Comment faire pour que le message reçu ce dimanche soit parlant pour aujourd’hui ? … pour que les paroles de Jésus nous touchent,

Homélie 6ème dimanche de Pâques C 1er mai 2016 à Clerlande

Homélie 6ème dimanche de Pâques C 1er mai 2016 à Clerlande

Comment faire pour que le message reçu ce dimanche soit parlant pour aujourd’hui ?

… pour que les paroles de Jésus nous touchent,

pour que le Saint‐Esprit soit accueilli comme une réa­li­té vivante, aimante, pour que le Père soit recon­nu, écou­té, ado­ré, aimé ?

Il faut être aveugle pour ne pas voir que des per­sonnes nom­breuses et de tout bord s’efforcent de vivre de manière plus consciente, davan­tage en har­mo­nie avec et dans le res­pect de la créa­tion. D’autres mul­ti­plient les ini­tia­tives pour se faire ren­con­trer des per­sonnes venant d’horizons cultu­rels et reli­gieux très divers. D’autres encore ne ménagent pas leur peine pour accueillir les migrants et autres réfu­giés avec huma­ni­té.

Il n’est pas ques­tion ici de récu­pé­rer le mérite de ces efforts admi­rables qui ont pour effet de rendre notre pla­nète plus habi­table et notre monde plus fra­ter­nel, ni de pla­quer des­sus la Parole de Dieu ou l’Evangile comme un habile pres­ti­di­gi­ta­teur qui sort la sur­prise de son cha­peau ; il est seule­ment ques­tion d’éviter que s’épuisent ces cou­rants de géné­ro­si­té et d’humanité, faute d’être bran­chés sur leur source.

Cette source, Jésus lui donne un nom : « Père ; Abba ! » et il ose dire, aujourd’hui : « Le Père vous aime ».

Je vou­drais expri­mer une crainte : (vous me direz après l’Eucharistie si ma crainte est jus­ti­fiée) ;

J’ai peur que le Père ne soit pas ado­ré, que le Fils ne soit pas recon­nu, que l’Esprit ne soit pas aimé.

Maurice Zundel a écrit : « Le drame des ori­gines, le drame de toute l’histoire, c’est fina­le­ment que Dieu n’est pas aimé. »

En même temps ne peut‐on pas dire que cette peur que j’évoquais est salu­taire dans la mesure où elle nous rap­pelle que sans notre Abba, sans son Fils , sans son Esprit, la simple tâche d’être homme dépasse nos forces.

Alors peut mûrir en nous la confiance et la cer­ti­tude que tout homme est dans la main du Père – aimé de Lui‐ qu’en toute entre­prise humaine – dans les mots de St Paul‐, « ce n’est plus moi qui vis mais le Christ qui vit en moi » et enfin – cerise sur le gâteau — que nous ne sommes pas lais­sés à l’abandon comme des orphe­lins mais remis à la garde de l’Esprit qui s’occupe de nous ins­truire et de meu­bler notre mémoire de toute parole bonne.

La peur : elle est évo­quée » dans notre évan­gile : « Que votre cœur ne soit pas effrayé ! » Comment ne le seraient‐ils pas quand le Maître bien‐aimé est en par­tance ? Vont‐ils dou­ter de la réa­li­té des cadeaux qu’il leur pro­met : la joie, la paix, le Saint‐Esprit pour les défendre ? Ce n’est pas tant de Jésus qu’ils doutent mais plu­tôt d’eux-mêmes.

A pro­pos de Sarah, met­tant en doute la pro­messe de Dieu de mettre au monde un fils dans sa vieillesse, une théo­lo­gienne suisse fait remar­quer : « Elle ne met pas expli­ci­te­ment Dieu en cause mais bien plu­tôt la capa­ci­té de l’humain à se rendre dis­po­nible pour qu’advienne ce que Dieu annonce. » Anne Sandoz

Ne peut‐on pen­ser la même chose des Apôtres ? Ne mettent‐ils pas en doute la capa­ci­té de l’humain à se rendre dis­po­nible au pro­jet divin ?

Et nous – mêmes, aurions‐nous oublié que Dieu, Lui, nous fait confiance, lui « dont la puis­sance agis­sant en nous est capable de faire bien au‐delà infi­ni­ment au‐delà de tout ce que nous pou­vons deman­der ou conce­voir. » Eph. 3, 20

Avant de conclure je vou­drais encore vous lire une page d’un domi­ni­cain ren­du célèbre il y a quelques années par un livre sur Jésus‐Christ . Je cite : « Au cœur de la spi­ri­tua­li­té de Jésus se trouve la conscience de Dieu comme proche, très proche. Un des plus impor­tants chan­ge­ments appor­tés par Jésus dans la pen­sée reli­gieuse de son temps, c’est la convic­tion que Dieu n’est pas dis­tant. Le Royaume de Dieu n’appartient ni au pas­sé ni au futur, et Dieu n’est pas au plus haut des cieux. Le fait que Dieu soit proche de cha­cun, peu importe qui nous sommes ou ce que nous sommes, est fon­da­men­tal dans l’enseignement des mys­tiques. Les mys­tiques musul­mans ou sou­fis disent : « Dieu est plus près de moi que ma veine jugu­laire. « Maître Eckhart dit, en écho au mot de St Augustin : « Dieu m’est plus proche que je le suis à moi‐même…. Dieu est près de nous mais nous sommes loin de lui. Dieu est dedans et nous sommes dehors. »

Dieu est tou­jours tout près de nous,pas seule­ment quand notre vie est bonne, aimante ou sainte.Il est proche de nous, même quand nous ne croyons pas en lui ou quand nous l’ignorons….Nous pou­vons être loin de lui en ce sens que nos pen­sées sont bien ailleurs et que nous sommes incons­cients de sa pré­sence. Mais en aucune manière Dieu ne peut être en réa­li­té loin de nous : si c’était le cas nous ces­se­rions d’exister.

Le véri­table défi est donc de deve­nir de plus en plus conscients de la pré­sence du mys­tère et de la proxi­mi­té de Dieu.

Notre expé­rience de Dieu com­mence comme un émer­veille­ment et une admi­ra­tion en pré­sence du mys­tère.

Mais davan­tage encore : la convic­tion fon­da­men­tale de Jésus n’était pas seulement,t que Dieu est près de nous , mais aus­si qu’il nous aime. (Albert Nolan, O.P. Suivre Jésus aujourd’hui, Le Cerf 2009, pp.181–183)

Dans cette homé­lie, il a été ques­tion de l’Evangile, je n’ai pas par­lé de la belle lec­ture de l’Apocalypse mais j’emprunterai ma conclu­sion aux deux der­niers mots de la pre­mière lec­ture :

« Bon Courage !» Ac. 15, 29

fr. Grégoire

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2 réflexions sur « Homélie 6ème dimanche de Pâques C 1er mai 2016 à Clerlande »

  1. Merci Pierre pour cette belle homé­lie qui a été une réelle nour­ri­ture, celle dont j ’ avais besoin en venant ; je n ’ ai pas été déçue : j’ai reçu en abon­dance. Ta sim­pli­ci­té, ton ton juste qui habitent tes paroles ont rejoint mon coeur et m ’ invitent à me rendre plus atten­tive à l ’ Esprit et à faire silence pour dis­cer­ner aus­si com­ment Dieu me parle dans les ren­contres que je fais. Merci d ’ être là. Je prie pour toi et ta com­mu­nau­té et par­ti­cu­liè­re­ment pour le Frère Jean Yves.

    1. Merci Pierre pour cette belle homé­lie qui a été une réelle nour­ri­ture, celle dont j ’ avais besoin en venant. Je n ’ ai pas été déçue : j’ai reçu en abon­dance. Ta sim­pli­ci­té, ton ton juste qui habitent tes paroles ont rejoint mon coeur et m ’ invitent à me rendre plus atten­tive à l ’ Esprit et à faire silence pour dis­cer­ner aus­si com­ment Dieu me parle dans les ren­contres que je fais. Merci d ’ être là, toi et toute ta com­mu­nau­té pour laquelle je prie.
      Michèle

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