Assomption

Mardi 15 aout 2017

Assomption

La relation de l’Eglise avec Marie est complexe et fascinante, tout comme la dévotion du peuple chrétien à Marie. De bons théologiens ont émis des réserves sur l’inflation des dogmes mariaux au siècle dernier et bien des catholiques sont mal à l’aise avec les dérives de la piété mariale. Et pourtant la célébration de I’ Assomption remonte au Vè siècle et la multitude des vierges ornées de vêtements somptueux et portées en processions, les foules des grands lieux de pèlerinage, comme les buissons de cierges dont les flammes veillent sur des détresses silencieuses, tout cet attachement populaire ou secret à la figure de Marie appelle d’autres méditations que des questionnements de beaux esprits. Qui de nous n’a jamais levé les yeux vers son image, déposé une fleur ou murmuré un Ave ? Et quel personnage tient plus de place dans l’histoire de l’art chrétien?

Sans doute le culte rendu à Marie exprime-t-il une recherche profonde de la féminité du divin. L’image du Dieu-Père, Pater omnipotens, a écrasé celle du Dieu-Mère pourtant bien présente dans la Bible et dans l’évangile .. Les figures de Dieu sont toujours outrancièrement masculines, celles du Père en vieillard de majesté, celles du Christ dans sa beauté d’homme jeune et fort. Le recours à la féminité de Dieu s’est reporté sur Marie, au risque d’en faire une déesse-mère à côté du Dieu-Père et c’est ce qui peut parfois nous alerter. Mais en même temps elle est l’icône non seulement de la féminité du divin mais de la féminité de l’humanité, la glorification de la femme éternelle, et nous sentons bien qu’en la célébrant aujourd’hui, ce sont toutes les femmes que nous honorons, nos filles, nos épouses, nos mères.

Rappelons-nous toutefois que les évangiles sont très discrets sur Marie. Paul n’en parle pas. Et le fulgurant passage de I’ Apocalypse que nous avons lu, la femme vêtue de soleil, ne visait pas Marie mais plutôt la femme Sion et la Mère Église qui donne le Christ au monde dans la tourmente de l’Histoire, Nous pouvons donc bien aujourd’hui contempler Marie dans ce qu’elle a de singulier, de très personnel, la fille Marie de Nazareth, l’épouse de Joseph, la mère du jeune messie déroutant et assassiné, et ainsi célébrer en elle les femmes de notre humanité.

Marie est une fille juive, plus probablement de la tribu de Lévi que de celle de Juda, si l’on suit l’évangile de Luc, et donc pas descendante de David comme Joseph. Nous ne savons rien de sa jeunesse. Nous ne pouvons qu’imaginer les gestes quotidiens d’une fille de Palestine. Mais le silence du Livre à son sujet nous parle de son silence à elle. Elle est fille du silence et de l’écoute. Les peintres ont aimé la montrer avec le Livre ouvert à la main, fille du Livre de son peuple. Nous nous plaçons près d’elle pour apprendre, jour après jour, le silence de l’écoute de la Parole de Dieu et nous nous coulons lentement dans sa parole à l’ Ange: « que tout se passe pour moi selon ta parole », que ta Parole habite ma vie, qu’elle illumine doucement mon cœur et mon corps, qu ‘elfe prenne chair en moi.

Joseph est lui aussi un silencieux. Nous donnons peu à Marie son titre d’épouse, alors même que nous appelons Joseph l’époux de Marie. « Joseph la prit comme épouse», dit Matthieu. Laissons à ces deux-là leur mystère, que les évangiles respectent dans leur sobriété. Marie a vécu près de Joseph, avec lui, femme avec son homme, ensemble découvrant l’inattendu de ce fils, comme tous les parents du monde. Marie n’est pas une femme seule. « Ton père et moi, dit-elle à Jésus adolescent, nous te cherchions. Pourquoi nous as-tu fait cela? » Elle a vécu avec Joseph l’humble et belle histoire de la fidélité et de la connivence d’un couple effacé.

Elle est la mère, et c’est toujours ainsi que nous l’appelons quand nous sommes dans la peine, la mère que l’on cherche quand on a du chagrin, mère de miséricorde qui recueille la plainte de ceux qui pleurent dans cette vallée de larmes, la bonne mère. Mais elle n’est pas seulement notre refuge dans nos misères, elle est aussi mère de nos propres enfantements, mère de nos fécondités, mère forte qui lance son fils dans sa vocation : « ils n’ont plus de vin », c’est maintenant ton heure, va, fais ton premier signe, donne le vin des noces.

Mère douloureuse aussi, mater dolorosa, qui enfante dans la souffrance, non pas seulement au moment de l’accouchement, mais quand il faut laisser ce fils aller, faire confiance, être dérouté par sa distance, et l’offrir jusqu’au meurtre. Femme victime avec lui, la chair de sa chair, la Pieta, compagne de nos douleurs, de nos difficiles consentements, sœur de nos offrandes lentes et mère de nos compassions.

Mais encore celle qui ne détourne pas son regard de la part d’ombre de nous-mêmes, du mal obscur, de nos louvoiements et de nos débâcles. Refuge des pécheurs, prie pour nous pécheurs, mère de nos aveux et de nos repentances, source de nos incessantes conversions.

Le peuple croyant vénère Marie comme il vénère toutes les mères. Nous donnons à Marie les noms les plus extraordinaires cueillis dans toute la Bible: tour d’ivoire, arche d’alliance, porte du ciel, étoile du matin, mais nous l’appelons aussi: secours des malades, consolatrice des affligés.

Aujourd’hui, elle est la reine habillée de lumière, la première en qui Dieu a accompli son rêve d’humanité avec son fils et nous montre/ ce qu’il veut pour nous tous: que nous soyons un peuple de princes, les fils et les filles du Roi, mangeant à sa table, et chantant avec elle le cantique du soir : « mon âme exalte le Seigneur, mon cœur exulte en Dieu mon sauveur. » C’est ce peuple pascal que nous fêtons avec elle aujourd’hui. Et l’ Ange vient encore murmurer à chacun de nous : « je te salue, toi aussi, tu es comblé de grâce, et le Seigneur est avec toi! » À notre tour, avec Marie, saluons nos filles, nos épouses, nos mères.

Bonne fête aux femmes !

fr. Bernard

Huile sur bois de Jan van Eyck, Lucca Madonna (détail), 1436

La prière pour faire l’expérience de l’Évangile

19ème dimanche A (2017)

La prière pour faire l’expérience de l’Évangile

(Mt 14, 22-33)

L’épisode décrit dans cet évangile est très frappant et suggestif. Mais, pour bien l’entendre, il faut, me semble-t-il, le situer dans l’ensemble du texte qui nous a été donné aujourd’hui. Il y est d’abord question de la prière de Jésus, dans la montagne, à l’écart. Et le récit de l’expérience du prophète Élie à l’Horeb qui nous a été proposé comme première lecture nous invite aussi à commencer par une réflexion sur la prière. De fait, il y a des choses dans l’Évangile que nous ne pouvons saisir que dans un cœur baigné de silence et régénéré par la prière. Autrement nous n’y voyons que des sentences de profonde sagesse ou des anecdotes plus ou moins fantastiques, plus ou moins fantasmagoriques, auxquelles nous nous efforçons de croire.
Par exemple : faut-il vraiment croire que le Créateur ait un jour décidé d’abroger les lois de la gravitation universelle, pour que Jésus, et puis Pierre, puissent marcher sur la mer ? Ou, si l’on a un esprit un peu scientiste, faut-il, au contraire, penser que ce récit est une fable sans consistance réelle, destinée seulement à fasciner et à tromper les âmes faibles ? N’y aurait-il que deux façons d’entendre cet évangile : ou bien comme le triomphe du merveilleux qui prouverait de façon irréfutable la divinité du Christ, ou bien comme un exemple caractéristique d’une mentalité encore infantile ? Je pose ces questions parce que nous portons en nous ce dilemme, de façon plus ou moins nette, plus ou moins avouée. Nous nous demandons sur quoi nous pouvons vraiment fonder notre foi.
Or l’alternative n’est pas crédulité ou scientisme. Je crois que, pour être fidèle à Jésus, à tout ce qu’il a fait et enseigné, il nous faut commencer par vivre comme il a fait : par exemple accueillir toute personne avec un respect infini, mais aussi, comme nous le voyons dans l’Évangile d’aujourd’hui, prendre le temps pour prier. Jésus éprouvait régulièrement le besoin d’aller dans un endroit désert, à l’écart, « et le soir venu, il était là, seul ».

Le récit du renouvellement de la vocation du prophète Elie nous aidera à mieux comprendre cela. Contrairement à Moïse qui, sur la même montagne, avait reconnu le Seigneur dans le fracas et l’éblouissement, Elie le perçois dans « l’écho d’un fin silence ». Je sais que le texte officiel lu ce matin parle du « murmure d’une brise légère ». C’est une belle image, mais c’est une invention des traducteurs grecs, incapables, semble-t-il, de concevoir la réalité positive et la puissance du silence. Ou peut-être avaient-ils peur de ce silence. Alors ils ont imaginé qu’il devait au moins y avoir quelque chose : un murmure, une brise… Mais le texte hébreux utilise un mot qui dit bien ‘silence’. Partout ailleurs dans la Bible, il signifie uniquement ‘silence’. Il est significatif pour notre mentalité actuelle que le texte officiel de la liturgie n’ait pas osé garder le mot hébreux de ‘silence’. C’est parce que qu’on en a encore toujours peur !
Or Jésus n’est pas allé à la montagne pour essayer d’entendre un doux murmure ; il est allé au désert, pour se laisser purifier par la solitude et le silence. Et les évangiles nous informent d’ailleurs qu’il y allait régulièrement. Il en est question onze fois dans les évangiles, sans parler de sa dernière prière au jardin des oliviers. Pourquoi Jésus devait-il aller si souvent prier à l’écart. Était-ce pour nous donner un exemple ? Ou voulait-il intercéder pour nous ? Oui, certes. Mais je crois que c’était surtout une nécessité pour lui. Il lui fallait prendre le temps de silence nécessaire pour entendre la volonté de son Père, pour pouvoir peu à peu l’incarner dans toutes les fibres de sa personne, jusque dans les profondeurs de son psychisme qui était encore habité par la peur. Seule une prière intense et prolongée pouvait lui permettre d’atteindre à ces profondeurs.

Je voudrais citer ici un texte du journal du Père Henri Le Saux, ce bénédictin qui est allé en Inde pour y rencontrer le meilleur de la tradition hindoue. Il raconte qu’il a un jour rencontré des prédicateurs ‘évangéliques’ américains, sincères et bavards, et il note cette réflexion : « Tant qu’on s’en tient au namarupa (les noms et les formes extérieures) on ne peut pas toucher au fond. Il ne faut pas trop parler de Jésus, il ne faut conduire ni à l’idée, ni au souvenir de Jésus, mais à l’expérience présente de Jésus présent. (…) Il faut atteindre cet autre niveau, celui où Jésus vivait en face de son Père, — sans plus savoir qu’il le regarde, ni qu’il s’appelle lui-même Jésus. C’est cette expérience fondamentale qui enlève Jésus à tout ‘égo’ et fait de lui celui qui n’est plus que ‘tension’ vers le Père, vers ses frères les hommes, avec douceur, humilité, amour… »
Oui ! mes frères, mes sœurs, nous avons tous besoin d’être en contact avec ce niveau profond, si nous voulons vraiment vivre notre foi aujourd’hui. Nous ne devrions pas avoir peur de nous exposer ainsi à toute notre histoire, et de voir éventuellement apparaître notre pauvreté, notre indigence fondamentale. Pour éviter le silence, nous ne devrions pas nous contenter d’écouter une ‘musique méditative’ ou d’entretenir des réflexions pieuses. Car si nous n’avons pas notre ration de vrai silence, il est difficile d’atteindre ce niveau profond, et il ne faut pas s’étonner si alors notre foi s’étiole. C’est là une des raisons pour lesquelles notre religion est en crise : elle n’est plus suffisamment oxygénée par une certaine solitude et un certain silence. Or même Jésus devait prier pour rester fidèle. A combien plus forte raison nous-mêmes !
Mais si nous y consentons, nous pouvons entendre l’évangile d’aujourd’hui, sans nous éreinter à croire à des choses impossibles, et sans nous résigner à une lecture ‘unidimentionnelle’ qui démobilise. Parce que nous vivons nous-mêmes ce que raconte ce texte ! Oui, nous aussi, nous ramons souvent dans l’obscurité et par un vent contraire. Nous aussi, nous pouvons alors percevoir, dans la prière, que Jésus est avec nous, toujours stable, toujours fiable. Et nous pouvons aller à lui dans une confiance spontanée, comme l’apôtre Pierre. Il est également vrai qu’en allant ainsi à Jésus, nous faisons quelquefois l’expérience de perdre pied, et de devoir appeler au secours depuis le plus profond de notre être. Et nous sommes alors invités à entrer plus intimement dans cette démarche, en saisissant la main du Christ, et, plus encore, en étant saisi par lui.

En définitive je voudrais dire que le plus important, pour nous chrétiens, n’est pas tellement de comprendre l’enseignement des évangiles et d’y adhérer. Il s’agit de vérifier personnellement l’ Évangile, pour nous assurer de sa fiabilité. Aujourd’hui, avec notre mentalité façonnée par les sciences exactes, nous avons besoin de faire l’expérience de ce qu’on nous propose. Et de fait, nous pouvons faire nous-mêmes l’expérience décrite dans les paraboles, comme celle du levain dans la pâte ou du Bon Samaritain. Même les récits, comme la multiplication des pains, *ne sont pas que des histoires merveilleuses ; nous sommes invités à faire de même. Oui, il nous faut réaliser personnellement ces démarches essentielles qui sont décrites dans les évangiles, comme marcher avec le Christ sur la route de notre vie, ou, tout simplement, être assis à ses pieds pour l’écouter, comme Marie de Béthanie, et comme nous avons fait nous-mêmes au début de cette célébration, en écoutant les lectures. En d’autres situations nous sommes appelés à rencontrer en vérité ceux que nous croisons, comme le faisait Jésus, en reconnaissant en chacun l’image de Dieu. Finalement, ainsi que nous le ferons pendant la suite de cette eucharistie, nous communions au Christ de la façon la plus intime en acceptant de nous asseoir à la table où il se livre pour nous, afin que, nous aussi, nous partagions avec nos frères et sœurs tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes.

fr. Pierre

Image: eau forte de Julie Kern Donck, ‘à toi qui regardes le ciel; tu aimes penser que quelque chose te protège’, 2015

Transfiguration

18è semaine TO (A)
Dimanche 6 aout 2017.

Transfiguration.

Les visions nocturnes de Daniel sont surréalistes et hallucinantes: un trône de feu avec des roues de feu et un fleuve qui en jaillit, un vieillard tout blanc devant qui se tient un tribunal où l’on ouvre des livres. Dans ce décor apparaît « comme un fils d’homme » à qui est remis le pouvoir sur toutes les nations. Et c’est en référence à ce texte que le titre de Fils de l’homme, que Jésus s’applique si souvent à lui-même, désigne non pas son humanité mais son origine céleste, qui est révélée dans l’épisode singulier et éblouissant de la transfiguration. Saint Pierre dit qu’est venue sur Jésus la gloire rayonnante de Dieu. Moïse et Élie viennent converser avec lui. Pierre trouve que ce moment est tellement bon qu’il faut le retenir, le maintenir, en dressant trois tentes. Mais justement ce moment ne dure pas. Á peine les disciples sont-ils tombés à terre de frayeur que Jésus leur touche l’épaule pour les relever. Et l’Évangile dit qu’il n’y a plus que Jésus, seul. Jésus seul sera désormais toute la Loi et tous les prophètes. Lire la suite

La Joie. dimanche 30 juillet 2017

17è dimanche du T.0. (A)

La Joie.
dimanche 30 juillet 2017

Nous sommes au ch.13 de l’évangile selon st Matthieu. Nous sommes, oui encore et toujours, au ch. 13. Nous l’avons commencé il y a quinze jours, lors du 15e dimanche de ce temps ordinaire. Nous en avons poursuivi la lecture dimanche dernier, 16e du temps ordinaire. Et nous en terminons la lecture, ce 17e dimanche.
Durant tout ce temps, Jésus, qui était sorti de la maison, était assis au bord du lac.
Et nous, nous étions et nous sommes encore parmi la foule, elle-même assise sur le rivage. Lire la suite

Espérance et Discernement: Trois paraboles sur le Royaume des Cieux

16ème dimanche A (2017)
23 juillet 2017

Espérance et Discernement
Trois paraboles sur le Royaume des Cieux
(Mt 13, 24-43)

Comme dimanche passé, et d’ailleurs comme encore dimanche prochain, nous avons entendu aujourd’hui des ‘paraboles du Royaume des Cieux’. Les évangélistes en ont retenu un grand nombre. Il semble que de tels enseignements étaient importants pour Jésus. Mais comment pouvons-nous bien les recevoir ?
On comprend bien les petites histoires, tirées de l’observation de la nature, mais il n’est pas si facile de voir à quoi elles se rapportent exactement. Qu’est-ce que ce ‘Royaume des Cieux’ qu’elles représentent ? Quel rapport ce Royaume a-t-il avec notre vie quotidienne ? Il est vrai que ces mots ‘royaume’ ou ‘règne’, et ‘cieux’ nous semblent bien éloignés de nos préoccupations quotidiennes ! Mais il ne faut pas nécessairement penser pour ça à Louis XIV ou même à notre roi Philippe. Dans le langage courant d’aujourd’hui, nous utilisons souvent de tels mots, par exemple, quand nous disons : « Il ‘règne’ une grande paix dans la maison, même dans cette pièce qui est le ‘royaume’ des enfants ». Il s’agit donc d’une présence intense et paisible. Pour Jésus, il s’agissait d’une telle présence de Dieu, son Père. Quant au mot ‘Ciel’, il remplace, dans l’évangile selon saint Matthieu, le mot Dieu, « notre Père qui est aux Cieux ». D’ailleurs, dans les textes parallèles, saint Luc parle toujours du ‘Royaume de Dieu’. Lire la suite

15è semaine du Temps Ordinaire. A. 2017

Dimanche 16 juillet 2017

15è semaine du Temps Ordinaire. A. 2017

Les pins sylvestres qui nous entourent nous délivrent un message continu de prodigalité: ils parsèment leurs pommes, des centaines de pommes de pins qui donnent quelques dizaines de jeunes arbres. La nature se moque superbement du gâchis, elle choisit plutôt la profusion, la largesse. Elle sème des milliers de graines pour faire pousser quelques plantes. Dieu dans sa création n’est pas avare, ni calculateur. Il privilégie l’abondance et la surabondance. Il est le maître puissant de l’efficacité et de la fécondité. Lire la suite

Fête de St-Benoît

Homélie du 11 juillet 2017

Fête de St-Benoît

A l’exemple de St Benoît, la tradition monastique nous invite à voir l’univers à sa mesure véritable, humble réalité que l’amour de Dieu transfigure, précieuse et pure en Lui.

Nous en vivons à Clerlande, comme dans notre fondation de Mambré à Kinshasa, d’où plusieurs d’entre nous reviennent.

photo du fr. Thibaut
La communauté de Mambré à Kinshasa

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Profession solennelle à Mambré

Homélie du dimanche 2 juillet, à Mambré

Profession solennelle à Mambré

Cher P. Prieur Clément, frères bien-aimés, chers amis et fidèles de Mambré, chers Frères Léon et Fidèle,

C’est un grand bonheur pour moi d’avoir pu suivre votre recherche de Dieu et de pouvoir célébrer en ce jour votre profession solennelle, c’est-à-dire que votre appel à ne rien préférer à l’amour du Christ soit en ce jour confirmé par l’Esprit-Saint et l’Eglise. Nous rendons grâce ensemble pour cette présence divine qui rayonne en vous et en même temps, je tiens à vous féliciter d’avoir traversé les doutes, les combats, les épreuves qui sont celles des disciples de Jésus-Christ et de les avoir vaincus. Lire la suite

Le nécessaire détachement pour aimer

13ème dimanche A (2017)
(2 R., 4; Mt 10, 37-42)

Le nécessaire détachement pour aimer
Homélie du 02 juillet 2017

Pour illustrer cet évangile, la liturgie nous a proposé l’histoire le la Sunamite qui a reçu le prophète Élisée « en sa qualité de prophète », comme le demandera Jésus. C’est une belle histoire d’hospitalité, d’attention, pleine de tendresse. Et l’évangile lui fait écho, quand il y est question d’offrir « un verre d’eau fraîche à un de ces petits, en sa qualité de disciple ». Mais quel contraste avec le début de l’évangile ! Pourquoi la liturgie a-t-elle gardé des paroles aussi dures, des exigences de rupture aussi inhumaines ? Cela fait-il également partie de l’enseignement de Jésus ? Lire la suite

La Fête du Saint-Sacrement

Dimanche 18 juin 2017

La Fête du Saint-Sacrement

Dans nos milieux de tradition catholique, lorsque nous employons l’expression « le Saint-Sacrement », nous pensons aux petites hosties réservées pour les visites aux malades et enfermées dans le tabernacle; ou alors, la grande hostie blanche encastrée dans un ostensoir solaire et exposé à l’adoration des fidèles à genoux.

Tout en respectant bien évidemment ces pratiques, je vous invite à envisager le Saint-Sacrement de l’autel en ce qu’il a de plus fondamental, à savoir la présence de la transcendance divine dans ce qui existe de plus fragile, de plus simple, de plus quotidien: un morceau de pain fractionné et donné à manger. Lire la suite

Dieu hôte

Dimanche de la Trinité (2017)

(Exode 34, 4-9 ; Jean 3, 16-18)
Dieu hôte

«Dieu a tant aimé le monde…»
Tant, tellement, c’est-à-dire sans mesure, éperdument, donnant même son propre Fils «en rançon pour la multitude»…

…et nous savons ce que les hommes en ont fait… Mes frères, mes sœurs, c’est la mesure sans mesure de l’amour de Dieu que nous évoquons, que nous célébrons, aujourd’hui, telle qu’elle s’est manifestée dans toute l’histoire des hommes.

Les mots de la théologie ne nous aident pas beaucoup. Le mot ‘Trinité’ fait plutôt penser à une formule algébrique ou une image de géométrie dans l’espace. Au cours de l’histoire les théologiens ont beaucoup spéculé au sujet de la Trinité, pour réfuter toutes sortes d’hérésies, comme le monophysitisme, le nestorianisme, l’adoptianisme ou le patripatianisme. Et cela n’a abouti qu’à de nouvelles divisions parmi le chrétiens. Lire la suite

Homélie de Pentecôte

​Dimanche 4 juin 2017

Homélie de Pentecôte

Nous avons suivi Jésus sur les routes de Palestine, nous l’avons accompagné durant sa Passion,​ sa mort et sa résurrection. Cinquante jours nous ont été donné pour entrer dans ce grand mystère pascal de la résurrection, de l’espérance, de l’amour surpassant la mort et nous voici en ce jour pour célébrer la plénitude du don de Dieu. C’est aujourd’hui, en ce jour de Pentecôte que nos communautés ont pris naissance, que l’Eglise est née, que nous pouvons vivre d’un Souffle nouveau, reprendre la route, habités, comme l’écrit saint Benoît dans sa Règle, le cœur dilaté et courir sur les chemins de Dieu avec une indicible douceur d’amour. Lire la suite

Il va partir. Et alors ?

Homélie du 6èmè dimanche de Pâques (A)

Il va partir. Et alors ?

C’est clair. Il va partir.
Oh, ils s’en doutaient bien. Il ne tient pas en place. Ils l’avaient bien deviné. Lorsqu’il était quelque part, il disait « allons ailleurs », « passons sur l’autre rive ». Quand on voulait le retenir, il se remettait en route. Et lorsqu’on commençait à l’acclamer, « il allait son chemin ». Alors, oui, ils s’en doutaient : cela devait arriver.
Ils l’avaient pris pour un instable, ils le trouvaient changeant et un brin fantaisiste. Ils le considéraient comme une espèce de va-nu-pieds. Lire la suite

5è dimanche de Pâques. 14/05/2017

Jean 14, 1-10 : « Je suis la voie, la vérité et la vie »

Homélie du 5è dimanche de Pâques. 14/05/2017

Ainsi commence le long discours d’adieu de Jésus la veille de son arrestation. (Jean 14-17). C’est son grand testament, un discours qui est tourné non pas vers le présent actuel de Jésus mais vers l’avenir, le sien et celui de ses disciples et de nous tous les croyants. Lire la suite

4è dimanche de Paques. 7/05/2017

Temps pascal, année A

« Je suis la porte »

4è dimanche de Paques. 7/05/2017

Quand Jésus dit: « Je suis la lumière du monde« , nous comprenons tout de suite qu’il chasse les ténèbres, qu’il dissipe l’obscurité, qu’il permet de voir clair dans la confusion du monde. Quand il dit: « Je suis le pain qui donne la vie« , nous avons l’expérience d’être vraiment nourris par son évangile. Dans ce chapitre 10 de l’évangile de Jean sur le thème du berger, il dit aussi qu’il est la porte. C’est une belle image, mais plus délicate à décoder, car elle évoque aussi bien l’ouverture que la fermeture. Une porte est ouverte ou fermée. Il y a bien un intermédiaire: la porte entrebâillée, mais elle est alors déjà ouverte.

Dans la vie commune, les portes sont souvent un sujet de crispations: les uns aiment les laisser ouvertes quand les autres s’empressent de les fermer. Et ces situations peuvent s’entendre plus largement: ouvrir les portes signifie accueillir. C’est ainsi que l’on peut proposer des journées « portes ouvertes » et donner à voir un lieu et sa vie. Lire la suite