Jour de Noël 2019

Jour de Noël 2019

Introduction

Chers Amis de Clerlande,
Au nom de la com­mu­nau­té, je vous sou­haite une joyeuse et sainte fête de Noël qui peut s’inscrire pro­fon­dé­ment dans le tis­su de nos vies. L’univers dans lequel nous vivons n’est pas sim­ple­ment méca­nique fait de drones, de robots, de jouets.
Au contraire, il est peu­plé de pré­sences, banales ou empreintes de bon­té et de beau­té. Elles font par­tie de notre vie quo­ti­dienne, elles peuvent aus­si sur­gir comme un émer­veille­ment. Noël est de cet ordre-là. Cette fête jaillit de ces quatre semaines d’Avent, nour­ries de la Parole de Dieu, de la prière, de notre sou­ci de nous dépas­ser, de ce temps du long désir de ren­con­trer Celui qui doit venir, Jésus-Christ.
Il arrive aus­si que nos âmes et nos esprits s’éveillent sou­dain, sans la moindre pré­pa­ra­tion, sans effort, s’enflamment et s’illuminent d’une pré­sence venue d’en Haut. Que cha­cune et cha­cun soit habi­té en ce jour par cette pré­sence qui s’est faite chair, qui a éta­bli sa tente et demeure par­mi nous. Adorons le Seigneur de nos vies, chantons-le et ado­rons le car Il conduit le monde avec dou­ceur et sim­pli­ci­té et nous donne la main pour le suivre.

Homélie

L’Évangile de ce jour de Noël se pré­sente comme une ouver­ture musi­cale, une hymne qui chante l’amour de Dieu pour l’humanité, une mélo­die pareille à l’amour du Bien-aimé pour sa bien-aimée dans le Cantique des Cantiques.
Aujourd’hui, frères et sœurs, nous célé­brons ce mys­té­rieux Logos, si proche du Père des cieux, source de vie et de lumière, nous aimant au point de deve­nir notre propre chair. C’est l’enfant-Dieu qui emplit nos familles et nos com­mu­nau­tés de joie et de com­mu­nion fra­ter­nelle. Mais que repré­sente cette fête de Noël pour cha­cun de nous en 2019 ?

Jan Ruysbroeck, ados­sé à un tronc d’arbre, regar­dant les rayons de soleil qui passent à tra­vers les feuilles de l’arbre nous aide à appro­fon­dir le sens de ce mys­tère. Accosté par un pas­sant qui l’interroge : « Que fais-tu là ? », il lui répond sim­ple­ment : « Je suis ». Mais qui suis-je et pour­quoi ? Simplement, je suis là au cœur de ma vie et j’y sous relié par tout mon être.
Ces rayons de lumière sont si lumi­neux, trans­lu­cides qu’ils tra­versent d’abord le temps et l’espace « Au com­men­ce­ment, Dieu créa le ciel et la terre. Or, la terre était le désert et le vide (Tohu Bohu). Les ténèbres cou­vraient l’abîme, un vent de Dieu tour­noyait sur les eaux. Et Dieu dit que la Lumière soit et la lumière fut ». Gen 1. 1–3.

Dans son pro­logue, dès le début, St Jean reprend les deux pre­miers mots de la Genèse : « En Archè… », au com­men­ce­ment. De quel com­men­ce­ment s’agit-il cette fois ? Non plus de la créa­tion, mais de cet amour incon­di­tion­nel du Père à notre égard. Le Logos, cet Être mys­té­rieux prend chair dans l’Enfant-Jésus, qui est témoin, l’envoyé de cet amour. Il est la lumière qui est la véri­té, au-delà de toute lumière ter­restre et il éclaire nos cœurs.
Ce cœur, foyer inté­rieur de l’amour, est lumière et St Jean pour­suit : « En Lui était la vie, et la vie était la Lumière des hommes et la lumière brille dans les ténèbres ».

Regardons la nature, quand nous nous pro­me­nons dans la forêt et que nous débou­chons sur une vaste prai­rie où les fleurs paraissent, les oiseaux chantent et les arbres frui­tiers s’épanouissent. Qui pen­se­rait au fond de la forêt de nos vies que la nature écla­te­rait en un monde nou­veau de lumière et de gloire. Nous y trou­vons cet espace libre qui ouvre notre cœur, lui donne la clar­té de son esprit et une joie secrète. Il en va de même pour ce prin­temps éter­nel qu’attendent tous les chré­tiens et que nous célé­brons en ce jour. Les ténèbres de la nuit qui s’éloignent où perce la lumière du matin.
Tout ce qui est beau et bon touche notre être intime et éveille une lumière dans nos pro­fon­deurs mêmes. Cette lumière pénètre nos corps et illu­mine l’expression de nos visages. On dit d’une per­sonne : « Elle rayonne ». On peut aus­si inver­ser cette pen­sée et dire : seul celui qui a cette lumière dans son cœur voit ce qui est lumi­neux en dehors de lui. Cette réflexion qui appelle une plus longue médi­ta­tion nous conduit au Dieu créa­teur et à Jésus-Christ né par amour pour nous. Elle nous rap­pelle que celui qui aime son frère demeure dans la lumière (Jn 2. 10). Il est lui-même lumière.

Et le Prologue conti­nue : « Le monde ne l’a pas recon­nu, Lui, par qui le monde s’était fait et les siens ne l’ont pas accueilli. » Pourquoi ne l’ont-ils pas accueilli ?
Au com­men­ce­ment, Dieu attire l’homme à lui et lui accorde une incom­pré­hen­sible confiance. Quand Il donne, Il donne tout. Dieu remet son monde dans la main de l’homme en fai­sant de lui un être libre, son man­da­taire dans la créa­tion.
Hors l’homme tente d’arracher à Dieu sa créa­tion. Nous igno­rons ce qui est pos­sible ou non à Dieu. Il aurait pu tout anni­hi­ler. Mais cet amour divin, d’un sérieux si redou­table, appe­lait à une autre rela­tion avec lui. Les racines du cos­mos et nos racines en ont été ébran­lées. C’est une per­mu­ta­tion de nos racines. L’Éternel, le Très Saint prend sur lui notre offense et vient par­mi nous. Voici l’Enfant-Dieu, deve­nu chair par­mi nous.

Nous voi­ci dans un nou­veau rap­port avec Lui. Cette lumière qui éclaire tout homme ren­contre de la résis­tance. Et ceux qui ont cru, s’attachant à Jésus et à sa Révélation, sont deve­nus enfants de Dieu.
Le Verbe s’est fait chair. Entre l’abîme de la créa­tion et cet enfant fait chair, si fra­gile et péris­sable, un tel écart existe que nous en sommes décon­cer­tés, éblouis. Il s’est fait chair, il a plan­té sa tente par­mi nous. Cette habi­ta­tion est si vraie. Un rayon­ne­ment jaillit de lui, En Jésus la com­mu­nau­té pri­mi­tive a su voir la gloire de Dieu. Une com­mu­nau­té nou­velle est née sous le signe de la grâce et de la véri­té.

Venu du Père, Jésus, Fils unique, pre­mier né d’entre les morts, retourne vers son Père. Il nous offre, par le Baptême la pos­si­bi­li­té de renaître et d’entrer par Lui dans son Royaume de Paix et de Bonheur. L’amour mutuel prend une dimen­sion uni­ver­selle qui s’empare de toute l’humanité.
Le monde devien­dra une ville de lumière, car trans­for­mé par l’Amour qui des­cend de Dieu et nous rejoint. Et St Jean de conclure son Prologue : Tous nous avons eu part à sa plé­ni­tude, nous avons reçu grâce sur grâce. C’est à notre tour de nous aimer comme Il nous a aimés.

Que ce temps de Noël nous accorde grâce sur grâce en illu­mi­nant nos familles, nos com­mu­nau­tés et nos vies.
Car ce don divin s’incarne en la per­sonne de Jésus et il nous apprend à aimer et à par­don­ner retour­nant ensuite vers le Père. Nous célé­brons cette réa­li­té en ce jour.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.