Ouverture de l’année 2017–2018 présentation du Père Martin

Discours du frère Martin, Prieur de Clerlande, pour l’année 2017–2018

OUVERTURE DE L’ANNEE 2017–2018

29 octobre 2017

Chers amis de Clerlande, le cœur habi­té par tout ce que nous avons vécu cette semaine, le départ du fr. Barnabé et du fr. Dieudonné, dans l’immense espé­rance de la Résurrection, en com­mu­nion avec toute la com­mu­nau­té des frères de Clerlande, nous nous réjouis­sons de votre pré­sence en ce jour fixé pour célé­brer les 50 ans de pré­sence des moines à Ottignies.

Dès le début, vous étiez là pour nous accom­pa­gner dans la fidé­li­té par votre pré­sence. Vous étiez là pour la célé­bra­tion domi­ni­cale, d’abord célé­brée dans ce qui est aujourd’hui le living du monas­tère, puis dans cette Eglise construite des années plus tard. Vous étiez là dans dif­fé­rents groupes de réflexion, de prière, d’animations diverses menées au sein de notre monas­tère afin qu’il devienne et demeure un lieu vivant, mys­té­rieux.

photo: fr Thibaut
Le Banc, Clerlande, 2015

Voici une année nou­velle qui s’ouvre à Clerlande. C’est un temps de grâce à un double titre : l’histoire de ces 50 ans dans la gra­ti­tude de ce qui a été vécu et l’ouverture aux années qui viennent.

Voici 50 ans, le pre­mier jour, me racon­tait le P. Frédéric, j’entends les pre­miers mots chan­tés de l’office du matin enton­né par le frère Dieudonné : « A Toi, Dieu, la louange des peuples, una­nime la louange des peuples. » Sa voix chaude et pro­fonde ouvrait l’office des Laudes en fran­çais pour la pre­mière fois. Nouvelle étape monas­tique qui ne se vou­lait pas un calque de ce qui avait pré­cé­dé mais habi­té par la créa­ti­vi­té et par la tra­di­tion. Dès le début, dans les pre­mières Lettres d’Ottignies, rédi­gées par les frères Frédéric et Dieudonné, la com­mu­nau­té nais­sante a vou­lu s’inscrire dans la tra­di­tion des pre­mières com­mu­nau­tés chré­tiennes décrites dans les Actes des Apôtres. Elle était atten­tive aux évè­ne­ments quo­ti­diens vécus dans un bon­heur pro­fond. Et ce bon­heur, même face à l’imprévu, se com­mu­ni­quait comme si nous pou­vions déjà anti­ci­per la venue du Royaume de Dieu. C’était chaque jour un appel à retrou­ver une sim­pli­ci­té pre­mière, à se renou­ve­ler, à se dépas­ser, voyage inté­rieur et pro­me­nade joyeuse ouverte sur l’inconnu de Dieu.

Dans cet esprit sont nées, la revue Art d’Eglise diri­gée par le Fr. Frédéric ; les tra­vaux consi­dé­rables menés par le Fr J. Dupont sur le NT ; les Missels et leurs com­men­taires rédi­gés sous la plume des fr. Romain, Robert Gantoy, Dieudonné et Jean‐Yves et éga­le­ment la revue « Communautés et Liturgies » qui s’adressait prin­ci­pa­le­ment aux res­pon­sables de la Pastorale. Dans un autre domaine, le fr. Pierre fut et reste encore de nos jours un pion­nier et une réfé­rence dans le Dialogue Interreligieux Monastique (DIM).

L’an pro­chain, notre fon­da­tion de Mambré à Kinshasa fête­ra 40 ans d’existence. De nom­breux frères y ont vécu et appor­té leur contri­bu­tion à la réa­li­sa­tion de nom­breux pro­jets. Plusieurs ont connu les trois étapes qui ont jalon­né l’histoire mou­vante de la RDC. Nous construi­sions le monas­tère au moment même où la ville était pillée et sac­ca­gée ! Le fr. Simon que nous fêtions hier fut témoin de ces évè­ne­ments. Le P. François fut long­temps le Prieur de la com­mu­nau­té, le fr. Damien, si dévoué à Clerlande aidé du fr. Christian, par­cou­rait les Centres de san­té de Kinshasa, les frères Gilbert, Pistil, Luc‐François prirent la relève avant le sou­tien que nous appor­ta le monas­tère de Kappadu en Inde à tra­vers la pré­sence du Fr. Clément, Prieur depuis cinq ans, les frères Biju et Thomas qui per­mirent la refon­da­tion et le déve­lop­pe­ment de Mambré et de Mongata. Moi‐même, je fus élu pré­sident de l’Alliance Inter Monastère durant 16 ans, orga­ni­sa­tion qui sou­tient plus de 350 monas­tères à tra­vers le monde.

Aujourd’hui Clerlande, la beau­té du site, le silence des bois, le recueille­ment de la cha­pelle nous invitent à l’adoration, à l’action de grâce, Cette prière s’exprime dans les Laudes de chaque matin et dans les Vêpres du soir. Ces chants de louange et d’intercession sont habi­tés par l’émerveillement et la paix qui se nouent dans l’Eucharistie quo­ti­dienne. C’est le fr. Grégoire qui en est le maître de chœur. Notre litur­gie s’exprime aus­si à tra­vers la célé­bra­tion domi­ni­cale et les dif­fé­rents temps litur­giques. Grâce au fr. Matthieu et au fr. Sheen, le pain eucha­ris­tique et la déco­ra­tion flo­rale sont assu­rées. Tout ceci consti­tue un tré­sor qui nous concerne tous et nous sommes les gar­diens à titres divers…Notre fr. Yves de Patoul veille avec atten­tion à l’entretien de notre envi­ron­ne­ment et de la bonne ges­tion de nos finances.

Au début de cette année nou­velle, conscients de nos fra­gi­li­tés et de nos limites, conscients aus­si de votre sou­tien si cor­dial, nous pour­sui­vons notre route, tour­nés vers l’avenir. L’avenir du patri­moine monas­tique et spi­ri­tuel, mys­tique et théo­lo­gique dans lequel Clerlande s’inscrit et qui repose entre les mains de Dieu, les vôtres, les nôtres. Chaque jour est neuf et il nous est bon, avec vous, de faire face à ce qui nous est deman­dé dans une volon­té de nous ouvrir hum­ble­ment à des pers­pec­tives nou­velles et, espérons‐le, sal­va­trices. Il y a lieu de ras­sem­bler nos forces, de fédé­rer nos bonnes volon­tés, tout en res­pec­tant la vie des moines et la grande diver­si­té des hôtes qui nous fré­quentent.

Je vous pro­pose de mettre cette année 2017–2018 sous le signe de la béné­dic­tion. Comme l’exprime si bien Saint Paul au début de son Epître aux Ephésiens : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ : il nous a bénis de toute béné­dic­tion spi­ri­tuelle dans les cieux en Christ. Il nous a choi­sis en lui avant la fon­da­tion du monde pour que nous soyons saints et irré­pro­chables sous son regard, dans l’amour » Eph. 1. 3–4.

Saint Paul sou­ligne que tout vient d’en haut, de notre Père des cieux, confiant à Dieu les signes qui nous seront don­nés. Puissions‐nous les accueillir cha­cun, cha­cune, comme des béné­dic­tions.
Dans les pers­pec­tives qui sont les nôtres et que j’avais déve­lop­pées l’an der­nier, je vous rap­pelle quelques pôles essen­tiels.

Cler­lande est un lieu de res­sour­ce­ment et d’échanges sans cesse à réin­ven­ter. L’accueil des hôtes, reçus comme le Christ, expli­cite la Règle béné­dic­tine (RB 53), occupe une place impor­tante. Beaucoup des groupes atta­chés au monas­tère par­tagent un ensei­gne­ment et une for­ma­tion mutuelle à tra­vers l’échange autour d’un livre choi­si, d’un texte biblique ou encore d’un témoi­gnage de vie. Plusieurs frères par­ti­cipent à des groupes de for­ma­tion sur un plan ecclé­sial (groupes de foyers, de retraite, de caté­chèse) ; sur un plan œcu­mé­nique ; à tra­vers un dia­logue inter­re­li­gieux et des actions axées sur un plan social.

Plusieurs d’entre vous sont enga­gés dans la cho­rale de Clerlande, liée à l’eucharistie domi­ni­cale et aux grandes fêtes litur­giques. D’autres s’investissent direc­te­ment à l’accueil et à la vie du monastère…Des béné­voles sont pré­sents au maga­sin, à la librai­rie, aux soins des frères malades. Un groupe effi­cace autour de leur pré­sident Thierry Donck forme l’asbl Alliance pour un Développement Durable (ADD) gérant les pro­jets de notre fon­da­tion de Mambré à Kinshasa.

Enfin, citons tous ceux qui prennent en main les « Ateliers de Clerlande » et les concerts qui s’y donnent. Le P. Jean‐Yves, notre Prieur décé­dé, avait orga­ni­sé des concerts liés au temps litur­gique. Cette année, trois concerts auront lieu à l’approche de Noël, de Pâques et de la Pentecôte. Sous la direc­tion de deux chefs d’orchestre, Bernard Woltèche et Thomas Van Haeperen, nous avons pri­vi­lé­gié de jeunes orchestres en for­ma­tion. Cécile Nève et le fr. Thibaut ont bien vou­lu prendre la res­pon­sa­bi­li­té de l’organisation. Nous avons encore besoin de votre sou­tien pour leur dif­fu­sion. Le pre­mier concert cen­tré sur la musique baroque aura lieu ce ven­dre­di 15 décembre à 20H. Les tickets seront en pré­vente au maga­sin. Je vous rap­pelle éga­le­ment notre mar­ché de Noël tra­di­tion­nel qui se tien­dra le W‐E du 25/26 novembre à la petite mai­son sous la res­pon­sa­bi­li­té du fr. Emmanuel.

Nous accueillons par ailleurs plu­sieurs groupes se réunis­sant à Clerlande pour dis­cer­ner com­ment agir en chré­tien dans la socié­té d’aujourd’hui : bioé­thique, han­di­caps (Centre W. Lennox), soi­gner autre­ment, soins pal­lia­tifs (Pallium), l’éducation et l’enseignement. D’autres touchent la pleine conscience, le yoga, le Taïchi, le zen, l’ostéopathie…Enfin, nous avons libé­ré la mai­son qui nous appar­tient dans la rue du Blanc‐Ry pour accueillir des réfu­giés.

La « fra­ter­ni­té de Clerlande », en lien avec les fra­ter­ni­tés du Parvis à Lille ani­mées par le P. Raphaël, ont le sou­hait de décou­vrir davan­tage « la spi­ri­tua­li­té de Clerlande ». Leur objec­tif prin­ci­pal est de se nour­rir de la tra­di­tion béné­dic­tine, de se mettre au ser­vice de la com­mu­nau­té pour deve­nir par­te­naire et réflé­chir en com­mu­nion avec la com­mu­nau­té à l’avenir de Clerlande. Nous aurons l’occasion de les entendre se pré­sen­ter eux‐mêmes afin que nous puis­siez mieux les connaître et les recon­naître.
Ils s’occupent de l’organisation des « six dimanches autre­ment » qui, cette année, tour­ne­ront autour de dif­fé­rents thèmes : l’écoute, l’accueil, la prière, l’humilité, l’obéissance et la per­sé­vé­rance en Dieu : che­min d’humanité, sans cesse à redé­cou­vrir à tra­vers la tra­di­tion monas­tique.

Proches de nous, les oblats du monas­tère consti­tuent en quelque sorte « le tiers ordre béné­dic­tin ». Ils sont peu nom­breux. Dans la vie quo­ti­dienne de Clerlande, Marc est un frère oblat régu­lier et Donald oblat sécu­lier. Tous deux sont des frères d’un grand sou­tien. D’autres prient en com­mu­nion avec nous et se réunissent de temps à autre.

Nous avons nos moyens de com­mu­ni­ca­tion : Clerlande‐info, tenu par notre Fr. Yves Leclef, Philippe Roukens et Olivier Parion pour la mise en page ; une bro­chure annon­çant les ate­liers de Clerlande qui se déve­loppent au fil de l’année par les frères Bernard et Thibaut. Ce der­nier orga­nise aus­si notre site‐internet.

Conclusion : Que devient Clerlande au fil des jours ?

Notre his­toire com­mu­nau­taire est insé­pa­rable de l’histoire de la spi­ri­tua­li­té monas­tique qui plonge ses racines dans l’Evangile et dans la vie des pre­mières com­mu­nau­tés chré­tiennes (Actes 2. 42–46). Ces com­mu­nau­tés habi­tées par le souffle de l’Esprit Saint (Pentecôte) ont vu naître le pre­mier mona­chisme des moines d’Egypte, leurs paroles de vie (Apophtegmes), des tra­di­tions qui se sont épa­nouies avec saint Benoît.

Avec le sou­tien de l’Esprit de Dieu, il nous est deman­dé en cette année 2017–2018 de nous relier davan­tage à nos racines dans une pers­pec­tive nou­velle et créa­trice. Il nous est bon de res­ter fixé au tronc qui est le nôtre et en même temps de res­ter ouvert à ceux et celles qui veulent se gref­fer ou se rap­pro­cher de cet arbre que repré­sente la tra­di­tion monas­tique.

Ce sont les frères et les fidèles de Clerlande qui font vivre aujourd’hui ce lieu béni de Dieu. Prenons conscience de cette vita­li­té si fra­gile qui repose entre ses mains, les nôtres et aus­si les vôtres.
En tant que prieur de la com­mu­nau­té je fais appel à votre sou­tien et déjà vous en remer­cie.

P. Martin , Prieur de Clerlande.

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