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Echos d'homélies dominicales


4/05/2008  7e dimanche de Pâques (homélie f. Dieudonné) Ac 1,12-14; 1 P 4,13-16; Jn 17,1b-11a
Depuis l'Ascension de jeudi dernier et durant la semaine qui vient, nous vivons dix jours qui nous conduisent au 50e jour, Pentecôte en langue grecque, le nombre biblique de l'accomplissement. Ainsi nous aura-t-il fallu 50 jours pour mesurer le poids de la parole de Jésus en croix:"Tout est accompli".

Le soir de la Pentecôte, nous devrons refermer l'album des photos pascales et nous replonger dans la succession des 34 semaines que la liturgie appelle le "temps ordinaire". Une expression qui nous invite à revenir les pieds sur terre, après un temps qui nous a tenu la tête dans le ciel...

"Après avoir vu Jésus s'en aller vers le ciel, les disciples redescendirent dans la ville de Jérusalem... et dans la maison, ils se tinrent tous d'un seul coeur dans la prière...". C'est ce que la liturgie de ce 7e dimanche nous propose: faire de cette semaine un temps de prière plus intense.

Point n'est besoin d'aller nécessairement dans une église. Vous pouvez prier dans votre maison, comme le firent les Apôtres, en secret...; dans la maison où vous habitez et dans la maison de votre coeur où habite le Christ.

Laisser le Christ prier en nous.

Ce dimanche, Jésus ne nous regarde plus. Il lève les yeux et prie son Père, en parlant de nous: "Je leur ai fait connaître ton nom... C'est pour ceux-là que je te prie, car ils sont à toi. Maintenant que je retourne vers toi, je te les confie...".

Une page d'évangile comme celle de ce dimanche nous fait entrer dans l'intimité des relations de Jésus et de son Père, et de leurs communes relations avec nous.

1/05/2008  Ascension du Seigneur (homélie f. Jean-Yves) Ac 1,1-11; Ep 1,17-23; Mt 28,16-20
Le mystère pascal n'est pas d'un seul tenant. Il est tellement riche de sens. Dans le Nouveau Testament, il y a plusieurs approches de la Résurrection.
La fête de l'Ascension nous révèle la gloire du Vivant qui entraine avec Lui ceux qui l'écoutent. Bientôt ce sera la Pentecôte: "il vaut mieux pour vous que je m'en aille... L'Esprit vous fera voir et faire bien des choses". L'Ascension du Seigneur est une promesse de présence au moment même de la disparition de Jésus.
"L'Esprit vous guidera vers la Vérité toute entière"...

Devant l'immensité du mystère de Dieu, il convient de se contenter de fragments.

"Ils le virent disparaître dans une nuée". Voici venu le temps de la disparition après celui des apparitions.
Peut-on se réjouir d'une disparition? C'et pourtant ce à quoi nous invite l'Eglise. Apprendre à se réjouir malgré le désarroi des amis du disparu. "A leur côté marchait l'ombre de l'aimé" (Holderlin).
Perdre de vue le visage du bien-aimé. Touner une page après cette ultime disparition. Jésus disparaît pour de bon, il ne réapparaîtra plus. Car Jésus n'est pas un "survivant". Il n'est pas de l'autre côté du rideau. Non, il est bien mort. Jésus ne survit pas, il vit. Comme un disparu. Le Ressuscité, c'est le disparu. Il n'y a pas d'arrière-monde: Jésus est au coeur de nos vies comme un bien-aimé disparu. Il se tient dans l'invisible, au plus près du coeur humain. Invisible parce que proche. Pour la joie, car la disparition n'est pas l'absence: " Et moi je serai avec vous jusqu'à la fin des temps..."!

Etre chrétien, c'est vivre dans la présence d'un disparu qui est Vivant. L'Esprit nous enseigne comment nous pouvons trouver Jésus dans l'invisible, même dans la douleur et les larmes.

Vivre avec le disparu. Devenir les compagnons de celui dont nous n'avons jamais contemplé le visage, c'est aussi le laisser vivre en nous. Croire en Lui, ce n'est pas tant penser à Lui que de sentir qu'Il pense à nous. Laissons le aller et venir dans les désirs de notre coeur, de notre esprit.
Notre tâche est d'en être témoin. Jésus existera pour les autres si nous devenons des témoins. Tel est le pouvoir du témoignage. Là est notre responsabilité.

Quelle grande mission que la nôtre: faire en sorte que Jésus, loin des yeux devienne proche du coeur. Tâche qui nous incombe. En nous laissant inspirer par Lui, redonner aux hommes le goût de Jésus, de la saveur de l'amour du Sauveur.

27/04/2008  6e dimanche de Pâques (homélie abbé José Lhoir) Ac 8,5-8.14-17; 1 P3,15-18; Jn 14,15-21
"L'Esprit Saint... un grand oiseau timide. Si nous nous taisons, il va se mettre à chanter!"

L'évangile du jour nous invite à anticiper notre méditation sur la Pentecôte où les disciples ont reçu l'Esprit.

L'esprit appartient à tous. C'est une vieille connaissance de l'humanité, un compagnon invisible dont les hommes ont toujours soupçonné la présence... C'est lui qui plane sur les eaux au début de la Genèse. Tout au long de l'histoire de l'humanité, c'est lui qui inspire. Dans la création artistique comme dans la recherche scientifique. "Enthousiasme" signifie d'ailleurs avoir une étincelle de Dieu en soi!
L'esprit avec un petit "e" est commun à tous les hommes. C'est l'esprit "laïc" humain dans ce qu'il a de meilleur. Il souffle où il veut sans que l'on sache ni d'où il vient ni où il va! C'est la première manière de comprendre ce qu'est l'esprit.

La seconde, c'est d'y découvrir l'esprit de Jésus. Dans notre texte, Jésus semble se l'approprier. C'est lui qui le donnera. C'est lui qui nous révèle l'Esprit avec un grand "E". Pour Jésus, l'Esprit est quelqu'un qui doit faire ce qui est le plus difficile: mettre les gens ensemble! C'est cela l'Esprit d'Amour.

Et l'Esprit continue à souffler dans notre monde aujourd'hui.

Admirons tout ce qui se fait de grand, de beau, de bon de par le monde. Soyons aussi discret: n'annexons pas l'Esprit en le limitant à notre Eglise. L'Esprit est le nom le plus humain, le plus oecuménique, le plus universel de Jésus.

20/04/2008  5e dimanche de Pâques (homélie du f. Romain) Ac 6,1-7; 1 P 2,4-9; Jn 14,1-12
Dans cet évangile, beaucoup de verbes qui évoquent les uns le mouvement(passer à, partir, aller, revenir), les autres le repos (demeurer dans la maison, dans un lieu). Le texte propose aux croyants une méditation sur la Pâque du Christ, sur son passage de ce monde à son Père. Sur la manière d'y participer et d'accéder, en suivant Jésus, auprès de Celui qu'il appelle "Mon Père".
Jésus est venu demeurer parmi les hommes pour nous inviter à demeurer en Lui. Lévangéliste appelle les croyants à s'unir à Jésus pour s'unir à Dieu, le Père. Jésus est la Parole de Dieu venue parmi les hommes pour devenir leur guide vers le Père. Nul ne va au Père sans passer par Lui. Jésus vraiment Homme et vraiment Dieu est le chemin obligé pour aller avec Lui vers Dieu.
Il est de bon ton aujourd'hui d'estimer que toutes les religions se valent et sont des chemins d'accès vers le plein épanouissement de l'homme. Ici, il semble que Jésus mette en garde contre cela. Il affirme être "le" Chemin. Selon le IVe évangile, nul ne va au Père sans passer par son Envoyé Jésus-Christ.
Bien sûr, les hommes et les femmes peuvent se montrer humains, écouter autrui avec attention et bienveillance, penser leur vie avec rigueur et agir en toute responsabilité sans la foi en Christ, en se guidant sur la seule conscience d'exister humainement parmi d'autres humains. Avant d'avoir prononcé la parole incontournable "Moi, JE SUIS le Chemin", Jésus déclare:"Ne soyez pas bouleversés... Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure". Une affirmation qui ouvre une large perspective sur l'étendue du salut de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés. Rappelez-vous l'étonnement de ces gens que le Fils de l'homme invitera à entrer, eux aussi, dans la maison du Père dans la parabole du Jugement dernier au chapître 25 de l'évangile de Matthieu:
"Seigneur, quand nous est-il arrivé de t'avoir vu affamé et de t'avoir nourri, assoiffé et de te désaltérer, étranger et de t'accueillir, nu et de te vêtir?" Et Jésus de leur révéler: "Dans la mesure où vous avez fait cela à l'un de ces petits, c'est à moi que vous l'avez fait!" (Mt 25,40).
L'avenir nous provoque à croire plus que jamais que l'histoire de Dieu parmi les hommes est loin d'être achevée. Elle est en partie remise entre nos mains d'argile, mais les deux grandes mains de Dieu, à savoir son Fils et leur Esprit d'amour, sont là pour suppléer à l'étroitesse de nos perspectives et à l'apparente stérilité de nos efforts pour convaincre d'autres à nous rejoindre sur le Chemin.

13/04/2008  4e dimanche de Pâques (homélie f. Dieudonné) Ac 2,14a.36-41; 1 P 2,20b-25; Jn 10,1-10
Deux images se succèdent. Elles se ressemblent sans être identiques. Dans la première, Jésus est le berger qui entre par la porte. Puis, il se dit lui-même la porte.
Le psaume 22 est une évocation poétique de Dieu comme berger. Dans la Nouvelle Alliance, c'est Jésus qui est le berger.
Dans la seconde image, Jésus est la porte. Dans tout l'évangile de Jean, Jésus assume toutes les figures. Il est lui-même ce qu'il offre. Il est le chemin, la vérité.
Il ne s'agit plus seulement de suivre Jésus, il faut passer par sa personne. C'est la dimension profondément mystique du christianisme. Toutes les images ont désormais fait leur temps. Par son Incarnation, Christ est en nous et nous en Lui. Tout est accompli. Tout est en Christ et Christ est en tout.
L'eucharistie est la plus forte initiation à ce mystère. Le pain fractionné, le vin de la coupe partagée, c'est vraiment Lui. Il faut passer par Lui parce qu'il est notre Pâques.

6/04/2008  3e dimanche de Pâques (homélie f. Pierre) Ac 2,14.22b-33; 1 P 1,17-21; Lc 24,13-35
Les pélerins d'Emmaus. Un évangile qui est vraiment une bonne nouvelle. Nous nous y reconnaissons. Jésus nous rejoint sur le chemin. Il nous trouve là où nous sommes, dans notre hésitation à croire et notre dépit: "Voilà déjà trois jours..."! Un constat désabusé. Pour nous, voilà déjà plus de 2000 ans que cela s'est passé.
La réponse de Jésus n'est pas une déclaration fulgurante. Il est d'ailleurs mystérieusement méconnaissable.
Il est significatif que Jésus ne se révèle pas immédiatement. Il marche avec eux, les écoute d'abord, puis leur explique les Ecritures.
Aujourd'hui encore, il faut du temps, longuement marcher, dire nos doutes pour comprendre, pour connaître Jésus en fréquentant les Ecritures.
La Résurrection est un fait à jamais invérifiable, à "revérifier" cependant constamment pour chacun d'entre nous. Pour faire la vérité de la Résurrection, il faut des gestes et des actes, comme les disciples qui invitent Jésus à rester avec eux.
Pour "vérifier" que le Christ est vivant, il faut le reconnaître dans ceux qui sont dans le besoin, dans les petits. Seul cet accueil décisif peut permettre de le reconnaître.
Le geste de la fraction du pain qui récapitule tout est central dans notre liturgie. C'est le geste symbolique de Jésus qui partage sa vie et se donne à nous qui le révèle.
Il faut aussi engager sa propre vie pour croire en Jésus. Les disciples ont retenu Jésus. C'est une vérité à revisiter et un geste à refaire nous-même à notre mesure.
Nous sommes tous invités à refaire ce partage. Quand nous faisons de notre vie un pain rompu et partagé, nous trouvons une nouvelle vie. Quand nous y avons goûté, nous pouvons mieux le reconnaître et célébrer sa vie donnée pour la multitude et vivre pleinement l'eucharistie.

30/03/2008  2e dimanche de Pâques (homélie f. Jean-Yves) (Ac 2 42-47; 1 P 1 3-9; Jn 20,19-31)
Cinquante ans après la disparition de Jésus, l'auteur du quatrième évangile a écrit le "livre des signes" dont nous venons de lire un extrait. C'est un livre écrit pour ceux qui n'ont connu ni Jésus ni même ceux qui l'avaient connu. Ces pages sont destinées à ceux qui leur ont succédé. Et à nous aussi, chrétiens du XXIe siècle.

"Heureux ceux qui croient sans avoir vu".
Cette béatitude nous concerne directement. Plus encore que les chrétiens à qui Jean adressait son évangile, nous avons du mal à croire en Jésus. Et pourtant, nous sommes invités à passer de l'incrédulité à la foi.
Voulons-nous encore être les "jumeaux" de Thomas? Sommes-nous heureux de notre conditions de croyant du XXIe siècle? Le livre des signes nous suffit-il?

Comme Thomas, nous sommes placés non devant une obligation mais devant une invitation à passer du doute à la foi, de la réclamation à l'acclamation; à cette exclamation qui est la plus brève et la plus intense proclamation de foi: "Mon Seigneur et mon Dieu".

Le dernier signe du livre de Jean est celui de Thomas. Qu'est-il et que représente-t-il? Un distrait qui s'absente de l'assemblée, un pratiquant irrégulier(le "jumeau" de beaucoup de baptisés d'aujourd'hui), un désabusé qui après la mort de Jésus retourne à la pêche parce que "tout est fini"?

Jésus ne laisse pas tomber les désabusés. Du rivage, il fait signe. Thomas serait-il le type même de l'occidental qui veut tout vérifier par lui-même, qui ne s'en laisse pas compter? Il veut toucher... et cela prend plus de temps que de voir. Jésus ne méprise pas ce tempérament. Il n'oppose pas de refus et cela bouleverse Thomas parce que Jésus le comprend si bien. Comme nous lorsque nous voulons "vérifier". Même si Jésus appelle à croire sans filet, sans assurance autre que celle d'un amour silencieux qui ne cherche pas la vérification. Marie, elle, ne touche pas. A nous de lui ressembler, notre vraie "jumelle".

Les signes d'aujourd'hui sont des manifestations de présence du Seigneur ressuscité. Jésus vient au milieu des siens quand ils font mémoire de Lui, quand dans la prière notre désir nous porte vers Lui, quand son nom murmuré vient habiter la cavité de notre coeur. Il vient dans l'entre-deux du face à face et dans l'entre-nous de la charité.

Des signes ténus, fugitifs car Jésus ne reste pas. Il n'est que de passage. L'Homme de Pâques ne demeure pas, il passe. Il passe dans les églises et dans les coeurs. Il s'échappe des bras qui veulent l'enserrer. Il ne veut pas être retenu car il veut être encore "cherché".

Et il nous renvoie à nos tâches humaines pour que nous devenions d'autres "christ" et que nous fassions signe à l'humanité de ce temps qui cherche la lumière, la paix et qui veut toucher la parole de vie.

24/03/2008  NUIT DE PÂQUES 2008
Il nous faut, pour fêter Pâques comme il convient, rassembler ce que nous avons vécu pendant ces trois jours qui ne sont pas dissociables, qui forment la Pâque ensemble, pour recueillir tout ce que le Christ nous a fait connaître de lui-même et révélé de Dieu, afin de renouveler notre foi.

Frère, sœur, souviens-toi de Jésus-Christ. Souviens-toi du Maître en tenue de service, agenouillé aux pieds des disciples, et accepte de te pencher vers Dieu au plus intime et au plus faible de toi-même. Il prend soin de toi, il sert ta vie, et il t’invite à faire de même : ne crains pas de t’abaisser en servant ceux qui ont besoin de toi. Et regarde pour ta joie et ton réconfort la multitude de ceux et celles qui servent sans répit, sans même y penser, et résolument. Ils sont les princes du Royaume, les frères du Dieu serviteur. La vie veut être servie pour être honorée.

Souviens-toi du jeune Dieu nu pendant au gibet, victime de la violence meurtrière, et avec lui souviens-toi de tous les martyrs du monde dont la mort dévoile l’horrible péché de l’humanité, la haine qui tue, le mépris qui oppresse, l’indifférence qui délaisse, la lâcheté, le mensonge. Mais ne te laisse pas écraser par le mal. Souviens-toi de tous les justes qui sauvent le monde. Relève-toi de tes accablements et rassemble toutes tes forces pour sauver l’amour, la justice, la paix, pour sauver Dieu de la même manière dont il nous sauve tous.

Souviens-toi de Jésus-Christ ressuscité d’entre les morts. Car l’évangile ne se termine pas sur la mort de Dieu, mais sur un message à porter. Le tombeau ne s’est pas lourdement refermé sur le vide obscur de nos lassitudes et de nos désespérances. L’Ange a roulé la pierre et s’est assis dessus, avec cette désinvolture arrogante dont seul un ange est probablement capable. Il est toujours là, cet ange, l’ange de la foi qui roule la pierre de nos enfermements dans la culture de mort qui nous hante, dans le trouble de nos questionnements et le noir de nos détresses. C’est lui qui veut encore libérer notre foi, non pas pour nous réfugier dans une consolation facile et douteuse, mais bien pour aller dire. « Venez voir l’endroit vide, et vite allez dire : il vous précède, en avant de vous. » Il faut aller, et pouvoir dire aux autres qu’Il est au pays des recommencements. Tous doivent bouger à Pâques, les femmes qui étaient venues au cimetière, les disciples qui n’ont rien vu et qui doivent repartir pour recommencer.

C’est à vous, les femmes, que le message est donné. C’est à vous de nous mettre en mouvement. Vous savez bien que nous sommes toujours empêtrés dans nos réflexions et que nous sommes plus lâches que vous, moins hardis que nos belles paroles et nos fanfaronnades. C’est la hardiesse d’une servante finaude qui voulait obliger Pierre à confesser qu’il était disciple, et il a renié. Et ce sont les femmes qui sont envoyées vers les disciples enfermés. Ce n’est pas pour rien que l’évangile le dit.

Et c’est sur ce chemin où elles courent, dans la crainte et la joie mêlées, que Jésus vient à elles, elles d’abord, les premières : « Je vous salue, réjouissez-vous ! » Il faut courir avec un message essoufflé pour que le Christ se manifeste au cœur et nous salue. Mais c’est fugitif. On ne peut le saisir. Il balaie seulement la peur : « Soyez sans crainte », et il envoie : « Allez annoncer à mes frères. » Mes frères : dites-leur justement qu’ils sont mes frères. Il faut le dire au monde : Nous sommes les frères de Dieu, tous ceux qui sont en marche et qui font aller l’humanité. Car il s’agit bien aussi de cela, de la grande marche des humains.

Matthieu mentionne deux fois un tremblement de terre : à la mort du Christ, et quand l’ange ouvre le tombeau. C’est sa manière de dire que la mort du Christ et sa résurrection ont ébranlé le cosmos. Le Christ est descendu dans la mort, et dans la terre, et il attire l’humanité et le monde dans sa montée en Dieu. Nous ne sommes pas de ceux qui se lamentent parce que les peuples iraient toujours vers le pire. Nous sommes de ceux qui soutiennent l’ascension de l’humanité malgré le pire et qui s’y engagent. Les belles idéologies des lendemains qui chantent se sont en effet effondrées, mais ce monde est pourtant en formidable travail d’avancée, il se soulève, les peuples de la terre cherchent passionnément leur liberté, leur dignité, leur grandeur. La foi pascale nous lance dans cette lutte immense. C’est l’Homme-Dieu qui nous y attire, et c’est dans ce soulèvement que notre foi trouve sa force.

fr. Bernard