2è Dimanche de l’Avent : Voici que le Seigneur Vient…

2ème dimanche de l’Avent (B)

6 décembre 2020

Is 40, 1–5.9–11
Mc 1, 1–8

Quoi de plus beau que la pre­mière antienne du Missel au 2ème dimanche de l’Avent ! « Voici que le Seigneur va venir pour sau­ver tous les hommes. Il fera reten­tir sa parole pour la joie de votre cœur. »
En effet, dimanche après dimanche, l’Église essaye de se mettre à la place des chré­tiens ras­sem­blés aux quatre coins du monde pour par­ta­ger avec eux de quoi les main­te­nir en san­té : san­té du corps, oui, mais, aujourd’hui, san­té de l’âme, dont nous avons tant besoin. Nous sommes donc invi­tés à mâcher, à goû­ter ce qui nous a été ser­vi par Isaïe, Pierre et Marc, sans oublier Jean-Baptiste.

Isaïe semble nous pré­mu­nir contre la peur et la tris­tesse : « Consolez, conso­lez mon peuple… ». Récemment dans un article de jour­nal, il était ques­tion de conso­la­tion : l’auteur expli­quait qu’il ne s’agissait pas d’inonder une per­sonne de belles paroles, encore moins de fuir, mais d’être là tout sim­ple­ment, oser res­ter assis à côté de quelqu’un qui souffre sans craindre de ne savoir quoi dire. Etre là, près de la per­sonne, sans oublier son âme : « Nos âmes ont été oubliées, écri­vait un édi­to­ria­liste, or la dimen­sion spi­ri­tuelle, qu’elle soit chré­tienne, juive, musul­mane ou laïque fait par­tie inté­grante de notre huma­ni­té. L’absence de toute réfé­rence à ce besoin d’élévation, de trans­cen­dance, est inter­pel­lante. » Non moins impor­tant encore : faire mémoire de la source de toute conso­la­tion : L’Esprit-Saint n’est-il pas appe­lé « Consolateur, Paraclet ? » Pour par­ler de Dieu et de son rôle de conso­la­teur, Isaïe pré­fère des images moins abs­traites, plus fami­lières : loin des Pantocrators ter­ribles des absides byzan­tines il nous fait un por­trait incroyable du Seigneur : « Comme un ber­ger il ras­semble son trou­peau, il porte sur son sein les agne­lets et pro­cure la fraî­cheur aux bre­bis qui allaitent. » (Is. 40, 11) Si l’image du ber­ger nous est un peu étran­gère, nous ne pou­vons dire la même chose de la mère ber­çant son nouveau-né : pensons-nous par­fois à Dieu dans ces termes-là ?

Pierre, quant à lui, nous met en garde contre la crainte et le décou­ra­ge­ment : il ne s’agit pas de s’effrayer, quelles que soient les catas­trophes dont le monde est le théâtre, mais d’attendre : non dans l’indifférence et la pas­si­vi­té mais dans la sain­te­té : tra­dui­sons : dans l’engagement chré­tien à la suite de Jésus : tous les évan­giles de la pre­mière semaine de l’Avent ne nous ont pas don­né à médi­ter sur un petit enfant dont on se pré­pare à célé­brer la nais­sance à Noël : ils nous ont mon­tré le Maître, sillon­nant la Palestine et fai­sant le bien par­tout où il pas­sait : nour­ri­ture, gué­ri­son, conso­la­tion pour tous ceux qui l’approchaient. Quand Pierre exhorte les siens : « Faites tout pour qu’on vous trouve sans tache ni défaut » il ne pense pas à autre chose qu’à une vie conforme aux sen­ti­ments pré­sents dans le Seigneur Jésus. Et il conclut : non dans la panique mais « dans la paix ».

Jean-Baptiste, enfin, parle de « pré­pa­ra­tion ». Il me semble cepen­dant qu’il ne s’agit pas d’une inci­ta­tion à un acti­visme effré­né mais plu­tôt à un entraî­ne­ment d’humilité : se pré­pa­rer à un évé­ne­ment venu d’autre part : le psaume 84 le disait déjà : « Ce que dit le Seigneur, c’est la paix…….son salut est proche…….la véri­té ger­me­ra de la terre……du ciel se pen­che­ra la jus­tice …….Dieu lui-même donne le bon­heur…… ». Comme le dit St Paul dans la lettre aux Romains : « Il ne s’agit pas de l’homme qui veut et qui court mais de Dieu qui fait misé­ri­corde ». (Rm. 9, 16) Il est ques­tion donc sur­tout de se pré­pa­rer à rece­voir : à recon­naître le dona­teur : Jean semble pres­sen­tir que son bap­tême à lui n’est qu’une faible image de ce qui sui­vrait : ce n’est pas lui qui sauve : il se contente de pré­pa­rer, de dési­gner, de frayer le che­min des cœurs à celui qui offri­ra le don le plus magni­fique : l’Esprit-Saint , Esprit de Jésus, Esprit du Père, Esprit du Berger qui porte les agneaux sur son cœur, qui gué­rit pour de bon le monde de ses misères.
Grâce au Christ Jésus, le Père se fait pour nous, en cette Eucharistie, Berger attentionné.
« Peuple de Dieu, voi­ci que le Seigneur est venu pour sau­ver tous ses agneaux.
Il a fait reten­tir sa parole pour la joie de votre cœur. »

Rendons grâce.

Amen !

Fr. Grégoire

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