15è Dimanche T.O. A

Dimanche 12 juillet 2020
Is 55, 10–11
Rm 8, 18–23
Mt 13, 1–23

Introduction

Mes sœurs et mes frères bien-aimés,
Au nom de la com­mu­nau­té de Clerlande, soyez les bien­ve­nus à cette Eucharistie du 15e dimanche. Vous qui êtes loin, vous qui êtes proches, que nos cœurs soient una­nimes de nous retrou­ver en pré­sence de Celui qui nous conduit à son Père .

Nous prions certes pour que ce fléau s’éloigne de notre terre, que nos cœurs retrouvent le bon­heur de la com­mu­nion fra­ter­nelle et que nous puis­sions par­ta­ger ensemble le Corps et le Sang du Christ. En ce jour, j’ai une grande joie à vous par­ta­ger : Blaise qui a 7 ans, qui est assis à mes côtés, va vivre sa pre­mière com­mu­nion au milieu de nous. Je salue ses parents, Sophie et Jean-François, leur famille et leurs amis, pré­sents ou absents.

La com­mu­nion au Corps du Christ est un moment béni et essen­tiel dans notre Église. Beaucoup en ont été pri­vés depuis plu­sieurs mois. Croyez bien que nous le regret­tons vive­ment en nous remé­mo­rant Celui qui nous a deman­dés de célé­brer ce sacre­ment en sa mémoire jusqu’à son retour.

Les lec­tures de ce jour nous rap­pellent à tra­vers la patience que le pro­jet de Dieu se réa­lise tou­jours. Tenons-bon jusqu’au bout et que Blaise nous réjouisse de sa pré­sence….

Tournons-nous vers la Croix du Christ, source de com­pas­sion et de bon­heur à tra­vers nos fai­blesses.

Homélie

Cher Blaise, chers frères et sœurs,
La litur­gie de ce jour ouvre le livre de la Création : la pluie et la neige qui des­cendent des cieux, le rivage de la mer, la semence, le semeur. Avec François d’Assise, le Pape François, les amou­reux de la nature, cha­cun et cha­cune d’entre nous, nous bénis­sons le Seigneur pour les mer­veilles de la créa­tion, le chant des oiseaux, tant de beau­tés qui nous dépassent : l’infini du ciel et des étoiles jusqu’aux plus petits élé­ments vivants qui sur­gissent sous un micro­scope.
Spontanément, devant un pay­sage, un cou­cher de soleil, nos cœurs se rem­plissent de joie et de nos cœurs monte une prière née des psaumes « O Seigneur notre Dieu, qu’il est grand ton Nom dans tout l’univers ».

Peut-être en ce temps d’épreuves à cause du virus, avons-nous encore mieux appré­cié la nature qui s’éveille et les arbres en fleurs. L’Evangile de ce jour est si simple pour les cœurs purs, les doux et les petits. Voici que le Semeur est sor­ti pour semer. Et il a semé en nous une semence d’éternité. En cha­cun de nos cœurs, il a semé une petite graine, toute petite au moment de notre Baptême. Elle se déve­loppe chez Blaise et gran­dit, nour­rie par l’exemple de ses parents, par la parole de Jésus qui nous est expli­quée, notre com­mu­nau­té qui l’entoure et l’Esprit de Jésus qui souffle dans nos cœurs.

Enfin, au plus intime de notre cœur nous prions : « Béni soit celui qui a plan­té en nous une vie éter­nelle ». Isaïe nous en donne une belle image. Comme la pluie et la neige des­cendent des cieux et n’y remontent pas sans avoir abreu­vé la terre, sans l’avoir fécon­dée et l’avoir fait ger­mer, don­nant la semence au semeur et le pain à celui qui mange ; de même la graine d’éternité plan­tée en nos cœurs, nour­rie par le pain venu du ciel que nous rece­vons en com­mu­niant, gran­dit, nous oriente vers le vie éter­nelle et notre Père qui est aux cieux.
Cette graine d’amour pousse en cha­cun aujourd’hui, car aimer ne peut se dire qu’au pré­sent et en termes de « je ». Cette graine demande de la patience pour gran­dir. Chaque jour, je dois l’arroser et la pro­té­ger. Patience et per­sé­vé­rance. L’amour aus­si se pré­sente comme une attente de Jésus. Nous l’attendons et nous savons qu’il va nous ouvrir les portes du ciel et nous conduire à son Père, lui le Fils bien-aimé dont nous sommes le frère, la sœur.

Une ques­tion grave nous est posée : Pourquoi les humains se dis­putent et s’entretuent ? Comment les chré­tiens sou­mis à tant de peine peuvent-ils res­ter témoins de cet amour qui vient d’ailleurs, signes d’espérance et de confiance ? Car, nous sommes bou­le­ver­sés par tout ce que nous vivons. Pourquoi le covit, la mala­die et la mort ? Pourquoi la faim, le chô­mage ? Pourquoi l’économie nous rend-elle la vie si dure, sans tra­vail ? L’avenir nous semble bien incon­nu et dra­ma­tique. Saint Paul écri­vait à son époque : « Béni soit le Dieu et Père de Jésus-Christ, le Père de toute misé­ri­corde et de toute conso­la­tion ; il nous console dans toutes nos détresses, pour nous rendre capables de conso­ler tous ceux qui sont en détresse par la conso­la­tion que nous-mêmes nous rece­vons de Dieu ».

Dans l’Evangile, nous voyons Jésus expli­quer le mys­tère de son Royaume par des images, comme celle de la semence et du semeur. Les sages et les gens intel­li­gents ne com­prennent pas les images de Jésus qui sont trop simples, ou plu­tôt qui demandent un cœur d’enfant, un cœur simple et pur pour les com­prendre et les vivre.
Le pro­phète Isaïe disait : « Ils ont des yeux et ne voient pas ; des oreilles et n’entendent pas ». Les petits et les humbles com­prennent la parole de Jésus et la mettent en pra­tique. En Afrique, en Amérique latine, les Anciens expliquent : la forêt parle, les arbres parlent, les oiseaux parlent, mais nous n’écoutons pas et nous ne com­pre­nons pas ce qu’ils disent.

Avec l’Évangile, c’est l’Esprit de Jésus qui vient à notre secours si nous l’écoutons. Seul son Souffle vient nous don­ner la force de Jésus et nous ouvre l’horizon de l’avenir. L’espérance est comme dans la petite graine, c’est attendre confiants en ce que nous ne voyons pas. Jour après jour nous gran­dis­sons comme les enfants de Dieu, fils de notre Père et frères de Jésus. L’Esprit de Jésus vient en aide à notre fai­blesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. Notre arme face aux ques­tions du monde, c’est notre prière, la prière d’un enfant.

Les humbles et les pauvres com­prennent très bien les images des para­boles. C’est comme une graine minus­cule qui devient un grand arbre dans lequel les oiseaux du ciel viennent construire leur nid.
Ce jour de la pre­mière com­mu­nion de Blaise peut deve­nir en cha­cun de nous un jour nou­veau car l’amour ne cesse de gran­dir et devient chaque jour un émer­veille­ment, un nou­veau départ dans notre vie. Et nous disons à Jésus du fond du cœur : aujourd’hui, je com­mence.

fr. Martin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.