3ème dimanche T.O. C (2019)

Dimanche 27 jan­vier 2018

3ème dimanche T.O. C (2019)

Luc 1,1–4 ; 4,14–21

Introduction

C’est aujourd’hui le 3ème dimanche du temps ordi­naire, mais cette eucha­ris­tie sera un peu spé­ciale, d’autant plus que c’est un dimanche autre­ment ! Elle a en effet été pré­pa­rée par des membres des Fraternités de Clerlande, dont je fais par­tie. L’homélie sera par­ta­gée entre Philippe Grévisse et moi‐même, tan­dis que la prière uni­ver­selle a été rédi­gée par Anne‐Marie et Jean‐François Grimmiaux. L’assemblée de Clerlande sera donc plus concrè­te­ment active ce dimanche.

Mardi pas­sé nous avons médi­té en Fraternité sur les textes de la messe, en par­ti­cu­lier l’évangile, qui est selon saint Luc, comme durant toute cette année. Aujourd’hui nous serons invi­tés à entrer dans le mou­ve­ment qui porte toute la Bonne Nouvelle. On y entend que Jésus y fait une pre­mière inter­ven­tion publique dans la syna­gogue de Nazareth, et, dit le texte « tous avaient les yeux fixés sur lui ». Nous aus­si, por­tons toute notre atten­tion sur le mes­sage qui nous est don­né et com­men­çons par nous recueillir dans la prière

Homélie

Pierre

« En ce temps‐là » ces mots ont été ajou­tés au texte de l’évangile. Pourquoi ? Je ne sais pas. Ce qui nous inté­resse, ce n’est pas tant ce qui se passe en ce temps‐là, mais ce qui se passe en ce temps‐ci. Quand Jésus parle à la syna­gogue de Nazareth, il dit : « Aujourd’hui », c’est aujourd’hui que se réa­lise la pro­phé­tie d’Isaïe. Et nous aus­si, si nous sommes ras­sem­blés ici, dans la cha­pelle de Clerlande, c’est pour accueillir l’aujourd’hui de Dieu : nous vou­lons réa­li­ser aujourd’hui l’annonce de l’évangile que Jésus pro­cla­mait jadis. Laissons‐nous donc gui­der par l’évangéliste Luc, le fidèle ‘ser­vi­teur de la Parole’ (comme il se défi­nit), pour que l’appel de Jésus nous atteigne dans notre vie d’aujourd’hui.

Philippe

Nous avons déjà enten­du com­ment le bap­tême de Jésus au Jourdain a été un évè­ne­ment déter­mi­nant de la vie du Christ. Après 30 années pas­sées dans la dis­cré­tion, il y reçoit la confir­ma­tion, ou la révé­la­tion, qu’il est le Fils bien‐aimé de Dieu, engen­dré par Lui et que le Messie atten­du par le peuple, c’est bien Lui ! Il a sen­ti l’Esprit de Dieu des­cendre sur lui et 40 jours au désert Lui ont per­mis de bien per­ce­voir l’esprit de sa mis­sion, tour­née d’abord vers les plus pauvres, les malades, les pri­son­niers de toute sorte, les lais­sés pour compte…et même les païens ! Quittant le désert, il s’est mis en route, en gué­ris­sant les malades et han­di­ca­pés, en libé­rant les pri­son­niers et en annon­çant une Bonne nou­velle. Et lorsqu’il arrive en Galilée, sa répu­ta­tion de fai­seur de miracles l’a pré­cé­dé.

Et Jésus de pro­cla­mer solen­nel­le­ment devant les siens : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, le Seigneur m’a choi­si et consa­cré par l’onction. Il m’a envoyé por­ter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annon­cer aux pri­son­niers qu’ils sont libres et aux aveugles qu’ils ver­ront la Lumière, appor­ter aux oppri­més la libé­ra­tion et annon­cer une année de bien­faits » Lorsqu’il s’arrête de lire et referme le livre, « Tous ont les yeux fixés sur Lui ». Et Jésus fait son coming‐out : il affirme pour la pre­mière fois que c’est bien lui que les écri­tures annoncent : « Cette parole de l’Ecriture, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit ».
Lorsque quelque temps plus tard, Jean Baptiste se met à dou­ter et envoie ses dis­ciples deman­der à Jésus s’il est bien celui qui doit venir, Jésus répon­dra par la même iden­ti­fi­ca­tion à des faits concrets : « Allez rap­por­ter à Jean ce que vous voyez et enten­dez : les aveugles retrouvent la vue, les boi­teux marchent, les lépreux sont puri­fiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent…et la Bonne Nouvelle est annon­cée aux pauvres. »

C’est aujourd’hui aus­si, ce 27 février 2019, que si nous le vou­lons, cette Parole de l’Ecriture s’accomplit, ici à Clerlande, pour nous, en cha­cun de nous et aus­si à tra­vers cha­cun de nous.
Jésus parle, rem­pli de la puis­sance de l’Esprit. Dans le silence du cœur et du désert, IL a lon­gue­ment médi­té la Parole pour y dis­cer­ner ce que Dieu atten­dait de lui. La parole l’a nour­ri, parce qu’elle a ali­men­té une rela­tion de plus en plus per­son­nelle avec son Dieu, son Père. La parole l’a envoyé, et en lui, à tra­vers lui, cette parole s’accomplit pour l’humanité entière.

Chacun de nous aus­si, nous avons été bap­ti­sés, avons reçu l’onction et sommes rem­plis de l’Esprit. Encore faut‐il prendre le temps pour rumi­ner la Parole, jusqu’au cœur de nos sou­cis et de nos fai­blesses, pour prier et dis­cer­ner en quoi cette parole peut aujourd’hui m’ouvrir les yeux, me remettre debout et en marche, me libé­rer de tout ce qui m’enchaîne et m’opprime ? Laisser la parole s’accomplir en moi, pour moi, ce peut bien sur consis­ter à la lais­ser se tra­duire au tra­vers de com­por­te­ments et d’options de vie, mais c’est d’abord une rela­tion qui se déve­loppe, se nour­rit et s’accomplit. Une rela­tion avec Dieu, une rela­tion qui me gué­rit et me libère parce qu’elle me couvre d’amour, et parce qu’elle se déve­loppe au cœur même de nos fai­blesses. Une rela­tion de plus en plus pré­sente qui fait de nos vies une prière ; une rela­tion qui met la louange au cœur de chaque, parce que nous goû­tons la Joie d’être aimé de Dieu et de savoir com­bien Il nous veut libre et heu­reux. La Bonne Nouvelle, c’est que Dieu vient s’occuper de nous, han­di­ca­pés, et veut nous rendre libres ! A plu­sieurs qui lui deman­daient une gué­ri­son, Jésus a répon­du : « Si tu le veux, sois gué­ri ! ». En nous, pour nous, aujourd’hui cette parole peut s’accomplir. Si nous le vou­lons… Mais est‐ce que nous ouvrons suf­fi­sam­ment les mains et nos cœurs pour qu’il puisse les rem­plir de sa Bonne Nouvelle ?

Car nous fai­sons bien de lire l’évangile jusqu’au bout. Nous voyons alors que, tout à fait à la fin de l’évangile de Luc, après la résur­rec­tion, le Christ dit à ses dis­ciples, en les envoyant dans le monde enter : « Vous en êtes les témoins ». Le Christ Jésus a été envoyé por­ter la Bonne Nouvelle aux pauvres, comme nous l’avons enten­du dans le pas­sage de ce dimanche, mais désor­mais, c’est nous qui sommes envoyés pour conti­nuer sa mis­sion et être, pour nos frères et sœurs en huma­ni­té, signes vivants de la ten­dresse de Dieu pour cha­cun d’eux.

Le Pape François nous invite aujourd’hui à aller d’abord, avec l’Esprit, aux péri­phé­ries de l’Eglise, là où sont les pri­son­niers, les réfu­giés, les malades, les han­di­ca­pés, les iso­lés, les moins nan­tis, les reje­tés en tout genre. Parce que nous pou­vons, nous aus­si, contri­buer à gué­rir les bles­sés de la vie, les accom­pa­gner sim­ple­ment sur leur che­min, les libé­rer, les aider à se remettre debout. Et parce que c’est nous qui déci­dons de qui nous serons le ‘pro­chain’ ! Par amour gra­tuit du pro­chain, mais sans oublier que l’on ne peut bien aimer ce pro­chain si l’on ne s’aime et ne se res­pecte aus­si soi‐même. Jésus lui‐même ne s’accordait-il pas régu­liè­re­ment du répit, pour ravi­ver dans le silence et la soli­tude sa rela­tion au Père et dis­cer­ner le che­min à prendre ?

Pierre

De fait, lors de notre réunion, en Fraternité, mar­di pas­sé, nous avons ten­té de voir, pra­ti­que­ment, com­ment « por­ter la Bonne Nouvelle aux pauvres » que nous ren­con­trons, com­ment libé­rer, com­ment don­ner. Et nous avons recon­nu qu’au-delà de notre bonne inten­tion, notre géné­ro­si­té est encore sou­vent moti­vée par des pré­oc­cu­pa­tions per­son­nelles. Nous don­nons, mais, pour une part, c’est pour rece­voir quelque chose en retour, — ne fût‐ce que l’estime de nous‐mêmes. Nous vou­lons por­ter plus de liber­té, — mais sommes‐nous vrai­ment libres ?
Oui, nous sommes constam­ment confron­tés à nos limites per­son­nelles. Vouloir à tout prix les dépas­ser avec nos seules forces ne conduit‐il pas à don­ner sans amour ? « Ce qui importe, dit le Pape dans son exhor­ta­tion apos­to­lique La Joie et l’allégresse, c’est que chaque croyant dis­cerne son propre che­min, et mette en lumière le meilleur de lui‐même, ce que le Seigneur a dépo­sé de vrai­ment per­son­nel en lui. …Et qu’il ne s’épuise pas en cher­chant à imi­ter quelque chose qui n’a pas été pen­sé pour lui »
C’est ain­si seule­ment que nous pour­rons accueillir l’Évangile aujourd’hui, et trou­ver les façons justes de l’annoncer en ce temps‐ci.

Mes sœurs, mes frères, c’est de cette manière que nous appre­nons à lais­ser Jésus agir en nous, à tra­vers nous pour que s’annonce sa Bonne nou­velle. Comme Marie, nous pour­rons alors affir­mer : L’Esprit de Dieu repose sur moi, j’exulte de joie en Dieu mon sau­veur ! Oui, c’est aujourd’hui que la parole s’accomplit !

Fr. Pierre de Béthune et Philippe Grévisse.

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