Fête du Christ‐Roi 26/11/2017

34ème dimanche. A

Fête du Christ‐Roi

26 novembre 2017

Ouvrons notre TV : les évé­ne­ments se bous­culent : par­mi ceux qui m’ont frap­pé hier : l’attentat meur­trier dans le Sinaï, la prière pour obte­nir la pluie dans les pays du Maghreb, la coupe Davis à Lille…les nom­breux décès par­mi nos proches jusqu’à ces tous der­niers jours.
Et puis, au début de cette fête dédiée au Christ‐Roi, nous avons chan­té : « Amour qui nous attends au terme de l’histoire…. » Le Christ‐Roi dès le départ nous met en garde : mon Royaume n’est pas de ce monde. Mon palais n’est pas fait de marbre et d’or : je frappe à la porte de votre cœur de chair pour y loger. Le Royaume de Dieu est à l’intérieur de vous. Le Temple de Dieu est saint et ce temple c’est vous ! Sur mon image de pre­mière com­mu­nion on pou­vait lire « Il a reçu pour la pre­mière fois Jésus dans son cœur. » On peut trou­ver ça un peu gen­til, léger, mais cela rejoint une intui­tion évan­gé­lique pro­fonde et cela contre­ba­lance l’image d’un sou­ve­rain ter­restre pour lequel on orga­nise en fan­fare un cor­tège triom­phal.

La fête à laquelle Jésus nous convie est une fête inté­rieure, l’hommage sin­cère d’une foi confiante, car notre Roi n’est pas un dic­ta­teur qui veut faire plier l’échine de notre intel­li­gence et de notre cœur mais un « amour qui nous attend au terme de l’histoire ». « Il faut qu’il règne, » comme le dit solen­nel­le­ment St Paul, mais qu’est ce que cela veut dire sinon que nous avons à vivre les évè­ne­ments de notre vie quo­ti­dienne, des plus insi­gni­fiants aux plus tra­giques, avec les yeux, les oreilles, le cœur, les mains et les pieds de Celui qui habite en chaque bap­ti­sé et que St Benoît appelle son très doux Seigneur.

En ce jour de la fête du Christ‐Roi nous remer­cions le Père pour l’envoi dans ce monde du roi doux et humble de cœur, né il y a 2000 ans de la Vierge Marie et dont l’incarnation se pour­suit mys­té­rieu­se­ment au fil de l’année litur­gique au béné­fice du peuple des bap­ti­sés que nous for­mons. Ecoutons à ce pro­pos l’enseignement de Maître Eckhart : Dans la per­sonne de Dieu le Fils, comme char­pen­tier de Nazareth, Dieu est entré dans la pro­fon­deur de l’âme, ce sanc­tuaire inté­rieur com­mun à tous les humains de tous les âges de l’histoire ; et depuis lors Il y est res­té.

Ce Roi que nous fêtons ne vient pas régler tous les pro­blèmes de nos royaumes ou de nos répu­bliques ter­restres que chaque géné­ra­tion a pour devoir de prendre à bras le corps : le cli­mat, la fin de vie, les ques­tions autour de la pro­créa­tion, la pau­vre­té, la faim dans le monde, sans comp­ter nos petits ou grands pro­blèmes natio­naux, urbains, domes­tiques, fami­liaux, com­mu­nau­taires… Dans l’évangile de ce jour Jésus nous dit être pré­sent per­son­nel­le­ment dans toutes ces situa­tions et nous appelle à lui prê­ter assis­tance tendre et effi­cace.

C’est un « amour qui nous attend au terme de l’histoire » et son royaume s’ébauche à l’ombre de nos croix ter­restres : mais « déjà sa lumière tra­verse nos vies »… Ce n’est donc plus le temps des démons­tra­tions spec­ta­cu­laires mais la prise au sérieux du fait que Dieu veut habi­ter au milieu de son peuple, c.à.d. en cha­cun de nous : Jésus règne sur ma vie : grâce à Lui je trouve le centre à par­tir duquel les actions les plus humbles comme les enga­ge­ments les plus ris­qués trou­ve­ront leur juste source. Jésus règne sur ma vie : grâce à lui la pleine conscience porte un nom : « Je vous envoie mon Esprit : il vous ensei­gne­ra toutes choses. » Jésus règne sur ma vie : Grâce à lui, que je sois homme ou femme, blanc ou noir, grand savant ou humble exé­cu­tant, je suis avant tout enfant de Quelqu’un à qui je peux m’adresser en toute confiance : « Notre Père qui es aux cieux, notre Abba, notre « papa » ! Enfantin, humi­liant ce voca­bu­laire ? Non : ce n’est pas autre chose que l’attitude du savant qui s’agenouille devant un brin d’herbe, recon­nais­sant que cela le dépasse.

Fête du Christ‐Roi : fête de glo­rieuse humi­li­té : mon Royaume n’est pas de ce monde : il ne se laisse pas voir : il est en nous dans la mesure où nous lui ouvrons la porte. La prière ne serait‐ce pas avant tout cela ? Une ouver­ture confiante à la lumière de Dieu tou­jours pré­sente : « Déjà sa lumière tra­verse nos vie… »
Frères et Sœurs, la lumière de Jésus notre Roi tra­verse notre écran de TV, notre jour­nal, les peines et les joies de notre quo­ti­dien. Et comme le for­mu­lait le Concile d’Orange aux pre­miers siècles de l’Eglise, cette lumière donne à tous « la douce joie de consen­tir et de croire à la véri­té de Dieu ».
Rendons grâce de rece­voir, en cette Eucharistie, Jésus, notre Roi !
AMEN !

fr. Grégoire

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