14è Dimanche du T.O.

14ème dimanche ord. B

4 juillet 2021

Mc, 6, 1–6

Les paroles que nous venons d’entendre peuvent paraître fort néga­tives, voire pro­vo­cantes et décou­ra­geantes. Jésus a‑t-il pour but de nous cho­quer, de nous scan­da­li­ser ?Ou bien, ce choc ne serait-il pas salu­taire comme la parole forte d’un parent, d’un édu­ca­teur bien intentionné ?
Quoi qu’il en soit, de toute la litur­gie de la Parole de ce jour se dégage une plainte : de tout temps, le mes­sage trans­mis par les pro­phètes n’est pas reçu ou mal accueilli ; c’est deve­nu pro­ver­bial : « Nul n’est pro­phète dans son pays » : le pro­phète Ezéchiel est envoyé à un peuple rebelle, Paul doit faire face à des situa­tions contraires, angois­santes et Jésus se trouve devant un mur d’incompréhension de la part de beau­coup de ses proches : il ne peut que consta­ter l’étroitesse d’esprit et de cœur : « Pourquoi avoir peur, hommes de peu de foi ! Pourquoi as-tu dou­té ? Où est votre foi ? Ne crai­gnez pas, croyez seule­ment. »

Je me suis deman­dé pour­quoi Jésus était venu au monde. Et quel était l’état d’esprit du monde de son temps. Et dans quel état de foi ou de non-foi il a trou­vé le monde où il est né. Sans avoir de réponse à ces ques­tions, consta­tons que Jésus, loin de bais­ser les bras, s’occupe acti­ve­ment de son pro­chain ; non content de pas­ser en fai­sant le bien, « il enseigne lon­gue­ment ». (Mc 8, 34) Mais qu’avait-t-il donc à leur dire, pour les ensei­gner lon­gue­ment ? Cela valait-il la peine de conti­nuer à sillon­ner les che­mins de Palestine si c’était pour sus­ci­ter l’incompréhension voire à scan­da­li­ser les gens habi­tués peut-être à leur rou­tine humaine et religieuse ?
En plus, en quoi cela nous concerne-t-il nous, en ce 21ème siècle : tous ces curés de paroisses ces sœurs et ces mis­sion­naires de tout bord, ces mamans caté­chistes et pro­fes­seurs de reli­gion, qui sont loin de faire la une dans les médias, quelle est leur tâche face à un peuple sinon rebelle mais peut-être scep­tique ou indifférent ?
« Il les ensei­gnait lon­gue­ment ». Oui, ils sont cho­qués à son sujet mais lui, il enseigne, il remet les pen­dules à l’heure, il met en garde contre la dés­in­for­ma­tion en infor­mant. Mais il ne se contente pas de paroles : il y a chez Jésus une immense bon­té, une com­pli­ci­té, car il constate que les foules qu’il a devant lui, sont comme des bre­bis sans ber­ger, qu’il va d’ailleurs bien­tôt nour­rir maté­riel­le­ment. En atten­dant, il enseigne, il leur révèle LE BERGER, celui qu’il connaît inti­me­ment : « Je vous dis ce que j’ai vu près de mon Père, et ce que j’ai enten­du de Lui. » Il leur rap­pelle, au moyen de trente-six para­boles ce qu’ils ont peut-être oublié : que son Père et leur Père n’est pas un poten­tat ven­geur, jaloux de son pou­voir, à l’affût de tout écart, mais un Père ouvrant les bras au pro­digue repen­tant, un Roi remet­tant des dettes immenses, le Créateur d’un monde pro­di­gieux, sou­cieux du bien-être de la moindre de ses créatures.
« Ils étaient pro­fon­dé­ment cho­qués à cause de lui. » Le peuple chré­tien est il cho­qué par Jésus, par son ensei­gne­ment, par sa per­sonne ? L’amour des enne­mis, les Béatitudes et la prio­ri­té réser­vée aux doux, aux justes, aux misé­ri­cor­dieux, aux cœurs purs, l ‘Eucharistie, la pré­sence du Christ dans ce petit mor­ceau de pain, dans cette coupe de vin, la résur­rec­tion de la chair… Cela va-t-il de soi pour nous ?

Je pense que Jésus com­prend nos doutes et cette expé­rience de se savoir faible dans la foi : je com­pare cela avec l’écharde dont parle Paul : elle ne lui sera pas enle­vée mais la grâce du Seigneur suf­fi­ra pour sup­pléer à sa fai­blesse. Il com­prend nos doutes mais il veut avant tout faire pas­ser cette bonne nou­velle que le Père est là, pré­sent à toute vie : les psaumes y reviennent sans cesse :
« Oui, le Seigneur est bon, éter­nel est son amour » ps. 99 Il EST, tout sim­ple­ment : les trois lettres grecques pré­sentes dans l’auréole du Christ sur toutes les icônes le répètent sans cesse : « o On ; Celui qui est. » Bref : Jésus ne vise pas à cho­quer mais à for­mer des ado­ra­teurs du Père, des amou­reux de Dieu.

Le Christ conti­nue son che­min. Il cherche des ouvriers pour ensei­gner, par une vie évan­gé­lique et par la parole ce qui concerne son Père. Il cherche aus­si des cœurs ouverts à sa parole à la fois douce et ful­gu­rante. Je pense qu’Il cherche aus­si notre ami­tié, tout sim­ple­ment et que, grâce à elle Il accom­pli­ra de nom­breux miracles et de nom­breuses guérisons.

Concluons en écou­tant ce témoi­gnage d’un auteur spi­ri­tuel contem­po­rain : « Ce qui est humai­ne­ment incroyable, à savoir que Dieu est amour pour nous, est arri­vé en Jésus-Christ. En Jésus-Christ, ce qui est incroyable aux yeux des hommes est arri­vé, à savoir que Dieu nous aime. »
AMEN !

Fr. Grégoire

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