Evolution du travail dans les monastères
Pour Benoît, « le monastère doit, autant que possible, être disposé de telle sorte que l’on y trouve tout le nécessaire, à savoir de l’eau, un moulin, un jardin potager et des ateliers pour qu’on puisse pratiquer les divers métiers à l’intérieur de la clôture. » (R.B.66)
Tous les ateliers et secteurs de travail se trouvent alors dans l’enceinte du monastère ou, un peu plus loin, dans les champs : « Les frères, qui travaillent plus loin et qui ne peuvent revenir à l’oratoire aux heures voulues, accompliront l’œuvre de Dieu sur place… » (R.B. 50).
Pour Saint Benoît, le monastère doit essayer de pouvoir vivre en autarcie : agriculture, pêcherie et aussi les multiples ateliers nécessaires pour pourvoir aux besoins de la communautés.
Pour Benoît, le travail est une composante importante de la vie du moine. Il y consacre tout le chapitre 48 de sa Règle : « Du travail manuel de chaque jour. » Mise en valeur du travail manuel : ce qui n’était pas évident de son temps, et qui ne l’est peut-être pas pour tout le monde de nos jours. Mettre la main à la pâte :
« Tunc vere monachi sunt ! », alors ils seront vraiment moines.
Répartition du temps en temps de travail manuel et temps de lecture et de l’« Œuvre de Dieu » ; répartition détaillée du temps de travail en fonction des temps liturgiques et des saisons.
Et la petite touche typique de Saint Benoît : « Que tout néanmoins se fasse avec modération par égards des plus faibles. »
Au cours de la première moitié du vingtième siècle, suite à l’évolution sociale et industrielle, un tel système économique n’était plus raisonnable. Il valait mieux se spécialiser en une ou deux activités d'allure commerciale et acheter le nécessaire à l’extérieur. L’imagination aidant, tout un large éventail de « produits monastiques » ont trouvé place sur le marché. L’échange commercial a remplacé l’autarcie.
En arrivant à Ottignies, les frères ont tenté l’expérience de passer au stade suivant : s’inscrire à mi-temps dans le régime du travail à l’extérieur avec traitement et inscription à la sécurité sociale. Dans les années 1970, jusqu’à huit confrères ont ainsi été engagés dans diverses activités professionnelles:au service de l’Archevêché de Malines-Bruxelles, dans une école, dans une clinique et même pour un temps comme chauffeur de taxi!. Tout en assurant avec les autres frères le travail des éditions (missels, revues, livres et articles), l’accueil et les différentes tâches domestiques. Cette conception du travail a fortement marqué la physionomie de l’ensemble de la communauté.
Pour la plupart, ce travail à l’extérieur est remplacé aujourd’hui par le régime des pensions.
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