Le Baptême du Christ vu par Le Tintoret

L a seconde moi­tié du XVIe siècle a été à Venise une grande époque de riva­li­tés artis­tiques entre le grand et « sublime » Titien dont la domi­na­tion reste incon­tes­tée, le « téné­breux » Tintoret et le « brillant » Véronèse, sans oublier le jeune et talen­tueux Jaccopo Bassano. Dans dif­fé­rents domaines, se mul­ti­plient por­traits, com­mandes reli­gieuses et com­po­si­tions mytho­lo­giques.

Le Baptême du Christ par Le Tintoret, 1580 — 283 × 162 cm — San Silvestro, Venise

Les domaines du sacré et du pro­fane sont sou­vent confon­dus dans le même tableau : Cette période nous offre des tableaux repré­sen­tant des repas bibliques, et par ailleurs le « lumi­nisme » (rôle de la lumière dans l’or­ga­ni­sa­tion cohé­rente des formes par le jeu des valeurs tonales) est abor­dé sous le titre de « noc­turnes sacrés ».

La fin du XVIe est pro­fon­dé­ment mar­quée par le Concile de Trente qui se réunit en 1545 et qui s’achèvera en 1563. La Réforme Catholique qui en découle réexa­mine et redé­fi­nit de nom­breux points de dogme. Les arts sont éga­le­ment concer­nés. Venise en accepte les déli­bé­ra­tions et publie la Professio Fidei Tridentinae (La bulle Injunctum nobis du impose désor­mais la Professio fidei tri­den­ti­na — « pro­fes­sion de foi tri­den­tine »- à tous les clercs, supé­rieurs d’ordre et pro­fes­seurs d’u­ni­ver­si­té).

Les scènes reli­gieuses sont alors dépeintes de nuit, offrant aux artistes toutes sortes de jeux pos­sibles avec la lumière : la bap­tême de Jésus, la mise au tom­beau, la prière au jar­din des oli­viers, la péni­tence de saint Jérôme. Le choix de ces thèmes est inti­me­ment lié à la situa­tion de l’Eglise après le Concile de Trente.

Le thème du Baptême du Christ a fait l’objet de varia­tions ico­no­gra­phiques à des fins dra­ma­tiques. Il est habi­tuel­le­ment repré­sen­té à l’aube, dans une lumière diurne, alors que la nature s’éveille, évo­quant une nou­velle nais­sance de l’homme, à la recon­nais­sance du Fils de Dieu. […] On constate ain­si non seule­ment des nou­velles ten­dances lumi­nistes de la pein­ture véni­tienne, mais aus­si les dif­fé­rences sty­lis­tiques, poé­tiques et spi­ri­tuelles entre les trois artistes. Tintoret situe le bap­tême dans une nuit éclai­rée de lumières arti­fi­cielles, des feux d’artifice semblent strier le ciel. Le Christ et Jean Baptiste sont sai­sis dans une atti­tude com­plexe res­sem­blant à un pas de danse, les corps ont un relief sculp­tu­ral et une illu­mi­na­tion rasante révèle leur puis­sante ana­to­mie rap­pe­lant Michel Ange. Au bas du tableau les eaux noires du Jourdain s’agitent et bouillonnent dans l’obscurité. (source)

Jacopo Robusti dit Le Tintoret (1518 — 1594)

C’est le prin­ci­pal repré­sen­tant du manié­risme ita­lien.

L’importance de son œuvre en ce qui concerne l’art est due à son excel­lente syn­thèse des formes d’expression artis­tique de son époque : la palette vigou­reuse de Michel-Ange et du Titien, l’aspect dra­ma­tique des repré­sen­ta­tions du début du Baroque, l’amaigrissement et la défor­ma­tion des sil­houettes du manié­risme.

Il est aus­si consi­dé­ré comme un des pré­cur­seur du Baroque et son influence s’exerce aus­si sur la pein­ture espa­gnole par l’intermédiaire du Gréco qui fut sans doute son élève, elle s’étend jusqu’aux impres­sion­nistes et à Cézanne qui voyait en lui l’inventeur de ses propres idées. (source)

Son nom d’artiste lui est don­né en rai­son du métier de son père qui était tein­tu­rier.

On dit qu’il aurait tra­vaillé un temps chez Titien, lequel, en décou­vrant le grand talent de son élève l’aurait ren­voyé…

Il est plus pro­bable qu’il se soit for­mé dans les ate­liers de Boniface de Pitabi, d’Andréa Schiavone ou de Paris Bordone. A en juger par sa maî­trise du trai­te­ment des per­son­nages et de leur envi­ron­ne­ment Le Tintoret a subi l’influence du Titien et de Michel-Ange mais s’est aus­si ins­pi­ré des manié­ristes Salviati et Le Parmesan…

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