Famille bénédictine: en savoir plus...

Saint Benoît a fondé un premier monastère à Subiaco, puis un second au Mont Cassin, et ensuite encore une dizaine d’autres monastères. Malgré cette expansion rapide, Benoît n’a jamais songé à fonder un Ordre : dans sa Règle, aucun indice de l’organisation d’un Ordre structuré. Son objectif : « Nous voulons fonder une école du service du Seigneur. » Une école, et non pas un réseau scolaire. En ce sens, on peut dire que l’Ordre Bénédictin comme tel n’existe pas. Seuls existent des monastères, indépendants les uns des autres. C’est le Pape Léon XIII, en 1893, qui, pour des raisons pratiques, a demandé aux très nombreux monastères de par le monde de se regrouper en une confédération: d’où les 21 congrégations que nous connaissons aujourd’hui. Ni le Père Abbé Primat, à Rome, ni les Présidents des différentes Congrégations, ne sont des supérieurs : ils sont des coordinateurs, des informateurs : ils n’ont ni juridiction ni autorité sur les communautés. Ils assurent des liens entre les différents monastères et, par leurs conseils et leur expérience, ils veillent aussi à leur bonne marche.
Les supérieurs de monastère sont tous élus par les membres du chapitre local.  Tout moine, toute moniale, engagé définitivement dans sa communauté est à la fois électeur et éligible.  De même le responsable de la Congrégation est élu par les représentants des monastères de sa Congrégation.  Et l'abbé primat à Rome est élu par les représentants de toutes les Congrégations.  Clerlande fait partie de la Congrégation de l'Annonciation, qui compte actuellement, éparpillés sur quatre continents, vingt monastères de moines, onze monastères dépendants et treize monastères de moniales avec leurs douze monastères dépendants. 
Au moment de faire profession, le moine s’engage par 3 vœux : la stabilité, la fidélité à la vie en communauté et l’obéissance à sa communauté et à son abbé. Il s’engage devant Dieu et ses Saints en présence de son abbé et de sa communauté, et non pas en présence d’un supérieur général ou provincial.
La stabilité est caractéristique et essentielle à la vie bénédictine.
« L’atelier où nous devons travailler, c’est le cloître du monastère avec la stabilité dans la communauté. » (R.B.4) « Le candidat promettra solennellement, dans l’oratoire, stabilité… » (R.B.58) « Il devra promettre de garder la Règle et la stabilité. » (R.B. 60)

° En faisant profession dans un monastère déterminé, le moine se lie pour la vie avec celui-ci. Pour la vie : c-à-d pour toute la durée de sa vie comme aussi pour être en totale communion de vie avec lui. Le moine ne passe pas d’une communauté à une autre. 
° Une communauté peut un jour être appelée à répondre à un besoin d’Eglise ou de société : ce sera l’occasion d’une nouvelle fondation. Une fondation monastique n’est jamais décidée par un supérieur extérieur. Elle émane toujours de l’intérieur de la communauté. Elle est comme un débordement de vie. La vie monastique se propage naturellement, un peu comme les fraisiers, par marcottage et non par stratégie d’un maraîcher.
° Chaque monastère aura sa physionomie propre à partir de la personnalité des frères de la communauté et des circonstances locales.
° Dans les monastères comme dans toute société, il y a des choses qui se font et des choses qui ne se font pas ; il y a des choses qui se disent et qui ne se disent pas ; qui se fêtent et qui ne se fêtent pas ; qui sont importantes ou qui le sont moins. Toutes ces traditions et consignes sont là pour protéger et pour manifester une valeur estimée supérieure : c’est l’esprit de famille. Pour Benoît, cet esprit de famille pourrait se résumer en 4 mots : « Nihil amori Christi praeponere. » « Ne rien préférer à l’amour du Christ. » Comment traduire cet idéal, cet esprit, dans la vie quotidienne ? Comment vivre cela dans le boire et le manger, dans la manière de s’habiller, dans le travail matériel et quotidien, dans la relation aux frères, aux malades, aux hôtes de passage. Comment vivre cela dans les tensions inévitables en communauté ; dans l’accueil d’un nouveau frère ; dans la gestion des biens matériels… Ce sont les 73 chapitres de Règle. A chaque monastère d’appliquer cette Règle à sa manière : respecter toutes les valeurs de l’esprit de la famille bénédictine en les intégrant dans le cadre de sa vie locale et personnelle.