Haydn. Un grand moment de musique, de prière et d’amitié vécu en communion avec l’ainé des frères le Clerlande, le f. Bénédict qui, dans sa chambre, se préparait au grand passage.
Le 19 mars : décès du f. Bénédict – Homélie du père Bernard
«Le Père Bénédict est entré dans la joie de son Seigneur aux premières heures de la fête de Saint Joseph, et tandis que nous chantions l’Office du Matin me venaient les mots latins : beatus, vir, vir justus, fidelis servus. Oui, comme Joseph, heureux l’homme juste, le serviteur fidèle. Le Père Bénédict a été pour nous l’icône du moine souriant et attentif au présent.
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Serviteur fidèle, il m’a confié qu’en entrant à l’Abbaye Saint-André, il ne souhaitait pas partir en mission mais bien passer tout sa vie au Monastère. Il a été cinquante ans au Congo, dont trente au Monastère Notre-Dame des Sources de Kiswishi, témoin, parfois attristé mais toujours courageux et confiant, de la croissance difficile d’une communauté monastique, et il a continué à porter jusqu’au bout dans sa prière les Communautés du Congo et ce peuple qu’il aimait…il a aussi porté le poids des erreurs de la mission en Afrique.
Ces derniers jours, dans le partage émouvant qu’il m’a offert, il me confia la peur de la mort et il demandait au Christ de le tenir dans la foi jusqu’au bout. «il ne faudrait pas que ça dure trop longtemps, me disait-il, car il faut rester joyeux ». |
Je voudrais témoigner ici, pour lui rendre hommage, du soutien qu’il m’a apporté. Lorsque j’envisageais quelque changement, quelque mesure nouvelle, il me disait : « Tu as raison, il faut aller de l’avant, j’en suis très content ». Il cherchait à comprendre le monde d’aujourd’hui et il aimait questionner les jeunes avec une curiosité toute bienveillante.
Je voudrais dire aux jeunes de sa famille, parce qu’il me l’a demandé, toute son attente pour que le flambeau soit reçu et transmis. Il vous aimait, et il comptait sur vous. A vous de recueillir avec piété l’héritage qu’il vous laisse, celui d’un homme fidèle et juste accomplissant humblement son service et confiant dans l’avenir de Dieu.
C’est aussi bien ce que nous, ses frères moines, avec tous nos amis, devons garder précieusement et faire fructifier. Le Père Bénédict n’a jamais rêvé de grands projets, il n’a pas poursuivi de grands desseins, il a simplement tenu sa place dans l’œuvre commune, courageusement, silencieusement, de sa démarche assurée, j’allais dire presque obstinément, comme il allait chaque après-midi arracher les ronces autour de la maison…
« …que serions nous sans nos troupiers de la vie monastique, toujours à leur poste, inusables dans leurs multiples services ?... à quoi sommes-nous appelés sinon à l’humble et souriante fidélité quotidienne, à la bonté, à la confiance paisible en la puissance de l’évangile en ce monde et en ce temps, à l’accueil disponible de l’aujourd’hui de Dieu et à l’espérance active du Royaume qui vient et qui est confié à notre labeur ? |
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Heureux ces serviteurs que le maître en arrivant trouvera en train de veiller ! En vérité, je vous le dis, il se ceindra, les fera mettre à table, et passant de l’un à l’autre, il les servira. » Le Père Bénédict assurait chaque jour le nettoyage des tables du réfectoire et la mise en place des couverts. Il doit être tout confus d’être servi par son Seigneur. Le Seigneur qui nous sert chaque jour à la table de l’Eucharistie. C’est autour de cette table, et devant le corps du Frère Bénédict, que nous renouvelons notre foi en celui qui a dit : « Celui qui mange ce pain et boit à cette coupe, même s’il meurt, vivra, et je le ressusciterai. »
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La Semaine Sainte
Dimanche des Rameaux et de la Passion


Jeudi Saint
Table eucharistique. Lavement des Pieds.


Vendredi Saint
Lecture Passion. Adoration de la Croix.


Nuit de Pâques
Cierge Pascal. Lumière. Lecture. Proclamation.


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