Archives pour l'étiquette Bernard Poupard

Vigne et ouvriers

Dimanche 8 octobre 2017, 27è TO

Vigne et ouvriers

Je chanterai pour mon ami, dit Isaïe,
 le chant du bien-aimé à sa vigne.
Ce chant est une complainte, la mélopée de l’amertume d’un dépit. Il avait tout fait pour sa vigne, le bien-aimé, il l’avait clôturée pour la mettre à l’abri des prédateurs, il avait bâti une tour de garde, il avait même prévu le pressoir pour les lourdes grappes qu’il attendait. Mais tout ce travail n’a servi à rien. La vigne n’a pas produit de raisin. Alors le bien-aimé devient fou: il veut que cette malheureuse vigne soit piétinée, dévorée par les bêtes, étouffée par les épines et les ronces. Cette vigne, dit clairement le prophète, c’est le peuple d’Israël. Dieu attendait des grappes de droit et de justice; il n’a trouvé que l’iniquité et les cris de détresse

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Assomption

Mardi 15 aout 2017

Assomption

La relation de l’Eglise avec Marie est complexe et fascinante, tout comme la dévotion du peuple chrétien à Marie. De bons théologiens ont émis des réserves sur l’inflation des dogmes mariaux au siècle dernier et bien des catholiques sont mal à l’aise avec les dérives de la piété mariale. Et pourtant la célébration de I’ Assomption remonte au Vè siècle et la multitude des vierges ornées de vêtements somptueux et portées en processions, les foules des grands lieux de pèlerinage, comme les buissons de cierges dont les flammes veillent sur des détresses silencieuses, tout cet attachement populaire ou secret à la figure de Marie appelle d’autres méditations que des questionnements de beaux esprits. Qui de nous n’a jamais levé les yeux vers son image, déposé une fleur ou murmuré un Ave ? Et quel personnage tient plus de place dans l’histoire de l’art chrétien ? Lire la suite

Transfiguration

18è semaine TO (A)
Dimanche 6 aout 2017.

Transfiguration.

Les visions nocturnes de Daniel sont surréalistes et hallucinantes: un trône de feu avec des roues de feu et un fleuve qui en jaillit, un vieillard tout blanc devant qui se tient un tribunal où l’on ouvre des livres. Dans ce décor apparaît « comme un fils d’homme » à qui est remis le pouvoir sur toutes les nations. Et c’est en référence à ce texte que le titre de Fils de l’homme, que Jésus s’applique si souvent à lui-même, désigne non pas son humanité mais son origine céleste, qui est révélée dans l’épisode singulier et éblouissant de la transfiguration. Saint Pierre dit qu’est venue sur Jésus la gloire rayonnante de Dieu. Moïse et Élie viennent converser avec lui. Pierre trouve que ce moment est tellement bon qu’il faut le retenir, le maintenir, en dressant trois tentes. Mais justement ce moment ne dure pas. Á peine les disciples sont-ils tombés à terre de frayeur que Jésus leur touche l’épaule pour les relever. Et l’Évangile dit qu’il n’y a plus que Jésus, seul. Jésus seul sera désormais toute la Loi et tous les prophètes. Lire la suite