Fête de saint André 30/11/2017

Jeudi 30 novembre 2017

Fête de saint André

Introduction

Mes sœurs, mes frères,
C’est aujourd’hui, jour de fête, jour de joie. La fête de St André, apôtre, premier‐appelé, patron de notre monas­tère nous concerne tous :
• À com­men­cer par ceux et celles qui portent le nom d’André dont cer­taines sont par­mi nous ;
• Ensuite cha­cun des frères de notre com­mu­nau­té, cha­cun avec ses joies, ses épreuves, ses com­bats inté­rieurs. Le P. Clément que j’ai enten­du ce matin et Mambré se joignent à nous, de même le P. Reggy, nos frères malades ou absents.
• La tra­di­tion monas­tique, nos frères à Zevenkerken Bruges, et Valyermo en Californie célèbrent en ce jour le même patron.
• Sans oublier nos moines défunts, nos familles et amis et plus encore une longue tra­di­tion monas­tique qui court jusqu’à la révo­lu­tion fran­çaise et trouve sa source en 1111 à Antioche ;

Je revien­drai dans mon homé­lie sur quelques aspects de la vie de St André, dont le nom nous invite au cou­rage et à la per­sé­vé­rance. Notre frère Jean‐Yves y a trou­vé l’appel de sa propre voca­tion en enten­dant les paroles de Jésus : « Venez der­rière moi, je vous ferai pêcheurs d’homme ». Pour un bre­ton, né au bord de la mer, ces paroles avaient un sens encore plus pro­fond.

Le frère Jean‐Yves Quellec

André avec Simon, tous les autres et nous‐mêmes, ont lâchés leurs filets et ont pris la route du Seigneur invi­sible et pré­sent. Saint André a tenu jusqu’au bout. Il a endos­sé la Croix de son Seigneur en lâchant tout.
​Il a été proche par un sup­plice sem­blable et plus encore par une confi­gu­ra­tion d’amour. Là est le secret de son par­cours et de sa vie.
Nous tous, moines et amis de Saint‐André de Clerlande, tour­nons nous vers la Croix et essayons de lui res­sem­bler en aimant davan­tage.

Homélie

Saint André, dis­ciple de Jean‐Baptiste, est deve­nu le patron de l’Eglise de Constantinople, comme Pierre l’est de celle de Rome. Il est lié par­ti­cu­liè­re­ment à notre monas­tère et à l’abbaye de saint André à Bruges dont Clerlande est issu.

Église des Saints-Apôtres, Constantinople

En ce jour, il ravive notre foi en Jésus, comme l’exprime si bien saint Paul dans l’épître aux Romains : « Si tu affirmes de ta bouche que Jésus est le Seigneur, si tu crois de tout ton cœur que Dieu l’a res­sus­ci­té d’entre les morts, alors tu seras sau­vé ». Rom 10. 9.

Notre vie peut être habi­tée par l’angoisse, la crainte du temps qui s’écoule trop vite, la mala­die, la mort tou­jours pré­sente au milieu de nous. Nous pre­nons conscience d’un manque, voire même de tris­tesse et de décou­ra­ge­ment. Saint André nous invite à l’éveil inté­rieur et à aimer davan­tage l’appel de Jésus que nous avons enten­du il y a bien des années. En effet, quand Jean‐Baptiste dont il était le dis­ciple, dési­gna en Jésus « Voici L’Agneau de Dieu », il sui­vit Jésus et ne le quit­ta plus. Protoklètos, c’est le pre­mier dis­ciple à suivre Jésus, le pre­mier à répondre à son appel.

C’est un homme de rela­tion, atten­tif aux situa­tions et aux per­sonnes ren­con­trées. Il pré­sente son frère Simon à Jésus. Lors de la mul­ti­pli­ca­tion des pains, il amène à Jésus le jeune gar­çon por­tant cinq pains et deux pois­sons. Lorsque des grecs veulent ren­con­trer Jésus c’est encore à lui qu’ils s’adressent. L’appel de Jésus qui passe par Jean‐Baptiste est un appel émou­vant, car il ouvre la voie à la créa­tion du groupe des 12 Apôtres et par là à la mis­sion qui leur sera confiée dans l’Eglise pour le salut de l’humanité. De plus, ce choix du pre­mier appe­lé est un signe révé­lant la conni­vence qui reliait Jean‐Baptiste à Jésus, l’ami de l’époux qui se tient là et écoute. La voix de l’époux le comble de joie, écrit St Jean (Jn 4. 30).

La fête de ce jour est pour nous un jour de grâce, sus­ci­tant davan­tage notre adhé­sion à la voca­tion qui est la nôtre, à ne rien pré­fé­rer à l’amour du Christ. Rappelons‐nous l’appel qui nous a conduit ici, ensemble, sur ce che­min mys­té­rieux de la foi. Cet appel enten­du, reçu, est lié aus­si à ceux et celles, dans nos familles et nos rela­tions, qui nous ont conduit vers ce choix, pré­pa­rant les che­mins du Seigneur. Cette fête anti­cipe de quelques jours notre entrée dans l’Avent, ce temps du long désir, ce temps qui nous pré­pare à la ren­contre de l’Enfant-Dieu, l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde et les nôtres.

Après la Pentecôte, la tra­di­tion rap­porte qu’André a été l’évangélisateur des peuples qui bordent la Mer Noire, puis la Mésopotamie, la Bithynie (la côte turque), Ephèse, la Thrace, la Crimée, Byzance, le nord du Péloponnèse, en Achaïe où il fut cru­ci­fié à Patras en l’an 60 sous Néron.

Ses reliques comptent par­mi les plus impor­tantes dans la basi­lique Saint‐Pierre de Rome. Le Bernin construi­sit une des quatre logias autour du chœur de la basi­lique pour la conser­ver. Finalement, elles furent ren­dues en grande par­tie à l’Eglise de Grèce dans les années 1960–1970. Ainsi, le Pape Paul VI créa la sur­prise, en res­ti­tuant son crâne à l’Eglise de Patras.

Si cette fête peut réveiller notre foi en son­geant à l’appel reçu de Dieu, elle nous rap­pelle aus­si que cha­cune de nos vies enga­gées à la suite du Christ passe par la croix et nous ouvre à une immense com­pas­sion pour les autres, à une com­mu­nion.

Pierre et André, deux frères de sang, deux gali­léens pêcheurs, sont repré­sen­tés sur des icônes comme deux frères qui s’embrassent, l’Eglise latine et l’Eglise d’Orient. Rappelez‐vous, le Pape Paul VI et le patriarche Athénagoras se sont embras­sés à Jérusalem le jour de l’Epiphanie 1964. Pierre et André deviennent ain­si le sym­bole de la marche vers l’unité des Eglises sœurs d’Orient et d’Occident. Que cette fête ren­force aus­si notre com­mu­nion fra­ter­nelle, à tra­vers les épreuves ren­con­trées, qu’elle nous réjouisse de cette pré­sence qui nous accom­pagne chaque jour dans le mys­tère eucha­ris­tique que nous célé­brons.

Fr. Martin

Image : “Saint‐André”, Détail d’un frag­ment du tom­beau de saint Lazare, vers 1160, Muséen Rolin, Autun

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