4è Dimanche de Carême

Homélie du 11 mars 2018

4è Dimanche de Carême

Notre marche devient autre. En ces jours, nous sommes appe­lés à renouer avec le Seigneur en ayant confes­sé notre péché, une nou­velle rela­tion peut s’ins­tau­rer entre Lui et nous… Jean revient sur ce moment qui s’offre à cha­cun de nous, contem­pler le Christ en Croix, lui par­ler en véri­té. Pour cela, il aborde trois dimen­sions à consi­dé­rer toutes ensemble : l’é­lé­va­tion propre du Christ en se réfé­rant au ser­pent de bronze cause du salut dans le désert, la volon­té d’a­mour du Père ain­si que notre propre atti­tude, qui se joue dans notre propre rap­port à la véri­té. Rien ne peut se pas­ser sans l’é­lé­va­tion du Christ, rien ne peut se pas­ser sans le pro­jet d’a­mour du Père, rien ne peut se pas­ser sans ma libre impli­ca­tion. Comprendre ain­si la situa­tion m’aide à aller vers le che­min de vie.
Ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit éle­vé ” Le ser­pent a été éle­vé par des mains humaines, Jésus le sera aus­si sur la Croix par d’autres mains humaines, celles des juges, des bour­reaux, mais ces actions exté­rieures vont de pair avec une pro­fonde évo­lu­tion inté­rieure. Jésus dans sa liber­té humaine, dans son deve­nir humain doit consen­tir au che­min, le consen­te­ment qui se nour­rit de l’a­mour du Père envers lui ain­si que de son amour envers le Père, va le trans­for­mer, le rendre capable de s’ou­vrir encore plus, de pou­voir accueillir, aider, conte­nir cha­cun. Il devient capable d’une qua­li­té d’ac­cueil renou­ve­lée. Vivant tout de notre vie à l’ex­cep­tion du péché jus­qu’à la mort, sur la Croix, mort injuste, il se rend soli­daire de cha­cun de nous, capable de nous rejoindre, de nous don­ner de deve­nir autre… L’Eglise va nous pro­po­ser de suivre dans les jours qui viennent le che­min d’a­mour du Fils allant vers sa Passion. Ce che­min devient pour nous un exemple, afin de consen­tir à notre propre vie, à recher­cher la véri­té, l’au­then­ti­ci­té… Son che­min devient capa­ci­té de chan­ge­ment du nôtre, mise en œuvre la plus pro­fonde de la soli­da­ri­té qui régit le genre humain.
Dieu a tant aimé le monde qu’il a don­né son Fils unique ” Mais rien de ce qui se fait ne se serait fait, si d’a­bord il n’y avait ce dia­logue entre le Fils Incarné et le Père, si le Père ne l’a­vait deman­dé au Fils, en lui deman­dant cette mani­fes­ta­tion de leur amour pour aller aux autres, aux hommes, à nous, à moi et mani­fes­ter ain­si l’a­mour dont Ils nous aiment. Dans ce mou­ve­ment, aucun juge­ment, une seule inten­tion : mani­fes­ter plei­ne­ment ce qui est l’a­mour qui leur a don­né de nous créer, l’a­mour qui ne renonce pas à notre aban­don, à notre per­di­tion… l’a­mour qui se donne jus­qu’à l’a­ban­don… un amour véri­table parce qu’il donne tout, il se donne inté­gra­le­ment. Cette avan­cée est un foyer qui éclaire et réchauffe, qui montre un che­min, indique un salut. L’amour dans son aban­don montre qu’il demeure le même, que rien de la haine, de l’a­ban­don ne peut le détruire, le faire défier. Il se mani­feste comme fiable et nous rend capables de croire que cet amour est encore pour nous mal­gré tout ce que nous avons fait, que nous pou­vons renouer avec Lui.
Celui qui agit selon la véri­té vient à la lumière ” Voilà la situa­tion dans laquelle nous sommes, bien au-delà de la per­cep­tion que nous en avons, per­cep­tion mar­quée par notre propre sen­si­bi­li­té. En ces jours, il m’est aus­si deman­dé de me détour­ner de ma manière de voir, pour regar­der la mani­fes­ta­tion de l’a­mour, de faire comme le fai­sait l’hé­breu dans le désert, regar­der Celui que nous avons trans­per­cé, de ce regard peut naître en moi une nou­velle parole, une nou­velle confiance, la capa­ci­té d’al­ler à Lui, sans rien cacher de mes actes, des mes pen­sées, de mon cœur malade et inca­pable d’a­mour… De ce regard, je puis sen­tir en moi la capa­ci­té de dire ce qui est sim­ple­ment, de recon­naître que je suis dans l’er­reur, et ain­si d’al­ler à la véri­té, aller à la lumière… Le che­min du Seigneur abou­tit pour cha­cun de nous à la pro­po­si­tion de ce dia­logue entre lui, qui est allé au bout et moi dans ma contra­dic­tion. Une simple parole de ma part, un simple mou­ve­ment et tout rede­vient pos­sible, la nou­veau­té peut rani­mer mon être, me don­ner la capa­ci­té d’ai­mer de manière neuve.
Aujourd’hui, je suis appe­lé..

fr. Yves de Patoul

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