3ème dimanche du T.O.

3ème dimanche du T.O.

Homélie

L’année écou­lée nous a dan­ge­reu­se­ment habi­tués aux mau­vaises nou­velles ! Alors que pen­ser quand nous enten­dons par­ler de « Bonne Nouvelle » ?
Remarquons qu’on ne nous demande pas de connaître, de com­prendre, d’être per­sua­dés d’avance, de la bonne nou­velle mais d’y croire : c’est un mys­tère : toute célé­bra­tion est un mys­tère : nous le chan­te­rons en plein cœur de la messe : « Il est grand, le mys­tère de la foi ! » la mort, la résur­rec­tion, la venue dans la gloire de quelqu’un que nous ne voyons pas : tout cela, nous le célé­brons, nous le pro­cla­mons, nous l’attendons.

Il y a cepen­dant un préa­lable à la récep­tion de cette Bonne Nouvelle : « Convertissez-vous…. » ! Jonas annonce la catas­trophe : les Ninivites font péni­tence et croient en Dieu. Dieu voit leur conver­sion et renonce à son pro­jet. Quant à Paul, ne disons pas trop vite qu’il méprise le monde et ses mer­veilleuses richesses : il met seule­ment en garde contre une consom­ma­tion et une uti­li­sa­tion égoïste qui fait obs­tacle à la Bonne Nouvelle.
Qu’en est-il de nous ? Sommes-nous comme Pierre, André, Jacques et Jean appe­lés à quit­ter, qui sa famille, qui son conjoint, qui son tra­vail, qui son monas­tère, pour aller vers quelque chose de tout dif­fé­rent ? Est-ce que c’est ça, pour nous, suivre le Christ, croire à la Bonne Nouvelle ?

Il me semble qu’on ne peut sépa­rer le « Convertissez-vous » de « Croyez à l’Evangile » : souvenons-nous de Jean XXIII qui, à la veille du Concile, met­tait en garde contre les pro­phètes de mal­heur tou­jours prêts à dire : « Nous allons droit dans le mur ». Qu’il faille prendre les pro­blèmes de notre socié­té, du monde, de la pla­nète, au sérieux, qui en dou­te­rait ? mais ne faut-il pas prendre tout autant au sérieux la pres­sante invi­ta­tion de Jésus à inves­tir dans la confiance qui est un autre nom de la foi ? Il ne s’agit pas de jeter de l’eau bénite sur les vraies ques­tions mais de lais­ser agir le Dieu tout- puis­sant et tout- aimant dans nos intel­li­gences, dans nos cœurs qui, mal­heu­reu­se­ment, ont sou­vent ten­dance à se croire, eux, tout-puissants.
« Venez à ma suite » : Jésus fait appel à la liber­té : pas de contrainte, une invi­ta­tion. Il ne dit pas non plus : « Faites ceci, faites cela, soyez ceci, soyez cela…. » Mais : « Je vous ferai devenir…….pêcheurs d’hommes ». Pensons à Marie : « Qu’il me soit fait, selon ta parole. » Ne pensez-vous pas que nous per­dons beau­coup de temps en ne lais­sant pas faire le Seigneur : regar­dons les Apôtres qui ont lais­sé leurs filets, leur père, leur tra­vail, pour lais­ser Jésus entrer dans leur vie.
Ce mys­té­rieux per­son­nage qui com­mu­ni­quait la bon­té, l’amour, en un mot « Dieu » a du les cap­ti­ver, les enthou­sias­mer. Et ils se sont dit : avec lui on est dans le bon, on n’est pas dans le bon­heur pas­sa­ger mais dans la béa­ti­tude. En effet les voi­là sous l’emprise, sous l’inspiration, dans la mou­vance, à la suite du Fils de Dieu qui se fera, sous leurs yeux : pauvre, doux, souf­frant, juste misé­ri­cor­dieux, pur, paci­fique : c’est le Règne de ce Dieu-là qui s’est appro­ché et qui se trouve à la por­tée de ceux et celles qui, aux péri­phé­ries du monde por­te­ront un mes­sage de foi, d’espérance, de cha­ri­té : un bon mes­sage, une Bonne Nouvelle, un Evangile.

AMEN !

Fr Grégoire

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