Béatitudes 29/01/2017

4ème dimanche ordinaire A

Béatitudes


Je ne sais pas si je mets les pieds dans le plat en pen­sant que l’Evangile des Béatitudes ne nous dit pas grand‐chose de neuf. Je m’explique : pas grand‐chose de nou­veau sur nous, sur l’homme, mais beau­coup de choses nou­velles ou oubliées sur Dieu. Ces paroles magni­fiques, n’avaient-elles pas déjà cours depuis des mil­lé­naires, dans la Chine de Lao Tseu, dans les écrits de l’Inde, dans la sagesse des Grecs, les doc­trines stoï­ciennes des Latins et dans les poèmes des grands Mystiques de l’Islam du Moyen Age ? Ce n’est donc pas là que réside la nou­veau­té, la frai­cheur, des pro­pos de Jésus : il me semble que c’est plu­tôt dans ce qu’il nous dit à pro­pos de ce grand Inconnu celui qui garan­tit la véri­té, la fai­sa­bi­li­té, la pos­si­bi­li­té de ces béa­ti­tudes inouïes.

Autrement dit, il ne s’agit pas de : « Les enfants, soyez sages et gen­tils, justes et paci­fiques, mor­dez sur votre chique, atten­dez que l’orage passe, moyen­nant quoi vous aurez droit à une belle récom­pense, voire à un repos bien méri­té dans un ciel mer­veilleux. »

Les béa­ti­tudes seraient‐elles une invi­ta­tion à réa­li­ser un pro­gramme volon­ta­riste et ambi­tieux ?
Ne sont‐elles pas plu­tôt une invi­ta­tion à croire pro­fon­dé­ment et hum­ble­ment qu’il nous est don­né d’y entrer, de les com­prendre, grâce à Quelqu’un : grâce à Celui qui les a incar­nées, qui est deve­nu lui‐même paix, dou­ceur, misé­ri­corde, jus­tice… ? Notre tâche à nous ce sera alors d’entrer dans l’intimité de ce Dieu pro­fon­dé­ment bon et ami des hommes, de nous débar­ras­ser tran­quille­ment de toute ambi­tion de toute‐puissance comme de l’illusion qu’il est pos­sible d’y arri­ver par la force des poi­gnets.

Ce qui est requis c’est un cœur humble : en effet, dit St Paul : « Ce qu’il y a de faible dans le monde, voi­là ce que Dieu a choi­si pour cou­vrir de confu­sion ce qui est fort, ce qui n’est rien, pour détruire ce qui est quelque chose » (1 Cor. 1, 27). Reconnaître avec Moïse, Celui qui est –o OON – comme le pro­clame chaque icône du Christ, confes­ser ce Jésus, le prier, recon­naître qu’en Lui tout a déjà été accom­pli.
Ecoutons encore St Paul : « C’est grâce à Dieu que vous êtes dans le Christ qui a été envoyé par Lui pour être notre sagesse, notre jus­tice, notre jus­ti­fi­ca­tion, notre rédemp­tion. »1 Cor. 1, 30) et encore : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. » et : « Je puis tout en Celui qui me for­ti­fie ».
Voici que ce beau rêve rabâ­ché depuis des siècles mais démen­tis par tant de mal­heurs, de malé­dic­tions et de crimes ; et voi­ci que ce beau rêve est deve­nu réa­li­té dans une per­sonne : Jésus, dont le nom signi­fie « Dieu sauve ».
Pour ne pas glis­ser dans un acti­visme fié­vreux ou dans une inquié­tude chro­nique, il est bon de faire mémoire, de se remé­mo­rer qu’en Jésus‐Christ tout a été accom­pli. Il est bon de rumi­ner le petit psaume 130 « Seigneur je n’ai pas le cœur fier ni le regard ambi­tieux je n’ai pas pris un che­min de gran­deur ni de mer­veilles qui me dépassent….. »

Alors, que nous reste‐t‐il à faire, sinon suivre les conseils du pro­phète Sophonie : « Cherchez le Seigneur, vous tous les humbles du pays, cher­chez la jus­tice, cher­chez l’humilité ! » En d’autres mots, accueillons l’Esprit de Celui en qui les Béatitudes ont pris corps.
« Oui, Seigneur, je ne suis pas capable d’agir, de réa­li­ser le rêve que tu as sur moi, sur tes enfants de ce vaste monde : mais comme Marie, à l’Annonciation je veux te dire : « Qu’il me soit fait, qu’il nous soit fait selon ta parole », qu’il nous soit don­né de t’offrir une huma­ni­té de sur­croît. Ton Esprit, j’irai le pui­ser dans la Parole trans­mise par tes saints témoins au long des siècles, dans le pain rom­pu et le vin ver­sé où se concentre toute la ten­dresse pour tes enfants, dans l’onction sainte de la Confirmation, dans la béné­dic­tion vivi­fiante de ton mer­veilleux sacre­ment de la Réconciliation, dans ta pré­sence forte auprès des époux dans le rude che­min de leur amour au quo­ti­dien, bref à cha­cune des étapes de notre vie. »

Dieu bon, Dieu juste, Dieu misé­ri­cor­dieux
Dieu cru­ci­fié, Dieu pur, Dieu saint,
Merci pour tes Béatitudes !

fr. Grégoire

Image : Raymond Delamarre — Béatitudes -

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