Tunrer, Eglise santa maria, venise, dans la brûme

L’espérance : le courage de l’incertitude. Par le Père Bernard Poupard

L’espérance : le cou­rage de l’incertitude.

Le texte in extenso de la dernière conférence du fr. Bernard à Clerlande, en date du mercredi 18 janvier.

« Nos signes ont cessé, il n’y a plus de prophètes, et pour combien de temps nul ne le sait »

Le cou­rage de l’incertitude était un thème avan­cé lors d’un col­loque sur les cultures de la pré­ca­ri­té en 2012 à l’université de Nanterre. La pré­oc­cu­pa­tion était alors – et elle demeure aujourd’hui – celle de la pré­ca­ri­té et de l’insécurité éco­no­mique. Mais on peut aus­si bien appli­quer ces thèmes à la situa­tion géo­po­li­tique glo­bale actuelle : les pre­mières incer­ti­tudes aux­quelles on pense concernent les pays arabo‐musulmans et plus géné­ra­le­ment tous les pays affec­tés par les méta­stases des mala­dies de l’Islam. Mais on peut encore évo­quer les incer­ti­tudes sus­ci­tées par la pré­si­dence de Donald Trump aux états‐Unis comme de l’évolution des conti­nents asia­tique et afri­cain. Et que dire de notre Europe en proie aux replis natio­na­listes et aux peurs des inva­sions ? L’avenir du monde est incer­tain et cette incer­ti­tude génère plus qu’un malaise : une angoisse. Nous devrions pour­tant l’accepter sans trop de peine car elle n’est pas nou­velle : j’ai vu la carte du monde se redes­si­ner plu­sieurs fois au cours de ma vie, des blocs anciens se défaire, des murs tom­ber, d’autres être éri­gés. Les futu­ro­logues sont dis­qua­li­fiés aujourd’hui. Comme le dit le Psaume 73 (h 74) : « Nos signes ont ces­sé, il n’y a plus de pro­phètes, et pour com­bien de temps nul ne le sait ». Il nous faut vivre dans l’incertitude.

Branche d'amandier, d'après Van Gogh

La Bible vient‐elle à notre secours ailleurs que dans ce psaume ? C’est Jérémie qu’il faut relire ici, et ses pre­mières visions : une branche d’amandier dont le nom signi­fie le veilleur et qui indique que « Dieu veille sur sa parole pour l’accomplir », et une mar­mite bouillon­nante qui penche vers le nord car l’invasion vien­dra du nord (Jr 1, 11–15). Jérémie n’était pas dans l’incertitude. Il savait, il voyait ce que per­sonne ne vou­lait voir ni com­prendre, et c’était son tour­ment. Et pour­tant ce peuple n’a jamais été sous le régime de l’incertitude mais bien sous le signe de la pro­messe. Le Dieu d’Israël est Dieu de la pro­messe depuis Abraham. Mais c’est une pro­messe incer­taine : Abraham part sans savoir où il va, et le comble est qu’il marche de cam­pe­ment en cam­pe­ment sur la terre qui est jus­te­ment la terre pro­mise. Moïse a conduit le peuple par com­bien de détours dans le désert avant de voir la terre pro­mise dans laquelle il n’a pas pu lui‐même entrer. La pro­messe éta­blit dans l’espérance, pas dans la jouis­sance. Et l’espérance veut tou­jours nar­guer l’incertitude.

Pour l’heure et pour nous, l’incertitude des temps est plom­bée par une sorte de vide, d’absence d’indicateurs, de figures fortes. Quel phi­lo­sophe mar­quant depuis la mort de Ricoeur ? Quel théo­lo­gien depuis Rahner ? Quel écri­vain de la taille de Camus ? Et vais‐je ajou­ter : quel grand poli­tique depuis la perte de Michel Rocard ? Nous avons quand même un grand pape, et il tient d’autant plus de place que la place est vide. Tous les autres, dans tous les domaines, sont plu­tôt de taille moyenne, sinon toute petite. Je ne cite­rai aucun nom pour ne pas faire rica­ner. Ce monde manque de gran­deur, de souffle. Dans l’église, à côté du pape, quel évêque se dresse comme une figure de proue avec une parole forte ? Il est vrai que les évêques de France ont publié un remar­quable appel à retrou­ver le sens du poli­tique. Et comme l’église n’est pas com­po­sée que d’évêques, quel prêtre, quel laïc ? Les catho­liques de France se mani­festent en défen­sive sur des sujets socié­taux qui les heurtent, et ils sont alors dans le refus, pas dans la pro­po­si­tion. Ceux de Belgique sont plu­tôt silen­cieux parce qu’ils sont moins titillés. Vous me direz : mais il y a l’Emmanuel, le Chemin Neuf, et plus près de nous les fra­ter­ni­tés des par­vis. Ces mou­ve­ments ont com­blé le vide lais­sé par l’Action Catholique. Ont‐ils la même prise sur la socié­té ? Ils témoignent d’une réelle vita­li­té dans l’église. Ont‐ils la même force de mobi­li­sa­tion dans la socié­té ? Le Chemin Neuf en mani­feste le sou­ci et veut accom­pa­gner les jeunes qui s’engagent en poli­tique. C’est un signal pro­met­teur.

Ne faut‐il pas, en effet, hono­rer et valo­ri­ser l’engagement poli­tique des chré­tiens ? La poli­tique est trop sou­vent sus­pec­tée, voire mépri­sée. En son sens éty­mo­lo­gique, elle est le soin appor­té aux affaires de la polis, la cité. Or, si la poli­tique doit recher­cher le bien com­mun, elle est bien tou­jours sous le signe de l’incertitude : Dans nos démo­cra­ties, elle se décline dans une plu­ra­li­té de par­tis qui s’opposent ou se liguent en alliances com­plexes et aléa­toires. Les grandes pro­messes élec­to­rales ne trompent per­sonne : on sait bien, quand un par­ti ou une coa­li­tion arrivent au pou­voir, qu’ils seront sou­mis aux mêmes enjeux éco­no­miques et aux mêmes défis sociaux ou socié­taux. Les marges de manœuvre sont réduites. L’incertitude peut alors sus­ci­ter le scep­ti­cisme, un atten­tisme désa­bu­sé, ou même le dés­in­té­rêt. Nous ris­quons sou­vent d’en oublier le prix de nos démo­cra­ties par rap­port à tant de régimes tota­li­taires. Nous jouis­sons d’une liber­té de pen­sée et d’expression qui est pré­ci­sé­ment une cible pour les isla­mistes.

Et si l’incertitude était précisément notre vérité ? Ce serait aller à l’encontre de « la splendeur de la vérité » chantée par Jean-Paul II. Voilà un beau choix : la splendeur de la vérité ou le courage de l’incertitude

Ceux‐là veulent des cer­ti­tudes, comme tous les nos­tal­giques d’un pas­sé rêvé. C’est le propre des pos­tures iden­ti­taires de se réfé­rer à un pas­sé fan­tas­mé : la pre­mière époque des com­pa­gnons du pro­phète Mohammed, ou plus près de nous l’idéal d’une chré­tien­té qui n’a pour­tant jamais été idéale. L’Histoire n’a jamais été sous le signe du cer­tain, elle a tou­jours rebon­di par des impré­vus. Qui aurait pu pré­voir la révo­lu­tion fran­çaise au début du règne de Louis XVI ? C’est après coup que l’on peut recher­cher des causes loin­taines ou plus récentes de l’avènement des empires et de leur effon­dre­ment. Et le déchif­frer ne nous est guère pro­fi­table pour le pré­sent : nous sommes si peu dociles aux leçons de l’Histoire, qui d’ailleurs ne se répète jamais. Si nous l’étions, nous pour­rions dis­cer­ner le pré­vi­sible, qui serait proche du cer­tain. Mais au fond c’est bien l’incertitude qui nous per­met d’agir : elle est ouverte au meilleur et au pire. À nous de choi­sir, et nous incli­nons le plus sou­vent à l’entre-deux, au moindre mal ou à l’un peu mieux.

L’incertitude peut nour­rir le scep­ti­cisme, voire une dés­illu­sion para­ly­sante. Car elle semble enne­mie de la véri­té. « Nous sou­hai­tons la véri­té, écri­vait Pascal, et ne trou­vons en nous qu’incertitude. Nous recher­chons le bon­heur et ne trou­vons que misère et mort » (Pensée 401). Et si l’incertitude était pré­ci­sé­ment notre véri­té ? Ce serait aller à l’encontre de « la splen­deur de la véri­té » chan­tée par Jean‐Paul II. Voilà un beau choix : la splen­deur de la véri­té ou le cou­rage de l’incertitude.

La foi elle‐même n’est-elle pas tou­jours confron­tée à l’incertitude ? C’est bien ce qui condui­sait Pascal à son fameux pari qui com­pare l’acte de foi à un jeu de hasard : « Si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous per­dez, vous ne per­dez rien ». Ce n’était certes pas le pro­pos de l’auteur de la Lettre aux Hébreux qui rap­pelle lon­gue­ment la foi de tous les grands per­son­nages de la Bible, mais lorsqu’il arrive au Christ, « le chef de notre foi », c’est pour bien sou­li­gner qu’ « au lieu de la joie qui lui était pro­po­sée, il endu­ra une croix dont il mépri­sa l’infamie » (He 12, 2). La foi du Christ a dû tra­ver­ser la mort sur la croix. Et notre foi nous conduit tou­jours à cette croix. Or la mort du Christ sur la croix a signi­fié la fin de toutes les cer­ti­tudes mises en lui. Ses der­nières paroles en Marc et Matthieu sont le début du psaume 21 : « Mon Dieu, mon Dieu, pour­quoi m’as-tu aban­don­né ? » Et la croix a été « un scan­dale pour les juifs et une folie pour les païens » (I Co 1, 23). Le scan­dale et la folie peuvent du coup dis­si­per l’incertitude : ce n’est plus incer­tain, c’est sim­ple­ment aber­rant.

Tous ceux qui s’avancent, ou qui s’aventurent dans l’expérience de la vie spi­ri­tuelle font dans le même temps l’expérience du doute. La nuit des mys­tiques est même plus épaisse que le doute : elle les affronte au néant. Car il y a plus éprou­vant que l’incertitude : c’est la cer­ti­tude redou­table du néant qui peut atta­quer le spi­ri­tuel. « Avance, avance, disait la voix des ténèbres à Thérèse de Lisieux, réjouis‐toi de la mort qui te don­ne­ra, non ce que tu espères, mais une nuit plus pro­fonde encore, la nuit du néant ».

« Si quelqu’un dit qu’il a rencontré Dieu avec une totale certitude et qu’il n’y a aucune marge d’incertitude, c’est que quelque chose ne va pas»

Je l’ai moi‐même écrit naguère : « Avancez‐vous dans le silence de la soli­tude et essayez d’y res­ter. Je l’ai fait, lon­gue­ment, et je conti­nue. Tous les moines vous diront que c’est l’épreuve de la cel­lule, même s’ils en adou­cissent l’aridité en l’agrémentant joli­ment » (Dieu à fleur d’homme, p.56–7) à force de se taire, Dieu a pris le risque d’être incer­tain pour l’homme. Je n’ai plus alors d’autre issue que de me tenir comme lui dans le silence, silence contre silence. L’incroyant pour­ra bien me dire : « Que faites‐vous là ? Ne comprenez‐vous pas qu’il n’y a rien et que c’est à ce silence du néant que vous vou­lez faire face ? » Ces pen­sées m’ont aus­si assailli. Mais je n’ai jamais adhé­ré aux pro­pos de l’auteur du « Nuage de l’inconnaissance » qui est si loin de la Bible, et ma prière, ma recherche spi­ri­tuelle ne se dépar­tissent jamais du Livre ouvert chaque jour. Là se fend le silence pour faire entendre des paroles qui me touchent au cœur. Et là j’éprouve la cer­ti­tude intime que c’est Dieu qui me parle.

L’incertitude est‐elle alors dis­si­pée ? Oui, quand cette parole m’advient. Mais elle me taraude bien vite dès que je quitte le Livre pour aller à mes affaires. Elle est par­tout : dans les évè­ne­ments comme dans la ren­contre des autres. Elle m’expose à la joie comme à la décep­tion. Comment l’autre avec qui je m’assieds sera‐t‐il avec moi ? Comment accueillera‐t‐il ma parole ? C’est sans doute cette incer­ti­tude qui m’incline si sou­vent à me taire, à attendre le moment où ma parole pour­ra être reçue. Je suis décon­cer­té par les bavards dont les paroles sont sans conte­nu, vides, alors qu’elles veulent jus­te­ment conju­rer le vide. On croit qu’il faut par­ler tout de suite parce qu’on a peur du silence qui lais­se­rait pour­tant la parole se cher­cher avec jus­tesse.

Or avoir le cou­rage d’entrer dans le silence et d’y res­ter, c’est aus­si avoir le cou­rage de vivre dans l’incertitude. Voici encore Pascal : « S’il ne fal­lait rien faire que pour le cer­tain, on ne devrait rien faire pour la reli­gion, car elle n’est pas cer­taine. Mais com­bien de choses fait‐on pour l’incertain, les voyages sur mer, les batailles ! Je dis donc qu’il ne fau­drait rien faire du tout, car rien n’est cer­tain » (Pensée 32).

Le pape François abonde dans le même sens : « Si quelqu’un dit qu’il a ren­con­tré Dieu avec une totale cer­ti­tude et qu’il n’y a aucune marge d’incertitude, c’est que quelque chose ne va pas. L’incertitude se ren­contre dans tout vrai dis­cer­ne­ment qui est ouvert à la confir­ma­tion de la conso­la­tion spi­ri­tuelle » (Interview aux revues jésuites, « études » oct. 2013). Quelle libé­ra­tion dans ces paroles alors qu’on nous avait impo­sé de rece­voir les paroles papales comme des oracles indis­cu­tables. La parole de François met jus­te­ment en garde contre les oracles. Nous avons rete­nu sa célèbre réponse : « Qui suis‐je pour juger ? » Voici donc un pape incer­tain, et du même coup celui dont les paroles sont écou­tées par tout le monde.

J’entends déjà tout ce qu’on peut rétor­quer à mon pro­pos : Comment peut‐on mobi­li­ser avec de l’incertain ? Comment va‐t‐on don­ner du souffle ? Car nous avons besoin d’ardeur. Beaucoup attendent qu’on leur pro­pose des pro­jets qui ras­semblent et dyna­misent, et donc aus­si des meneurs qui les entraînent. Je dois bien avouer ici que je suis plus à l’aise dans un accom­pa­gne­ment ami­cal avec des hommes et des femmes de convic­tion qui résistent à toutes les formes d’embrigadement. J’aime qu’il y ait dans l’église des lieux ouverts de par­tage. Je suis aus­si très sen­sible aux paroles qui raniment l’ardeur. Car le cou­rage de l’incertitude ne s’accommode pas avec la médio­cri­té. On peut entendre bien diver­se­ment le « que sais– je  ? » de Montaigne : l’aveu des limites de nos connais­sances ou même la fra­gi­li­té de nos savoirs, mais ce n’est pas la désin­vol­ture du « qu’est-ce que j’en sais ? » Ce qui nous per­met de tes­ter notre hon­nê­te­té inté­rieure, c’est bien une recherche constante pour conju­guer convic­tion et incer­ti­tude. C’est sans doute jus­te­ment le cou­rage de l’incertitude qui per­met des enga­ge­ments de convic­tion. C’est tout le contraire des enga­ge­ments impo­sés par tous les sys­tèmes tota­li­taires qui éli­minent les oppo­sants.

On vient de le voir : les apôtres avaient l’assurance de la certitude. Mais nous qui avons un horizon incertain, comment pouvons-nous avancer dans la foi avec assurance ?

Regardons les dis­ciples de Jésus dans les évan­giles. Où peut‐on trou­ver plus d’incertitude que dans les appels de Jésus à le suivre ? Il ne dit pas où il veut les emme­ner, il ne donne ni pro­gramme ni charte. Et d’ailleurs les dis­ciples ne lui demandent pas de leur expli­quer son pro­jet. Il faut le suivre, lui, per­son­nel­le­ment, sans savoir, et c’est en le sui­vant qu’on com­pren­dra petit à petit et sou­vent avec peine où il va. Les évan­giles notent sou­vent que les dis­ciples ne com­prennent pas ses pro­pos. Voyez‐vous un seul homme aujourd’hui qui entraîne des dis­ciples sans rien leur pro­po­ser de pré­cis ? Et le comble est que lorsqu’il com­mence à annon­cer ce vers quoi il va, c’est inac­cep­table. Mais il l’annonce alors comme une cer­ti­tude : le Fils de l’Homme sera livré aux pou­voirs du monde et ils le tue­ront. À sa mort, toute cer­ti­tude sera balayée et per­sonne n’attendra vrai­ment une incer­taine résur­rec­tion. Mais à Pentecôte, les dis­ciples sor­tis de leur abat­te­ment annoncent sa résur­rec­tion avec une sur­pre­nante cer­ti­tude : « Dieu l’a res­sus­ci­té, nous en sommes témoins (Actes 3, 15)… Nous ne pou­vons pas ne pas publier ce que nous avons vu et enten­du (4, 20) ». On cher­che­ra vai­ne­ment chez Paul la trace d’un doute. Et Luc insiste dans le livre des Actes sur l’assurance avec laquelle la Parole est pro­cla­mée. C’est même son der­nier mot : Paul, à Rome, « pro­clame le Royaume de Dieu et enseigne ce qui concerne le Seigneur Jésus‐Christ avec pleine assu­rance et sans obs­tacle » Ac 28, 31).

Cette finale oriente autre­ment notre réflexion : peut‐on conci­lier incer­ti­tude et assu­rance ? On vient de le voir : les apôtres avaient l’assurance de la cer­ti­tude. Mais nous qui avons un hori­zon incer­tain, com­ment pouvons‐nous avan­cer dans la foi avec assu­rance ? Car la foi, qui est un acte ris­qué à la manière du pari de Pascal, est aus­si un enga­ge­ment qui requiert la fidé­li­té. À celui qui demande le bap­tême, il n’est pas deman­dé seule­ment d’adhérer à la révé­la­tion chré­tienne mais tout autant de confor­mer sa vie à l’évangile et il doit savoir que ce sera une conver­sion constante. L’assurance ne peut alors être en soi‐même, du moins si l’on a l’honnêteté de mesu­rer sa propre fra­gi­li­té. D’une manière éton­nante, elle se trouve dans un mou­ve­ment au‐delà de soi. Les fian­cés qui se pro­mettent fidé­li­té pour toute leur vie s’élancent au‐delà d’eux-mêmes et n’ont d’autre assu­rance que la force de leur amour. Parmi ceux qui les écoutent, cer­tains ont fait l’amère expé­rience d’un échec et d’une déchi­rure. Mais tous ont besoin de voir des êtres neufs en par­tance. L’incertitude est bien recon­nue dans les for­mules d’usage : pour le meilleur et pour le pire, dans le bon­heur et le mal­heur. C’est un pacte, une alliance, et c’est très exac­te­ment ce qui se joue entre Dieu et nous dans l’acte de foi. Nous sommes des­cen­dants d’Abraham qui par­tit sans savoir où il allait.

Partir sans savoir où l’on va, se lan­cer pour le meilleur et pour le pire, suivre Jésus en lais­sant tout, cela requiert du cou­rage, le cou­rage de l’incertitude. Qu’est-ce alors que le cou­rage ? Il y a du cœur dans ce mot, mais on dit aus­si : la force d’âme. Le cou­rage est requis quand il faut sur­mon­ter une dif­fi­cul­té, un obs­tacle, ou s’engager dans une démarche périlleuse. Le mot grec thar­sos ne se trouve qu’une fois dans le Nouveau Testament, à la finale du livre des Actes : à Rome, Paul reçoit la visite des frères, il en rend grâce et prend cou­rage. Le cou­rage résiste, fait tenir. On tra­duit ain­si par­fois le ver­set de Luc où il est dit que Jésus prend réso­lu­ment le che­min de Jérusalem. Le texte grec dit qu’il dur­cit sa face. Paul montre son assu­rance et sa per­sé­vé­rance en évo­quant toutes les épreuves qu’il a dû affron­ter. N’y a‐t‐il pas aus­si pour nous un humble cou­rage ordi­naire, le cou­rage du quo­ti­dien, des tâches habi­tuelles et par­fois mono­tones, qui ne com­portent pas beau­coup d’incertitudes. Les femmes sont les artistes de ce courage‐là.

Le prophète Joel, ivoire, Art byzantin. illustration tesxte de B. Poupard

Le cou­rage de l’incertitude a un nom chré­tien : c’est l’espérance. À Pentecôte, au jour de la nais­sance de l’église, Pierre a cité le pro­phète Joël : « Vos fils et vos filles pro­phé­ti­se­ront, vos jeunes gens auront des visions et vos vieillards des songes ». C’est une très belle pro­phé­tie pour les temps d’incertitude, pour nous en ce temps. J’ai écrit naguère que « pour ce qui est des vieillards, je peux dire que ça marche : je n’arrête pas de son­ger. Je songe au pas­sé, bien sûr, à ma propre his­toire que j’aime bien, dont je suis content. Mais il ne faut point trop son­ger au pas­sé : les vieux sont embê­tants quand ils radotent sur leur pas­sé » (Dieu à fleur d’homme, p. 139). Les jeunes com­mu­nau­tés bruissent de pro­jets quand les vieilles res­sassent leur his­toire. Nous avons besoin de jeunes qui rêvent : leurs rêves por­te­ront notre espé­rance. Car notre socié­té a été abat­tue par la dés­illu­sion après l’effondrement des grandes uto­pies. L’absence de mobi­li­sa­tion col­lec­tive, le manque de pro­jets pou­vant ras­sem­bler et dyna­mi­ser ont pour consé­quence de ren­for­cer l’intérêt indi­vi­duel, le sou­ci de soi‐même. Voyez le suc­cès de toutes les méthodes d’apaisement et d’éveil de la conscience. « L’homme occi­den­tal veut impo­ser aux autres sa moder­ni­té scien­ti­fique et éco­no­mique, ai‐je écrit, mais il souffre lui‐même de la fai­blesse de son âme, ce qui n’échappe pas aux croyants des autres reli­gions ». Et j’ajoutais : « Je suis convain­cu que le témoi­gnage le plus fort des chré­tiens aujourd’hui doit être celui d’une espé­rance éclai­rée et volon­taire. Non pas une espé­rance naïve, incons­ciente, incan­ta­toire, comme si nous devions bêler : « espé­rance ! espé­rance ! » quand d’autres crient : « mal­heur ! mal­heur ! » Nous ne sommes pas moins lucides que d’autres, et notre tâche est tou­jours de dis­cer­ner, avec tous les autres, ce qui est bien et ce qui est mal, en nous rap­pe­lant que le bon grain et l’ivraie poussent tou­jours ensemble, et d’abord en nous‐mêmes. Où sont les limites ? Où est l’inacceptable, l’intolérable ? Quand ils appa­raissent, il faut résis­ter, comme les plus lucides et les plus cou­ra­geux ont résis­té au nazisme et aux divers tota­li­ta­rismes, et aujourd’hui à toutes les vio­lences et à toutes les formes d’injustice. Nous avons la res­pon­sa­bi­li­té de notre espé­rance. Elle nous engage. Mais alors, forts de tous les pro­phètes et de tous les mar­tyrs de ce monde, nous pou­vons et nous devons regar­der notre huma­ni­té avec confiance, non seule­ment parce qu’elle a su se sor­tir de tant de mal­heurs, mais parce que nous croyons que le Dieu de la vie la tra­vaille irré­sis­ti­ble­ment en son cœur même ». (Dieu à fleur d’homme, p.146–7)

Voici donc la cer­ti­tude que nous donne notre foi : l’Esprit de Dieu tra­vaille au cœur de l’humanité. Nous pou­vons alors en guet­ter les signes. Nous sommes trop sou­vent dans la déplo­ra­tion devant le dérou­le­ment de l’Histoire aujourd’hui. Les medias nous y poussent, et il est mal­heu­reu­se­ment vrai que les mal­heurs abondent dans le monde. Nous les por­tons quo­ti­dien­ne­ment devant Dieu dans notre inter­ces­sion, nous les met­tons dans ses mains en pleu­rant sur l’humanité avec Isaac le syrien dont le cœur com­pa­tis­sant brû­lait pour toute la créa­tion et lui fai­sait ver­ser des larmes. Mais la com­pas­sion ne va pas sans l’attendrissement devant le cou­rage et l’inépuisable bon­té des humains. Partout où frappe le mal­heur se mani­festent aus­si­tôt la soli­da­ri­té et le secours, et c’est bien là que nous recon­nais­sons le tra­vail de l’Esprit. Dans nos incer­ti­tudes, nous pou­vons alors avoir confiance en la noblesse du cœur de l’homme. Dans notre com­mu­nau­té, nous avons réflé­chi ensemble au sens de l’ « huma­ni­té » dont saint Benoît parle une seule fois dans sa Règle à pro­pos de l’accueil des hôtes : « On leur témoi­gne­ra toute l’humanité pos­sible. » (ch. 53) Il est remar­quable que Benoît n’allègue pas ici la cha­ri­té chré­tienne, mais la simple et belle huma­ni­té, ce qui nous fait humains ensemble comme Dieu nous a vou­lus pour nous trou­ver bons.

Nous répétons souvent l’invitation de Jésus à déchiffrer les signes des temps. C’est une tâche délicate avec de gros risques d’erreurs d’interprétation. Qu’est-ce qui se joue dans les secousses du monde aujourd’hui ? à quoi nous conduit toute la violence qui semble se régénérer elle-même ?

Que reste‐t‐il alors de notre incer­ti­tude ? Elle est dans notre fini­tude et notre culpa­bi­li­té, pour reprendre les termes de Paul Ricoeur. Notre bon­té et notre confiance sont tou­jours fra­gi­li­sées par nos limites et les remous de nos mau­vais vou­loirs. Paul l’a si bien dit : nous ne fai­sons pas le bien que nous vou­drions et nous tom­bons dans le mal que nous ne vou­lions pas. C’est entre le vou­loir et le faire qu’est fichée notre bles­sure. Et c’est bien là aus­si qu’intervient le cou­rage de l’incertitude. Il prend alors la forme d’une humi­li­té pro­fonde devant ce qui nous dépasse, d’un consen­te­ment à ce qui nous advient, et aus­si d’une confiance en nos res­sources mises ensemble. Ce cou­rage est for­ti­fié s’il est aus­si sou­riant. Il y a bien des moments où il faut ser­rer les dents, mais il y en a aus­si où nous pou­vons les des­ser­rer et lais­ser sou­rire nos lèvres. L’incertitude est notre demeure : à nous de l’habiter tran­quille­ment.

Or elle ne nous empêche pas de faire des pro­jets, et voi­là un autre para­doxe de notre incer­ti­tude. J’ai écrit ces lignes en période de ren­trée, au moment où nous fina­li­sions les acti­vi­tés de l’année. Au même moment, la mala­die frap­pait quelques‐uns d’entre nous et nous rap­pe­lait nos âges et nos fra­gi­li­tés. C’est la belle force de notre com­mu­nau­té d’être tou­jours capable de pro­jets, et ce ne sont pas les plus anciens qui sont les der­niers à cet égard. Il fut un temps pas bien loin­tain où cer­tains deman­daient : la com­mu­nau­té de Clerlande a‐t‐elle encore un pro­jet ? La ques­tion sus­ci­tait de grandes dis­cus­sions, et je n’y ai jamais été à l’aise. Je ne crois pas beau­coup à ce pro­jet au sin­gu­lier. Ou plu­tôt, nous avons tou­jours le même pro­jet fon­da­men­tal, celui de la vie monas­tique telle que nous la pro­pose la Règle de Benoît. C’est dans ce cadre que nous pou­vons éla­bo­rer des pro­jets au plu­riel, ce que nous avons tou­jours fait avec nos « ate­liers de Clerlande » chaque année. Ce sont des pro­jets qui déclinent aujourd’hui notre manière d’être moines en ce temps et en ce lieu. Ils sont par essence même tran­si­toires et ils ne peuvent être sou­te­nus que sur le fond de notre vie régu­lière, au double sens de ce mot : la régu­la­ri­té et le cadre de la Règle de Benoît.

La Règle fait‐elle une place à l’incertitude ? Benoît module la vie com­mu­nau­taire selon les sai­sons, mais il a aus­si constam­ment le sou­ci de pré­voir des aides en cas de besoin dans toutes les charges. Encore faut‐il que la com­mu­nau­té soit assez nom­breuse pour y pour­voir. Autrement ce sont les tâches qu’il faut modé­rer. L’abbé doit être pré­voyant et cir­cons­pect (pro­vi­dus et consi­de­ra­tus). « Dans les tâches qu’il dis­tri­bue­ra, soit qu’il s’agisse des choses de Dieu soit de celles du monde, il se condui­ra avec dis­cer­ne­ment et modé­ra­tion (dis­cer­net et tem­pe­ret) et se rap­pel­le­ra la dis­cré­tion du saint patriarche Jacob qui disait : si je fatigue mes trou­peaux en les fai­sant trop mar­cher, ils péri­ront tous en un jour. » La dis­cré­tion a ici le sens de modé­ra­tion, bien expri­mée par le verbe tem­pé­rer. Benoît y voit la mère des ver­tus. Elle appa­raît constam­ment chaque fois qu’il envi­sage une condi­tion : si l’on dis­pose de ceci ou cela, si le nombre le per­met, si les tra­vaux le demandent. Toutes ces condi­tions ne laissent guère de place à l’incertitude. L’abbé imite le bon ser­vi­teur de l’évangile qui dis­tri­bue le fro­ment à cha­cun en temps oppor­tun. L’idéal recher­ché est « que per­sonne ne soit trou­blé ni contris­té dans la mai­son de Dieu ».

Il nous faut bien recon­naître que nous sommes sou­vent trou­blés et contris­tés, et de deux manières : par les aléas, les ten­sions, les heurts dans la vie com­mune, et par les évè­ne­ments du monde. Notre com­mu­nau­té est com­po­sée de per­son­na­li­tés assez fortes et plu­sieurs frères ont eu et ont encore des enga­ge­ments per­son­nels qui ne sont pas for­cé­ment assu­més par tous, qui peuvent même sus­ci­ter des réserves et une dis­tance. Nous avons une belle liber­té d’initiatives. Encore faut‐il qu’elles ne soient pas impo­sées et que l’ensemble de la com­mu­nau­té puisse en tirer pro­fit, ce qui requiert un dis­cer­ne­ment com­mu­nau­taire pour lequel nous man­quons de méthode. Nous avons eu pen­dant plu­sieurs années un conseil moines‐laïcs qui avait la charge d’organiser et de suivre nos acti­vi­tés. C’était un bon lieu de par­tage et de dis­cer­ne­ment, et un nou­veau conseil de ce type est en pro­jet. Quant aux évè­ne­ments du monde, nous les por­tons fidè­le­ment dans notre inter­ces­sion quo­ti­dienne et à l’eucharistie du dimanche. Ils requièrent par­fois des enga­ge­ments plus pré­cis, comme ce fut le cas pour l’accueil des réfu­giés selon la demande expresse du pape François aux monas­tères.

L’incertitude nous affecte davan­tage aujourd’hui : la com­mu­nau­té n’en finit pas de vieillir et elle semble avoir per­du la clé du para­dis. C’est le lot de pra­ti­que­ment toutes les com­mu­nau­tés reli­gieuses, sauf les com­mu­nau­tés dites nou­velles, qui connaissent cepen­dant elles aus­si un tas­se­ment de leur recru­te­ment. Par contre, en France par­ti­cu­liè­re­ment, quelques familles reli­gieuses très conser­va­trices et for­te­ment iden­ti­taires béné­fi­cient d’un essor assez spec­ta­cu­laire. Le pen­dule de l’Histoire ira‐t‐il encore long­temps de ce côté ? Ce n’est pas notre situa­tion, et nous ne sommes pas du tout dis­po­sés à chan­ger d’orientation. Mais nous avons le ren­fort de ceux qui nous ont rejoints et nous comp­tons sur le sou­tien de nos frères indiens de Kappadu. Il n’y a donc pas lieu de nous lais­ser aller à la sinis­trose. Et même si la com­mu­nau­té dimi­nue sérieu­se­ment dans les années toutes proches, Clerlande conti­nue­ra à vivre et à tenir sa place en ce lieu. Nous pen­sons aus­si depuis long­temps à favo­ri­ser de nou­velles formes d’appartenances à la com­mu­nau­té qui se des­sinent déjà sous des moda­li­tés diverses. Il importe seule­ment, mais clai­re­ment, que ce soit bien la vie monas­tique qui se pour­suive ici, même si d’autres confi­gu­ra­tions com­mu­nau­taires peuvent s’y ados­ser.

Et puis pre­nons du champ et de la hau­teur. Aucun monas­tère n’a reçu une pro­messe d’éternité. Nos régions sont au contraire bien pour­vues en ruines d’abbayes pres­ti­gieuses soi­gneu­se­ment pré­ser­vées pour le tou­risme. L’incertitude de notre ave­nir est un appel à vivre notre pré­sent dans un déta­che­ment tran­quille et confiant. Jean‐Pierre de Caussade par­lait du sacre­ment du moment pré­sent. La force de nos monas­tères ne réside pas dans les pro­jets que nous pou­vons ima­gi­ner mais dans la régu­la­ri­té de notre vie où cha­cun est fidè­le­ment à sa place. Ce n’est pas pour rien que nous avons fait vœu de sta­bi­li­té.

Je Exemple de tétradrachme d’Athènes à la chouette, frappé après 449 avant JC. 17,07 grammes. A/ Tête casquée d’Athéna à droite. R/ Chouette tournée vers la droitepre­nais naguère l’image des taupes et des chouettes. Les taupes sont des petites bêtes soyeuses et aveugles qui se rap­pellent à nos sou­ve­nirs dans nos jar­dins et qui sont très utiles pour les assai­nir. Les imi­ter serait mener une exis­tence sou­ter­raine, enfouie dans nos étroi­tesses et indif­fé­rente à ce qui se passe à la sur­face du monde. Triste exis­tence pour un moine, mais faire la taupe est une ten­ta­tion fré­quente pour ceux qui redoutent les cou­rants d’air. La chouette était l’oiseau d’Athéna ou de Minerve, sym­bole des phi­lo­sophes avant de deve­nir celui des moines. Des phi­lo­sophes parce qu’ils réflé­chissent après coup, après les évè­ne­ments du jour et dans l’ombre de leurs cabi­nets. Des moines dans un tout autre sens : parce qu’ils sont pos­tés comme des veilleurs pour dire au monde où en est la nuit et poin­ter le jour qui vient.

Nous répé­tons sou­vent l’invitation de Jésus à déchif­frer les signes des temps. C’est une tâche déli­cate avec de gros risques d’erreurs d’interprétation. Qu’est-ce qui se joue dans les secousses du monde aujourd’hui ? à quoi nous conduit toute la vio­lence qui semble se régé­né­rer elle‐même ? Nous voi­là de nou­veau confron­tés à l’incertitude. Mais n’est-ce pas aus­si le moment de nous rap­pe­ler que nous sommes tou­jours acteurs de l’Histoire ? Cela peut nous sem­bler bien au‐delà de nos faibles capa­ci­tés. Mais si les res­pon­sables des nations écrivent l’histoire actuelle, nous savons qu’ils doivent tenir compte des opi­nions, et donc de nous si nous savons nous mani­fes­ter. Or nous avons aujourd’hui avec inter­net des moyens décu­plés de nous expri­mer sans des­cendre dans la rue. Encore une fois, l’incertitude nous oblige aux choix, aux orien­ta­tions, aux déci­sions. C’est à nous de déci­der de ce que nous ren­drons cer­tain parce que nous l’aurons vou­lu.

L’incer­ti­tude nous place donc devant notre res­pon­sa­bi­li­té. L’irresponsabilité serait de lais­ser faire, de subir les évè­ne­ments et d’être bal­lo­tés par les flux de l’Histoire. Il y va de notre digni­té humaine, de notre noblesse. Si Dieu tient le monde dans ses mains, si son regard est posé sur l’humanité dans sa bien­veillance pater­nelle, ce n’est quand même pas lui qui écrit l’Histoire. Il nous l’a confiée. Il nous demande seule­ment de cher­cher tou­jours à aller à la ren­contre de sa volon­té, et nous savons que son vou­loir est un vou­loir de vie et d’amour.

fr Bernard

Image : William Turner : Eglise Santa Maria del­la Salute dans la brûme du matin, Venise

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2 réflexions sur « L’espérance : le courage de l’incertitude. Par le Père Bernard Poupard »

  1. Merci par cette mise en ligne d’avoir pu à mon aise prendre connais­sance de cette fiche confé­rence. J’avais pré­vu de venir, la mala­die en a déci­dé autre­ment. Finalement j’en pro­fite davan­tage car je peux reve­nir comme je veux sur les divers thèmes abor­dés. L’incertitude, la confiance et la res­pon­sa­bi­li­té, voi­là de quoi médi­ter durant ce temps de repos for­cé, et, m’aider à éclai­rer ce que je vis, com­ment je vis et com­ment essayer de mieux vivre.
    Merci à Bertrand Poupard pour lece beau tra­vail et à la com­mu­nau­té acces­sible par inter­net à tous ceux qui en sont éloi­gnés.

  2. Merci de publier la confé­rence pour les loin­tains et les malades.
    Merci du conte­nu et du temps pas­sé à le pré­pa­rer.
    Oui pour le cou­rage de l’incertitude… dans une confiance renou­ve­lée par la lec­ture, la médi­ta­tion des textes et la ren­contre de ” vivants”…
    Oui pour une espé­rance éclai­rée et déci­dée… au jour le jour… avec ses temps forts et ses temps faibles…
    Bonne route au quo­ti­dien aux cher­cheurs et aux veilleurs.
    Madeleine.

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