Michelangelo Conversion de st Paul

Conversion de St-Paul et Unité des Chrétiens 25/01/2017

Introduction

Nous célé­brons aujourd’hui la clô­ture de la semaine de l’unité et la conver­sion de saint Paul. Sur la route de Damas, Saul de Tarse fait une double découverte :
Jésus de Nazareth, Fils béni du Père, le Ressuscité de Pâques
Et il est face à une ques­tion qui le bou­le­verse jusqu’au fond de son être : « Saul, Saul, pour­quoi me persécutes-tu ? ». Et dans ce tu, se pré­sente le visage des chré­tiens qu’il a tant per­sé­cu­tés. Jésus s’identifie aux frères, à la communauté.

Au début de cette eucha­ris­tie deman­dons au Seigneur qu’à notre tour nous recon­nais­sions la pré­sence de Jésus Christ en cha­cun de nos frères.
Et pour être accor­dés à ce que nous célé­brons, confes­sons notre pau­vre­té et la misé­ri­corde de Dieu.

HomélieRussia, Late 15th - early 16th century

J’approchai de Damas. Il était envi­ron midi, quand une puis­sante lumière, venant du ciel, res­plen­dit autour de moi”. Act. 22. 6.
Nous connais­sons bien la sil­houette de St Paul par les icônes qui le repré­sentent. « C’était un homme de petite taille, à la tête dégar­nie, aux jambes arquées, vigou­reux, aux sour­cils joints, au nez légè­re­ment aqui­lin, plein de grâce ; en effet, tan­tôt il appa­rais­sait tel un homme, tan­tôt il avait le visage d’un ange », telle est la des­crip­tion qu’en fait Onésiphore qui reçut Paul chez lui à Iconium.

Paul est un homme pas­sion­né. Tempérament de feu, il est certes émo­tif et prend le temps d’intérioriser les évè­ne­ments qu’il vit. C’est un homme qui voit loin et quand il prend la parole, il sait vers où il va, mal­gré cer­tains écarts où se décèle sa vive émo­ti­vi­té. Il était abso­lu quand il fai­sait par­tie des juifs pha­ri­siens zélés et radi­caux ; il le devien­dra après sa ren­contre avec le Christ Ressuscité.

C’est sur le che­min de Damas, nous l’avons enten­du, que cette ren­contre pro­voque en lui une remise en ques­tion abso­lue. De la haine pour les chré­tiens, il devient peu à peu l’apôtre de la cha­ri­té jusqu’à pou­voir écrire : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi », « je puis tout en Celui qui me rend fort », « j’ai tra­vaillé plus qu’eux tous, non pas moi mais la grâce de Dieu qui est avec moi » Gal. 2. 20 ; Ph 4. 13 : 1 Co 15. 10. En cette semaine de l’Unité, je rap­pelle sim­ple­ment les 3 piliers sur les­quels repose le monde et com­men­tés par Benoît Standaert : la parole de Dieu, la prière, la charité.

Paul est d’abord un homme pétri de la Parole tout en ne connais­sant pas le Nouveau Testament. Sa mémoire est vive et il ne cesse d’appliquer selon les cir­cons­tances tel ou tel ver­set de la Torah, des Prophètes. Le Christ se pré­sente comme le révé­la­teur par excel­lence de la volon­té de Dieu. Les Ecritures lui apportent la per­sé­vé­rance et la conso­la­tion. Rm 15. 2–7.
« Que le Dieu de la per­sé­vé­rance et de la conso­la­tion vous donne d’être d’accord entre vous, comme le veut le Christ Jésus, afin que, d’un même cœur et d’une seule voix, vous ren­diez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ. Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu ».

Paul est aus­si un homme de prière. Ses lettres s’inscrivent dans ce cli­mat de prière. Il com­mence le plus sou­vent en bénis­sant Dieu et en se sou­ve­nant de ses frères. Il les ter­mine en offrant à ses des­ti­na­taires la grâce et la paix de Dieu. Il prie spé­cia­le­ment le Père tout en gar­dant le Christ au centre de sa réflexion. Dans l’hymne aux Philippiens, rap­pe­lant que le Père a don­né à Jésus le Nom qui est au-dessus de tout nom afin qu’au nom de Jésus tout genoux flé­chisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre et que toute langue confesse que le Seigneur c’est Jésus-Christ, il conclut : à la gloire de Dieu le Père. Ph 2. 8–11. Tant de choses seraient à com­plé­ter sur la joie, l’eucharistie, son inter­ces­sion pour les autres, son atti­tude face à la mort.

Parole de Dieu, prière et charité

Je ter­mi­ne­rai par ce 3ème pôle : Paul est l’apôtre de la cha­ri­té. Et j’en reviens à sa conver­sion : « Saul, Saul, pour­quoi me persécutes-tu ? ». Puis, « Je suis Jésus que tu per­sé­cutes ». La répé­ti­tion du nom est selon la tra­di­tion rab­bi­nique une expres­sion d’amour. Dans tous les lieux où il passe, Paul construit des com­mu­nau­tés et fait l’éloge de l’agapè. Dans l’épître 1 CO 13–15 nous attei­gnons un som­met. Je vous le rappelle :

« Quand je par­le­rais en langues…quand j’aurais le don de pro­phé­tie. Quand je dis­tri­bue­rais tous mes biens aux affa­més, s’il me manque l’amour, je n’y gagne rien.
L’amour prend patience, l’amour rend ser­vice, il ne cherche pas son inté­rêt. L’amour ne dis­pa­raî­tra jamais.

Que cette célé­bra­tion de la conver­sion de Paul nous invite à relire ses lettres avec ses trois clés, la Parole de Dieu, la prière et la cha­ri­té. Qu’elle nous invite à pour­suivre notre quête de l’unité des chré­tiens et qu’elle fasse de notre com­mu­nau­té un signe de cette adhé­sion à Jésus-Christ pour la plus grande gloire du Père.

Fr. Martin

La Conversion de saint Paul (détail), fresque de la cha­pelle Paolina du Vatican, réa­li­sée par Michel-Ange vers 1542–1545 à la demande du pape Paul III

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