Pentecôte 2019

Dimanche 9 juin 2019

Pentecôte 2019

Je me sou­viens de l’enseignement du P. Romain divi­sant l’histoire de l’humanité en trois périodes : l’âge du Père révé­lant La Loi, les Prophètes et la venue du Messie à tra­vers le Premier Testament ; l’âge du Fils, Jésus‐Christ accom­plis­sant plei­ne­ment l’Alliance de Dieu avec les hommes lui, le Fils bien‐aimé du Père, l’Alpha et l’Omega, la Clef du Royaume des cieux et le Premier‐né d’entre les morts. Et enfin, l’Age de l’Esprit-Saint ouvrant la pleine connais­sance du mys­tère de Dieu, dans l’histoire de l’humanité, les sacre­ments et la vie par la prière.

Cette pré­sence, nous la célé­brons aujourd’hui, jour de la Pentecôte où le Souffle de Dieu renou­velle toute chose et ne cesse de mode­ler son Eglise pour une terre nou­velle et des cieux nou­veaux. Ce Souffle qui habite la Résurrection de Jésus‐Christ chasse le deuil des Apôtres, leur peur et leur angoisse et fait d’eux des Messagers de la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu.

Pierre en sera témoin jusqu’à Rome ; Paul par­court la Grèce et l’Asie mineure ; Jean va à Ephèse et à Patmos ; Thomas en Inde. Comment est‐ce pos­sible ? Après la mort du Christ, ils étaient tout peu­reux, tout trem­blants et s’enfermèrent 50 jours. Et voi­là que sou­dain, ils se mani­festent en public et réa­lisent des pro­diges. Malgré les sévices qui les suivent à par­tir de la mort d’Etienne : des arres­ta­tions, des conflits et d’autres per­sé­cu­tions. D’où vient ce retour­ne­ment com­plet ? Quel est ce Souffle dont on ne sait ni d’où il ne vient ni où il va ? « OUI, je crois en une nou­velle nais­sance. Sans que je com­prenne com­ment, je renais, et ma nou­velle nais­sance s’accomplit réel­le­ment sans que je sache com­ment, mais j’ai la convic­tion de sa pré­sence » écrit St Hilaire.

L’Esprit-Saint est une per­sonne de la Trinité. Il n’est ni le vent ni le feu ni l’eau ni la géné­ro­si­té de la Création. Si les Apôtres témoignent des éner­gies de sa pré­sence, alors lui, le Souffle divin, qui est‐il ?

L’icône de Roublev nous le pré­sente comme une pré­sence, entiè­re­ment tour­née vers Jésus‐Christ et vers le Père ; tout entier à l’écoute. Nous pou­vons l’approcher avec dou­ceur, comme on approche l’oiseau posé sur la branche en silence, comme la Shekinah, le Souffle de Dieu cou­vrant une chambre de malade. Il trans­forme, gué­rit, ouvre la Porte du Royaume dans la joie et la paix. Jésus, le Fils bien‐aimé, nous le pré­sente comme le Défenseur, source d’Unité et de Diversité. Il est par­don et misé­ri­corde devant le péché des hommes. Il est pré­sence et joie dans les épreuves. Il mani­feste cet Amour du Christ qui donne sa vie pour nous et nous appelle à le suivre.

Qu’en est‐il aujourd’hui ? Aujourd’hui, c’est lais­ser Dieu tis­ser un nou­veau tis­su social pareil à la Jérusalem céleste qui des­cend du ciel comme une épouse parée pour son Epoux.

L’amour nous sai­sit quand on regarde dans l’autre son visage, déclare Jean‐Marie Pelt. L’autre n’est pas for­cé­ment un proche, ce peut être n’importe quel incon­nu. Il nous arrive à tous d’être sou­dain tou­chés par une per­sonne incon­nue. Elle est là bles­sée, ou c’est nous qui le sommes. L’étincelle de la ren­contre, à un niveau plus pro­fond sur­git ; par­tage d’une bles­sure insup­por­table, décou­verte de l’autre dans un pays étran­ger qui s’avère si proche de nous, sou­tien dis­cret face à la mort, à une mala­die, et inver­se­ment, la joie d’une retrou­vaille, d’une nais­sance, d’un bon­heur vécu. C’est le mys­tère de la pré­sence de l’autre der­rière un visage oublié ou incon­nu. Joie, jubi­la­tion même de cette décou­verte inat­ten­due qui s’éveille en nous‐mêmes.

Un sou­rire, un geste, un ser­vice ren­du, la géné­ro­si­té est là en l’air ou enfouie dans les cœurs. La vie, lorsqu’elle jaillit spon­ta­né­ment à l’occasion d’une ren­contre inopi­née, est pleine de pro­messe. Oui, l’Esprit-Saint est là, car nous sommes de la même fra­ter­ni­té, de la même huma­ni­té. L’Église à laquelle Jésus‐Christ nous appelle à tra­vers les mul­tiples mani­fes­ta­tions de l’Esprit-Saint, c’est de refaire un tis­su social, recréer des com­mu­nau­tés humaines, rejoindre la vie de tous les jours, ouvrir notre être, nos yeux, nos paroles, nos gestes, nos cœurs.

Le Souffle de Dieu nous appelle à bâtir et rebâ­tir avec les autres le vivre‐ensemble comme une chose nou­velle, pré­mices du Royaume.

Dès lors :
Ne ces­sons pas d’appeler l’Esprit-Saint dans notre prière de chaque jour. Il est dans l’eau de notre bap­tême, dans l’onction d’huile à notre confir­ma­tion et dans le sacre­ment des malades, il fait de nous ses prêtres, il est au cœur de nos eucha­ris­ties, nous donne son Souffle de vie, sa joie et son cou­rage pour décou­vrir le rayon­ne­ment du Fils bien‐aimé et de la Gloire du Père des cieux. Mes sœurs, mes frères, invoquons‐le et une nou­velle nais­sance s’accomplira en nous, quand iI le veut et comme Il le veut.

Fr. Martin

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