29e Dimanche du TO C. 2019

29e Dimanche du TO C. 2019

20 octobre 2019

« Il faut tou­jours prier sans se décou­ra­ger » dit St-Luc. Et il donne une para­bole éton­nante : un juge inique qui ne res­pecte pas Dieu et se moque des hommes, et une pauvre veuve qui lui casse la tête jusqu’à ce qu’elle obtienne jus­tice. Ce n’est pas une allé­go­rie que l’on pour­rait déchif­frer terme à terme : Dieu n’est pas ce juge inique mais nous, nous sommes bien comme cette pauvre veuve. Qui de nous n’a pas fait la triste expé­rience de prières de demande inlas­sa­ble­ment répé­tées et jamais encore exau­cées : la prière des parents pour un fils ou une fille qui s’égarent, la prière pour un frère ou une sœur acca­blés par le sort ou en proie à une trop lourde dépres­sion. Le monde est sub­mer­gé par le flot inces­sant de ces prières qui semblent déses­pé­ré­ment vaines.

Nous avons du mal avec cette parole de Jésus disant que le Père ne nous fait pas attendre mais qu’il fait jus­tice sans tar­der. L’attente est si longue pour beau­coup. Le décou­ra­ge­ment est si sou­vent tapi à côté de nous. Mais les parents ne se décou­ragent jamais, la flamme de leur espé­rance ne fai­blit pas. La prière de ceux qui aiment ne se lasse pas. Et nous sommes tous appe­lés à sou­te­nir les prières de ceux qui sont dans la peine, comme Aaron et Hour sou­te­naient les bras de Moïse.
Quelle belle image ! Il fal­lait trou­ver une pierre pour asseoir Moïse et lui tenir les bras levés. Nous pou­vons constam­ment chan­ger les rôles les uns avec les autres : tan­tôt se tenir les bras levés, et tan­tôt sou­te­nir nos bras. La prière des moines a besoin de sou­tien de ceux qui les entourent, comme eux-mêmes doivent sou­te­nir l’immense prière du monde.

Les res­pon­sables iniques sont nom­breux dans le monde, et les pauvres exploi­tés sont bien plus nom­breux. Mais par­tout aus­si des bras sont levés et sou­te­nus. C’est à l’image de Moïse aux bras levés que nous devons l’expression : « il ne faut pas bais­ser les bras ».
Or, c’est notre ten­ta­tion quand nous sommes décou­ra­gés : on baisse les bras. Quand on a trop atten­du sans résul­tat, quand on souffre d’une trop lourde soli­tude, quand l’âme est engluée de mélan­co­lie, c’est tout l’être qui s’affaisse. D’où peut venir un salut sinon d’un frère ou d’une sœur atten­tifs qui nous tendent la main ?
Ces deux images sont liées : les bras levés et les mains ten­dues. On ne peut pas lever les bras vers Dieu dans la prière sans tendre la main au voi­sin, comme on ne peut pas venir en aide au plus proche sans le confier aux mains du Père.
« Toujours prier sans se décou­ra­ger. » La vie elle-même requiert beau­coup de cou­rage, mais Dieu qui donne la vie donne aus­si le cou­rage. Et si la prière exige le cou­rage de la per­sé­vé­rance, c’est elle qui peut don­ner le cou­rage de vivre.
Et qui nous fait sou­rire au monde.

Fr. Bernard

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