Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ?

Oui, mes sœurs, mes frères, tel est bien l’appel que nous adresse l’Évangile : en appre­nant à connaître inti­me­ment Jésus, par la prière et le ser­vice, nous pou­vons en quelque sorte échan­ger avec lui, comme avec un ami ou avec notre propre sœur, notre mère ou notre frère. Nous pou­vons ‘entrer dans sa pen­sée’, comme dit saint Paul, et voir de façon nou­velle com­ment réa­li­ser aujourd’­hui sa volon­té pour ce monde, com­ment L’aider à le sau­ver, puisque nous sommes deve­nons réel­le­ment ses plus proches.

Dans ce contexte, je vou­drais reve­nir un moment aux exi­gences radi­cales que Jésus demande à ceux qui veulent le suivre. Parce que la conni­vence fra­ter­nelle ou mater­nelle avec le Seigneur nous per­met de mieux situer ces exi­gences dans leur contexte. Le renon­ce­ment et la rup­ture ne sont pas les seules issues d’une ren­contre avec le Maître. Nous voyons en effet dans les évan­giles qu’en cer­tains cas, comme avec Matthieu, Jésus dit seule­ment : « Suis-moi ! », et celui-ci aban­donne tout ; mais ailleurs, avec Nicodème, il échange sim­ple­ment et il l’invite à conti­nuer sa recherche. D’une part, à un pas­sant qui demande à le suivre, il répond : « une fois la main à la char­rue, il ne faut plus se retour­ner pour regar­der en arrière », mais, d’autre part, au pos­sé­dé géra­sé­nien qu’il a gué­ri et qui veut aller avec lui, il dit : « Retourne plu­tôt chez toi pour annon­cer aux tiens les bien­faits de Dieu ». C’est ain­si qu’il pour­ra au mieux aider Dieu.

Dans notre vie il y a éga­le­ment des moments où nous devons consen­tir à des renon­ce­ments et par­fais même à des rup­tures, mais à d’autres, il nous est deman­dé de conti­nuer notre che­min dans la gra­ti­tude. Saint Paul nous recom­mande : « Soit que vous man­giez, soit que vous buviez, faites tout pour la gloire de Dieu »,

Oui, c’est ain­si que nous pou­vons por­ter Dieu au monde d’aujourd’hui, par notre ami­tié, par le ser­vice ren­du avec joie, par un accom­pa­gne­ment atten­tion­né sur les che­mins de la vie. Comme une mère donne nais­sance à un enfant, nous pou­vons de cette façon ‘mettre au monde’ notre Dieu.
Un poète alle­mand du XVIIème siècle, Angelus Silesius, allait même jusqu’à écrire :

Que l’Esprit me recouvre de son ombre, comme Marie,
et que je sois enceint de Dieu,
pour que je fasse réel­le­ment vivre Dieu en mon âme

Ne contre­di­sons donc pas le Christ qui nous invite à être sa mère. Car aujourd’­hui encore, « il par­court du regard ceux qui sont autour de lui et il nous demande : ‘Qui est ma mère, qui sont mes frères ? » Si nous répon­dons : « Me voi­ci ! », nous ver­rons com­ment, dans sa ten­dresse, le Seigneur nous accom­pagne sur notre che­min. Comme le dit encore saint Benoît, quoi de plus doux, mes frères bien-aimés, que cette voix du Seigneur qui nous invite ?

Fr. Pierre

Image :Giovanni Bellini, Presentation Au Temple, 1460-64,

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