LE CÈDRE DU LIBAN

11è dimanche du temps ordinaire (B)

LE CÈDRE DU LIBAN

Homélie du dimanche 17 juin 2018

Introduction

Cette semaine, lors de l’assemblée générale des supérieurs majeurs, à Bois-Seigneur-Isaac, j’ai reçu en cadeau un cèdre du Liban. C’est une graine bien fragile, plantée depuis 3 mois, protégée dans un pot à l’abri de la pluie, ressemblant à une allumette. Elle provient du mont Liban, le Chouf, et soignée avec patience, elle peut devenir un grand arbre se déployant durant deux mille ans. Le cèdre a orné le Saint des Saint dans le Temple de Jérusalem et est cité une centaine de fois dans la Bible.

Dans l’évangile de ce jour, il s’agit du grain de moutarde qui devient un arbre florissant. C’est l’image de Jésus-Christ qui annonce le Royaume des cieux ; c’est aussi, chacun de nous si nous sommes habités par l’Esprit de Dieu et si notre vie est animée par une prière filiale en Jésus.

Dans la prière de notre assemblée ce dimanche, portons avec nos intentions, joyeuses ou tristes, ce bateau, l’Aquarius, qui navigue avec des réfugiés, symbole des limites humaines dans l’accueil de l’autre. Tournons-nous vers la source de vie, Jésus qui transforme lentement notre vision du monde, fait naître son Royaume parmi nous, nous met à l’école de son humilité, de sa patience et de sa miséricorde.

Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ?

10ème dimanche B (2018)

Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ?

(Mc 3, 20-35)

En suivant l’évangile selon saint Marc, nous sommes arrivés à un chapitre assez complexe. Il y est question des rapports de Jésus avec sa famille et aussi de sa controverse avec des scribes au sujet de l’origine de son autorité.

Je ne vais pas essayer de vous expliquer ce qu’est ce fameux ‘péché contre l’Esprit’ qui n’obtient jamais de pardon. On en a donné toutes sortes d’explications ; je ne suis pas capable d’encore en ajouter une.

Mais j’ai réfléchi pour vous sur les rapports assez étonnants de Jésus avec sa famille. On l’a entendu : la famille, quant à elle, affirme « qu’il a perdu la tête ». Mais lui, au lieu de se justifier, aggrave encore son cas en ignorant, apparemment, tout lien qu’il pourrait avoir avec sa famille humaine.

Fête du Saint Sacrement (année B)

Homélie du dimanche 3 juin 2018

Fête du Saint Sacrement (année B)

Nous célébrons en ce jour la fête du sacrement de l’eucharistie. L’appellation officielle « fête du Saint Sacrement du corps et du sang du Christ » a quelque chose de moyenâgeux en ce sens que jadis, d’après mes sources, les fidèles attachaient plus d’importance au fait de voir l’hostie et le calice que de communier – « Mangez et buvez » étant réservé au prêtre comme nous l’avons encore entendu ce matin à Laudes dans le livre de l’Exode (24). Les plus anciens parmi nous se rappellent encore les processions à travers les villages et même les grandes villes (j’ai un souvenir personnel d’avoir été le petit Jésus dans une procession dans un faubourg de Liège bien avant que celui-ci se remplisse d’immigrés ; sans doute avais-je à cette époque des boucles dorées en guise de chevelure ?). Ces processions avaient indéniablement un caractère très dévotionnel et populaire. C’étaient des temps forts dans la vie d’une communauté rurale : elles rassemblaient un grand nombre de gens, croyants ou non, dans la ferveur chrétienne d’une Église qui était au milieu du village.Lire la suite →