Homélie du dimanche 9 octobre 2016

Homélie du dimanche 9 octobre 2016

Introduction à la messe

Mes sœurs, mes frères, ce dimanche est pour les amis de Clerlande source de fra­ter­ni­té et de joie. En effet, ce dimanche nous sou­hai­tons ras­sem­bler nos éner­gies et nos bonnes volon­tés pour mieux accueillir et ser­vir le patri­moine spi­ri­tuel qui nous est don­né sur cette col­line de Clerlande. C’est l’ouverture et la relance de nos pro­jets en cette année 2016–2017.

Moines et laïcs, nous sommes là pour ser­vir et pro­té­ger ce lieu habi­té par l’Esprit de Dieu et avec sa pré­sence, nous pour­rons mener à bien ce qu’il attend de nous. Les textes de ce jour sont une invi­ta­tion à rendre grâce pour ce que Dieu réa­lise en cha­cun et cha­cune d’entre nous. Nous n’en sommes pas tou­jours conscients, nous tra­ver­sons par­fois de lourdes épreuves. Que Dieu conduise nos cœurs vers la recon­nais­sance de sa pré­sence et que fina­le­ment nous soyons habi­tés de gra­ti­tude. Les textes nous sur­prennent.

C’est le géné­ral syrien, lépreux, qui cherche à tout prix à remer­cier le pro­phète Elisée qui l’a gué­ri de son mal ; c’est Jésus qui gué­rit dix lépreux en che­min ; c’est saint Paul qui nous rap­pelle que si nous sup­por­tons les épreuves de la vie, nous obtien­drons le salut par Jésus Christ, à l’image du bon lar­ron à qui Jésus déclare : « Aujourd’hui tu seras avec moi au Paradis ». Que notre vie soit pleine d’action de grâce et ensemble, mal­gré notre fai­blesse. Rendons grâce à Dieu pour ce qu’Il nous donne de vivre et de tra­ver­ser avec cet amour fra­ter­nel qui nous habite.

Tournons‐nous vers Celui qui attire tout à Lui et gué­rit de nos bles­sures

Homélie du dimanche 9 octobre 2016

Mes sœurs, mes frères,

Marcher dans la vie nous invite à prendre conscience du but qui est le nôtre. Dans tout voyage, en effet, le but pola­rise le che­min. Pour les moines et les amis de notre monas­tère, pour ceux et celles qui nous découvrent, ce che­min devant nous reste sou­vent empreint de mys­tère.

Le temps qui s’écoule, l’espace lui‐même sont ponc­tués par notre rythme de vie, par les appels qui sur­viennent, par les limites aus­si de nos san­tés. Au fil des années, nous décou­vrons que l’instant pré­sent est infi­ni­ment pré­cieux, habi­té d’une force où l’Esprit de Dieu révèle sa pré­sence et nous accom­pagne. Nos sou­ve­nirs sont habi­tés d’une lumière mys­té­rieuse qui tra­verse le temps.

La Bible est un miroir ouvert à chaque géné­ra­tion et chaque lec­ture que nous en fai­sons n’en épuise pas le sens. Ce dimanche, nous retrou­vons Jésus qui marche aux confins de la Judée et de la Samarie. Il monte vers Jérusalem. Luc insiste à plu­sieurs reprises sur l’orientation prise par Jésus sur cette route qui va de Galilée à Jérusalem en pas­sant par la Samarie. Au cha­pitre 9. 51 déjà, Luc annonce que Jésus prend réso­lu­ment le che­min de Jérusalem où doit s’accomplir la mis­sion qui est la sienne, « ce temps où il devait être enle­vé aux cieux après avoir souf­fert ». En che­mi­nant de vil­lage en vil­lage, annon­çant la Parole, il enseigne qu’il nous faut lut­ter pour entrer par la porte étroite, celle qui conduit à la vie. En ce jour, nous voi­ci aux confins de la Galilée et de la Samarie, la région où Jésus est né, une zone assez mal défi­nie où Luc situe un des épi­sodes les plus connus de son Evangile.

Une nou­velle fois, Jésus raf­fer­mit son cœur pour faire face au che­min que son Père lui indique, che­min de véri­té et de don de soi. Sur son che­min, comme sur le nôtre, les ren­contres ne manquent pas, les impré­vus aus­si. Il nous appelle à dis­cer­ner sa volon­té au milieu des évè­ne­ments quo­ti­diens, dans le recueille­ment, le silence, le don d’une parole vraie.

Voici dix lépreux qui sur­viennent à la ren­contre de Jésus. Leur che­min à l’écart est‐il celui d’étrangers, de réfu­giés, de souf­frants dans le monde d’aujourd’hui, de nous‐mêmes ? Le groupe des lépreux, ces mal­heu­reux errants, s’arrête à dis­tance, confor­mé­ment à la légis­la­tion en vigueur. Mais le cri qu’ils font entendre est extra­or­di­naire : « Jésus, maître, prends pitié de nous ». Plus qu’une prière de mal­heu­reux, une pro­fes­sion de foi inouïe. « Jésus » ! Il est rare dans les Evangiles que quelqu’un appelle Jésus sim­ple­ment par son nom. Ce Nom appa­raît seule­ment à cinq reprises dans l’Evangile de Luc.

Nous connais­sons bien la prière de l’aveugle, assis au bord du che­min à l’entrée de Jéricho. Il entend Jésus qui s’approche et il s’écrie : « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ». Ceux qui mar­chaient en tête tente de l’écarter, mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! ». Et Jésus s’arrête, le fait venir et l’interroge : « Que veux‐tu que je fasse pour toi ? « Seigneur, dit‐il, que je recouvre la vie ». Jésus lui dit : « Recouvre la vue ; ta foi t’a sau­vé ». A l’instant il recou­vra la vue et il sui­vait Jésus en glo­ri­fiant Dieu. Lc 18. 35–43.

A la prière de l’aveugle de Jéricho, à celle des dix lépreux, écou­tons aus­si les der­niers mots du lar­ron sur la croix à côté de Jésus : « Jésus, souviens‐toi de moi dans ton Royaume ». D’un côté, un homme pen­du au gibet pour ses crimes, de l’autre dix lépreux atteint d’un mal consi­dé­ré à l’époque tenu pour lié au péché. La réponse de Jésus à l’aveugle de Jéricho, aux dix lépreux, au lar­ron montre que cette prière obtient le salut. Et qu’est ce salut ? C’est être sau­vé, c’est avoir accès au Royaume de Dieu : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le Paradis » (Luc 23. 43) ; « ta foi t’a sau­vé ».

L’invocation au nom de Jésus devien­dra dans l’Orient chré­tien une prière conti­nuelle, une méthode simple répé­tée au rythme de la res­pi­ra­tion : « Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu vivant, aie pitié de moi, pauvre pécheur » « Seigneur Jésus, sauve‐moi » ou encore « Jésus, Fils du Dieu vivant, sois béni ».

Dans les récits que je vous ai rap­pe­lés, comme dans les Paroles des Pères du désert et de toute la tra­di­tion monas­tique, nous enten­dons l’appel du pécheur à être sau­vé et Jésus vient don­ner une réponse à cet appel. Il faut être dans l’appel pour rece­voir la réponse de Jésus. Le Maître de nos vies ne s’impose pas. Dans le récit des dix lépreux, un seul vient remer­cier, mais tous sont gué­ris. Et cette recon­nais­sance de la grâce de Jésus conduit au salut, ouvre la porte étroite du Royaume.

Cette prière adres­sée à Jésus, dans l’Evangile de ce jour, nous est adres­sée aujourd’hui : elle est un appel a l’action de grâce et à la misé­ri­corde divine. Nous savons que pro­non­cer le Nom de Jésus appelle sa pré­sence. Cette prière jalonne l’histoire spi­ri­tuelle de l’Orient chré­tien, de Palestine aux Pères du désert d’Egypte, de Gaza au Mont Athos, du Mont Athos à la Russie tel ce petit livre si célèbre du « Pèlerin russe ».

En ce jour d’ouverture de l’année à Clerlande, nous sommes invi­tés à appe­ler le Nom de Jésus, à lui rendre grâce en tout et à l’invoquer sans cesse. Il ne nous est pas deman­dé de tra­vailler sans cesse mais de prier sans cesse. L’homme qui sait rendre gloire à Dieu se découvre libé­ré inté­rieu­re­ment. Chaque matin, dans la célé­bra­tion des Laudes, les moines et leurs hôtes sont invi­tés à l’action de grâce et à l’adoration du Dieu trois fois saint.

L’Evangile met en valeur le dixième lépreux qui revient et rend grâce. C’est une mer­veilleuse invi­ta­tion pour nous à nous aban­don­ner à la volon­té de Dieu dans nos vies, à le remer­cier en tout et pour tout.

Sur les che­mins de la vie, tou­jours sur­pre­nants, les étran­gers sont là, les pauvres et les per­sonnes fra­giles aus­si. Et il y a sans doute en cha­cun de nous une part d’étranger dont Jésus peut nous libé­rer. Le che­min qui est le nôtre n’a de sens que si nous avons un but.

Ce but, c’est de mar­cher hum­ble­ment sur un che­min de véri­té et d’action de grâce. Se lever et se tenir debout, véné­rant la Croix et la Résurrection. Le mys­tère eucha­ris­tique est ce che­min qui nous conduit jour après jour jusqu’à l’heure de son retour.

fr. Martin

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