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Nouvelles

Dernières nouvelles: élection d'un nouveau Prieur.

Le samedi 21 mai 2005, la communauté de Clerlande a élu comme Prieur, le Père Bernard Poupard qui succède au Père Pierre de Béthune supérieur du monastère depuis 16 ans.

Entré en  1965 au monastère de Tioumliline au Maroc, le P. Bernard a été ensuite prieur du monastère de Bouaké en Côte d'Ivoire, puis, en France, aumônier de l'abbaye de Jouarre et animateur d'un centre spirituel en Seine et Marne. Il est membre de la communauté du Monastère Saint-André de Clerlande depuis l'an 2000.

MESSE DE BENEDICTION DU PERE PRIEUR BERNARD POUPARD COCELEBREE PAR MONSEIGNEUR DANNEELS
ET MONSEIGNEUR VAN COTTEM LE DIMANCHE 12 JUIN 2005

Les frères de la Communauté de Clerlande ont souhaité associer le Cardinal Primat de Belgique ainsi que l’Evêque du Brabant wallon à l’élection récente de leur nouveau Père Prieur. Ceux-ci ont chaleureusement accepté cette invitation et c’est dans cette perspective qu’une messe solennelle a été organisée.

Après un mot d’accueil du frère Jean-Yves et d’un couple de la communauté laïque, Monsieur le Cardinal s’est adressé à la communauté élargie de Clerlande en insistant sur le rôle de guide prophétique, à l’image de Moïse, que devra jouer le Père Bernard dans les prochaines années. Avec discrétion certes, mais aussi avec énergie et détermination, ainsi qu’avec son coeur.

Une cérémonie de bénédiction suivit cette liturgie de la parole au cours de laquelle Monsieur le Cardinal remit au Père Bernard la croix qu’il portait en tant que prieur du monastère de Bouaké, ainsi que les Evangiles.

Soutenue par la Chorale de Clerlande, la célébration dépouillée et recueillie permit à tous de communier dans l’espérance chrétienne renouvelée en ce jour.

Le Père Bernard prit enfin la parole pour rappeler les principales idées qu’il avait exprimées au lendemain de son élection.

A l’issue de la célébration, c’est dans la bonne humeur que toute la communauté de Clerlande a partagé l’apéritif dans la salle Jacques Dupont.

A l’initiative de Père Bernard lui-même, une cinquantaine de personnes, dont plusieurs membres de sa famille et de ses amis proches, ont alors partagé un grand buffet festif durant une partie de l’après-midi. Heureux mais attentif, le Père Bernard a pu apprécier la présence de chacun et se persuader que l’esprit de Clerlande était plus que jamais vivant.

Tout le monde s’est en tout cas réjoui de participer à l’ouverture d’une nouvelle page de l’histoire déjà riche de Clerlande.

Voici le texte de l'homélie prononcée par le P. Bernard au cours de l'Eucharistie dominicale du 22 mai 2005 :

« Si j'ai trouvé grâce devant toi, Seigneur, daigne marcher au milieu de nous. »

Cette prière de Moïse, je la fais aujourd'hui au Seigneur pour ma communauté et pour notre assemblée.

Les frères de la communauté sont très marqués par leurs différences : différences de person­ nalités souvent très fortes, différences d'origines, de milieux, de parcours monastiques. Ils aiment tellement ces différences qu'ils ont élu un frère français - certains m'ont dit que ça peut se soigner, mais dans mon cas je crois que c'est incurable - un frère qui va avoir 71 ans, mais c'est un peu dans l'air du temps dans l'Eglise en ce moment, et un frère d'une autre ori­ gine et d'un autre itinéraire monastiques. A vous aussi d'accueillir ce frère, comme vous avez su le faire depuis mon arrivée ici d'une manière qui m'a beaucoup touché, et je m'honore de l'amitié très chaleureuse de plusieurs d'entre vous.

« Daigne marcher au milieu de nous. » Ce qui nous rassemble, ce qui nous unit fondamenta­ lement, ce qui fonde notre communion, c'est notre foi au Christ, notre amour du Christ, et le désir plus fort que tout de marcher avec lui, de vivre l'évangile, de chercher ensemble ce que cela veut dire que de vivre l'évangile de Jésus ici, là où l'Esprit nous a rassemblés, avec nos différences, dans cette partie de l'Eglise qui est en Belgique, au cœur d'une Europe qui se cherche, à la croisée de tant de convictions.

Bien sûr, il faut que la maison marche, que le monastère soit beau, propre, accueillant, et soyez sûrs que je ne me priverai pas de vous faire appel pour toutes ces tâches, même maté­ rielles, parce que je sais que vous voulez que ce beau lieu vive. Mais il faut d'abord, et avant tout, que le cœur batte. Nous devons porter ensemble la question de Dieu dans ce monde, revenir sans cesse boire à la source de l'évangile, faire l'expérience douce et rude de la prière, vraiment, honnêtement.

Nous recevons aujourd'hui cette parole si grande et si belle de l'évangile de Jean : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, non pas pour juger le monde, mais pour que par lui le monde soit sauvé. » II a donné parce qu'il a tant aimé. Dieu est don. Dans la prière de Jésus que nous lisions ces derniers dimanches avant Pentecôte, c'est l'un des mots qui re­ venait le plus. Le Père donne tout au Fils, le Fils rend tout au Père. « Tout ce qui est à moi est à toi et tout ce qui est à toi est à moi. » Ce don mutuel du Père au Fils et du Fils au Père est l'Esprit, que nous appelons le Don de Dieu, donum Dei. Dieu est communion. Et chacun de nous est un don de Dieu, le cadeau qu'il nous fait à nous-mêmes d'abord, pour notre bonheur, aux autres ensuite, et finalement à lui-même. « Tu me les as donnés, ils sont à toi. » Nous sommes ainsi lancés dans cette danse du don qui est Dieu même. Dieu nous invite à cette communion qui est sa vie, et la source de toute vie.

C'est notre vocation et notre mission. Je voudrais vous le dire avec force aujourd'hui : nous sommes appelés ensemble à être les enfants de Dieu qui aime ce monde, les frères du Christ venu pour le sauver. Nous appelés à vivre le mystère de communion de Dieu, à conjuguer nos différences, dans la douceur, humblement et de bon gré, joyeusement. C'est le seul témoi­ gnage que nous puissions porter.

Quel est l'avenir de Clerlande ? Je ne suis ni devin ni magicien. Vous connaissez nos faibles­ ses, nos limites, et aussi notre foi et notre générosité. Ce dont nous pouvons être sûrs, c'est que la vie est toujours accueil et don, et que nous sommes tous appelés à la vie, jusqu'à notre dernier souffle, pour que la vie nous reprenne encore au-delà de notre mort. Nous connaîtrons sûrement des chahuts, nous traverserons des turbulences, nous serons peut- être affrontés à des conflits. Comme je voudrais que nous avancions dans une complicité sou­ riante, discrète, comme savent le faire les vieux couples après tant d'années. Et comme je voudrais aussi que nous nous tournions ensemble vers les plus jeunes, là où ils sont, pour ac­cueillir leur vitalité et leur offrir ce que nous avons trouvé.

« Soyez dans la joie, dit Paul, et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous. »