Homélie du 26è dimanche T.O (B)

Admi­rons la réponse de Moise a Josué : serais‐tu jaloux pour moi ?…Comme je vou­drais que tous pro­phé­tisent ! Contre le point de vue res­tric­tif repré­sen­té par Josué, Moise adhère au pro­jet de Dieu qui sus­cite libre­ment des pro­phètes sans se lais­ser enfer­mer dans des ins­ti­tu­tions humaines . Dieu n’est pas sou­mis au contrôle humain ; il se mani­feste ou il veut, lais­sant une place a l’imprévu et a l’innovation.

Dans l’Évangile, Jésus dit : “cet homme qui chas­sait les démons (le mal) agit bien selon l’Esprit de Dieu et de l’Évangile même s’il ne fait pas par­tie de notre groupe”. Ainsi, il nous dit que le chré­tien n’a pas le mono­pole du”bien agir” ! L’important est de lut­ter contre le mal, de libé­rer l’homme ! Réjouissons‐nous que d’autres que nous le font aus­si, même s’ils n’ont pas l’étiquette “catho”. Réjouissons‐ nous, l’Esprit est par­tout !

L’intervention de Jean, par­lant au nom des dis­ciples, inter­rompt les paroles de Jésus sur l’attention aux plus petits et révèle a nou­veau une diver­gence fon­da­men­tale entre le point de vue de Jésus et celui des dis­ciples. Jésus vient de leur expli­quer, geste sym­bo­lique a l’appui, que la rela­tion a sa per­sonne et le che­min vers Dieu passent par l’accueil des plus petits.

Confrontes a une situa­tion qui aurait pu être une occa­sion de pra­ti­quer l’accueil, les dis­ciples penchent pour le rejet. Selon leur rai­son­ne­ment, l’appartenance a leur groupe est requise pour agir au nom de Jésus (il n’est pas de ceux qui nous suivent).

En quelque sorte, ils se posent en ges­tion­naires du pou­voir attache au nom de Jésus.

Leur réac­tion néga­tive est sem­blable a celle de Josué (dans la pre­mière lecture)voulant empê­cher Eldad et Medad de pro­phé­ti­ser. Comme lui, ils donnent la prio­ri­té au lien ins­ti­tu­tion­nel. Comme lui, ils reçoivent une leçon de tolé­rance et d’ouverture qui garde sa vali­di­té au delà du contexte immé­diat de la scène racon­tée. Car pour Jésus, c’est la dis­po­si­tion envers sa per­sonne qui compte d’avantage que l’appartenance au groupe.

Pour les ame­ner a voir la situa­tion autre­ment, Jésus retourne le sce­na­rio. Eux mêmes pour­raient être de ceux qui sont accueillis au nom de leur appar­te­nance au Christ. Celui qui leur don­ne­ra un verre d’eau en signe d’accueil, “aura sa récom­pense”. En d’autres termes, il aura part au salut, même s’il est exté­rieur a la com­mu­nau­té.

La deuxième par­tie du pas­sage renoue avec le thèmes des “petits. C’est vers eux que se tourne avec pré­di­lec­tion la sol­li­ci­tude de Jésus et de son Père. C’est donc aus­si a eux que le dis­ciple de Jesus doit être par­ti­cu­liè­re­ment atten­tif.

L’évangeliste pense sans doute a sa com­mu­nau­té dans laquelle des croyants plus faibles, en qui la parole n’a pas encore suf­fi­sam­ment pris racine, sont d’avantage expose au doute. La mise en garde s’adresse a tous ceux qui seraient ten­tés de ne pas ména­ger leur sen­si­bi­li­té et de deve­nir pour eux une occa­sion de chute.

Merci Seigneur, pour ta parole qui nous invite a révi­ser nos juge­ments sur ceux qui ne font pas par­tie de nos com­mu­nau­tés ou groupes. Merci pour ta parole qui nous met en garde contre des pièges qui nous menacent tous… repérons‐les !

Fr Reggie

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