Homélie du 19ème dimanche ordinaire C

Dimanche 11 aout 2019

Homélie du 19ème dimanche ordinaire C

Vous rappelez-vous que, dimanche der­nier, l’homélie se ter­mi­nait de manière assez abrupte par une mise en garde contre l’égocentrisme et un appel à la soli­da­ri­té ? Le livre de Qohélet par­lait d’un homme sou­cieux, se don­nant de la peine et en proie aux insom­nies, tan­dis que Jésus, dans l’Evangile, tra­çait le por­trait d’un fer­mier riche mais avare, ne sachant que faire de ses abon­dantes récoltes et pro­je­tant d’agrandir ses gre­niers pour sto­cker son grain !

Aujourd’hui, Jésus enfonce le clou : ne sto­ckez pas vos pro­jets de vie, ne sto­ckez pas vos sou­cis, ne sto­ckez pas vos biens…si ce n’est pour les par­ta­ger. Autrement dit : vivez sans pro­jets, sans sou­cis, sans biens !
En effet, le petit mot « sans » revient comme un refrain dans la litur­gie de la parole de ce dimanche :
« Abraham par­tit sans savoir où il allait ». « C’est dans la foi que les ancêtres sont morts sans avoir connu la réa­li­sa­tions des pro­messes. » Et enfin, le début de l’Evangile : « Sois sans crainte petit trou­peau… » Et pour­quoi, à l’approche de la fête de l’Assomption, ne ferait-on pas un clin d’œil à la Vierge Marie en rap­pe­lant la réponse de l’Ange à sa per­plexi­té : « Sois sans crainte, Marie….. » ?

C’est beau, tout cela ! me direz-vous, mais c’est comme si, des motifs de crainte, il n’y en avait pas !
Bien sûr, il y en a : chez les jeunes, face à leur ave­nir ; chez les parents appe­lés à édu­quer leurs enfants ; chez les grands malades, face à la mort annon­cée ; dans la socié­té tout près de nous et au loin : face aux défis de la tech­nique et de la numé­ri­sa­tion ; dans l’Église en plein phase de ques­tion­ne­ment, et de tran­si­tion ; dans notre com­mu­nau­té, face à la fra­gi­li­té dont vous êtes les témoins proches et ami­caux.
En pré­sence de tout cela, reten­tit la voix du Christ « Sois sans crainte, petit trou­peau ! » Cette douce et pres­sante invi­ta­tion conclut le long cha­pitre où Jésus invite à ne pas s’inquiéter pour notre vie. Non pas en recou­rant à la célèbre méthode Coué mais : « Parce que le Père sait ce dont vous avez besoin » (Luc 12,30) et encore : « Le Père a trou­vé bon de vous don­ner le Royaume » (Luc12, 32).

Il s’agit donc de prendre ou de reprendre conscience ‑n’est-pas cela , la prière ?- de la pré­sence aimante de Celui qui ne nous retire pas de nos tâches ter­restres mais nous ren­voie vers elles en nous disant : « Je suis avec toi, avec vous, vous n’êtes pas sans, vous êtes avec moi , je suis avec vous. »
Le psaume 32 que nous venons de chan­ter ne dit pas autre chose :
« Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour, pour les déli­vrer de la mort les gar­der en vie aux jours de famine.
Nous atten­dons notre vie du Seigneur il est pour nous un appui, un bou­clier. Que ton amour, Seigneur, soit sur nous, comme notre espoir est en Toi. »
Le Christ invite son Église, chaque per­sonne humaine, à trou­ver la paix auprès du Père aimant. Appuyé sur cette quié­tude fon­da­men­tale, fon­da­trice nous pou­vons ren­con­trer avec effi­ca­ci­té les besoins de nos frères humains.
Frères et sœurs, en cette Eucharistie, Jésus est notre Maître à pen­ser, à agir, à aimer. Amen !

Fr. Grégoire

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