La Tentation de St-Antoine vue par Jérôme Bosch

fête des saints - clerlande - jérôme bosch

Tentation de St Antoine- Jérôme Bosch
Triptyque de “la Tentation de St Antoine” de Jérôme Bosch, 1506 : volet cen­tral 131,5 x 119 cm ; pan­neaux laté­raux (gauche et droit), 131,5 x 53 cm. Ce trip­tyque est conser­vé au Museu Nacional de Arte Antiga à Lisbonne (Portugal).
Au sujet de St-Antoine ( +356, Fête le 17 janvier)

C’était un jeune homme riche, pro­prié­taire ter­rien en Haute-Égypte. Mais la ques­tion de son salut le tour­men­tait. Préoccupé par ce qu’il avait lu dans les Actes des Apôtres qui décrivent la pre­mière com­mu­nau­té chré­tienne où tout était en com­mun, il entre dans une église. Et c’est là qu’il entend l’Évangile du jeune homme riche. Il est sai­si par la coïn­ci­dence : ce texte s’a­dresse à lui, pense-t-il, et aujourd’­hui même. Il dis­tri­bue sa for­tune aux plus pauvres et se retire quelque temps après dans le désert de Nitrie, habi­tant un fort mili­taire abandonné.
Là, pen­dant plus de vingt ans, il subi­ra les attaques du démon qui prend l’ap­pa­rence de bêtes féroces ou sen­suelles. Ce sont les célèbres ten­ta­tions de saint Antoine. (source)

C’est dans la Thébaïde, au haut d’une mon­tagne, sur une plate-forme arron­die en demi-lune, et qu’ enferment de grosses pierres. La cabane de l’er­mite occupe le fond. Elle est faite de boue et de roseaux, à toit plat, sans porte. On dis­tingue dans l’in­té­rieur une cruche avec un pain noir ; au milieu, sur une stèle de bois, un gros livre ; par terre çà et là des fila­ments de spar­te­rie, deux ou trois nattes, une cor­beille, un cou­teau. à dix pas de la cabane, il y a une longue croix plan­tée dans le sol ; et à l’autre bout de la plate-forme, un vieux pal­mier tor­du se penche sur l’a­bîme, car la mon­tagne est taillée à pic, et le Nil semble faire un lac au bas de la falaise.” Extrait de La Tentation de saint Antoine de Gustave Flaubert [ver­sion de 1874]. Oeuvres com­plètes, t. IV, Conard, 1910

Jérôme Bosch et la Tentation

Le saint moine résis­tant aux assauts du mal omni­pré­sent dans le monde sen­sible est le sujet appa­rent. Le thème de la pas­sion et de la souf­france sert d’in­tro­duc­tion au thème cen­tral du trip­tyque qui traite d’une autre pas­sion : celle de la beau­té du mal. Quel contraste en effet entre les deux scènes grises et déso­lées du trip­tyque fer­mé et la splen­deur colo­rée et lumi­neuse du trip­tyque ouvert.

Triptyque fer­mé

Le trip­tyque est uni­fié par une même ligne d’ho­ri­zon, par un ciel pur que seul trouble un incen­die sur le pan­neau cen­tral et par une courbe où figurent les effi­gies du saint. Les lignes courbes de l’ho­ri­zon, des figures du saint et de la sépa­ra­tion des eaux et de la terre se pro­longent sur les trois pan­neaux et font de l’œil du spec­ta­teur le lieu de rayon­ne­ment de ce tableau. A la vision d’en­semble suc­cède cepen­dant immé­dia­te­ment une dérive irré­sis­tible de l’œil vers le détail, vers l’in­ven­taire des monstres et des créa­tures infer­nales. (Suite et source)

Vers la fin du Moyen Âge, alors que les guerres et les mala­dies font des ravages, appa­raît le culte flo­ris­sant des saints et de leurs reliques. Saint Antoine, sou­vent repré­sen­té en vieillard bar­bu, était par­ti­cu­liè­re­ment véné­ré et pro­té­geait de l’ergotisme. L’ergot est un cham­pi­gnon para­site du seigle (dont la farine sert à la fabri­ca­tion du pain) qui pro­voque une gan­grène dou­lou­reuse (appe­lée « feu de Saint-Antoine »), des hal­lu­ci­na­tions, voire des psy­choses per­çues à l’époque comme des mani­fes­ta­tions dia­bo­liques. Saint Antoine était aus­si le saint pro­tec­teur des ani­maux d’élevage et par­ti­cu­liè­re­ment du porc. Dans ce tableau, on peut repé­rer des réfé­rences à La Légende dorée de Jacques de Voragine (XIIIe siècle) qui racon­tait les ten­ta­tions du saint dans le désert d’Égypte. (source)

Pour repré­sen­ter ce fléau dia­bo­lique, Bosch délais­sa l’i­co­no­gra­phie tra­di­tion­nelle des pri­mi­tifs fla­mands auprès des­quels il s’é­tait for­mé pour inven­ter une nou­velle forme de pein­ture tout en mou­ve­ment et en ambi­guï­té et aux dan­ge­reuses simi­li­tudes – comme le recon­nut lui-même l’ar­tiste – avec les idoles des païens. Les images de Bosch appa­raissent ain­si comme des pièges ten­dus, par un enne­mi, au spec­ta­teur pour l’en­traî­ner à sa perte”. Joseph Leo Koerner

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