17 ème dimanche ordinaire, B

17ème dimanche ordinaire, année B

25 juillet 2021

Jn 6, 1–15

Jésus lève les yeux et voit : il évoque la pos­si­bi­li­té de faire des courses, d’aller ache­ter du pain, car il ne sup­porte pas de voir la foule en man­quer. Les Apôtres lui objectent que la situa­tion est sans issue : trop peu de pain pour trop de monde. Réaction du Maître : il ne dit pas : « Débrouillez-vous, cou­rez, allez faire des courses » mais : « Faites-les asseoir ! »
Et après ? Eh bien, il n’écarte pas du revers de la main ce qu’un enfant a appor­té : cinq pains et deux pois­sons – ça fait pen­ser au petit seau qu’un enfant apporte pour éco­per l’eau de l’inondation — : cinq pains et deux pois­sons : quan­ti­té négli­geable mais cepen­dant comme une amorce d’acte de foi, comme la petite graine de rien du tout qui annonce le Royaume de Dieu au mépris de toute sagesse, de toute pré­vi­sion humaine.


La suite, nous la connais­sons, du moins en gros traits : tout est bien qui finit bien….. Mais je crains que l’essentiel nous échappe : au moment de la consé­cra­tion le prêtre dit , à pro­pos du pain : « Eucharistesas dedo­ken » : après avoir ren­du grâce, Il le don­na… ». A par­tir de là ; tout change, la disette se trans­forme en abon­dance, l’eau en vin, le pain en Corps du Christ.
Au cours de la catas­trophe de la semaine der­nière, avez-vous remar­qué que l’action de grâce ne fût pas absente : éton­ne­ment devant la mobi­li­sa­tion des éner­gies de la part des vieux et des jeunes, des scouts et autres volon­taires ; moments d’émotion aus­si parce que, à tra­vers l’épreuve, des liens humains s’étaient tis­sés qui en temps de pros­pé­ri­té s’étaient distendus.

Ce n’est qu’après avoir ren­du grâce que Jésus a don­né le pain, à par­tir des pauvres pro­vi­sions du jeune gar­çon. A la Messe, c’est le Christ lui-même qui s’offre, non sans avoir d’abord reçu l’offrande appor­tée à l’autel par les fidèles : un peu de pain, un peu de vin, signes de toute l’activité humaine, du tra­vail, des joies et des peines de toute une semaine, voire même signes de notre péché car tout fait farine au mou­lin de Dieu : pen­sons au psaume 50 : « D’un cœur bri­sé, d’un cœur broyé, tu n’as pas de mépris, Seigneur ! »

Au moment de la consé­cra­tion, le prêtre prend donc dans ses mains le pain et le vin : loin de se livrer à une incan­ta­tion magique il évoque le moment où Jésus, allant jusqu’au bout du don de lui-même, s’adresse au Père pour le remer­cier : il remer­cie le dona­teur de tout bien, la source de toute bien­veillance qui vient nour­rir son peuple en marche. Ce don, ce pain dont il est ques­tion porte un nom : Jésus = Dieu sauve. Je puis témoi­gner ici que le Père François a man­gé de ce pain-là qui l’a sou­te­nu à chaque étape de sa longue exis­tence : que de fois l’ai-je enten­du remer­cier du fond du cœur : « Nous te ren­dons grâce pour ton immense gloire ! » alors qu’il était phy­si­que­ment souf­frant et affai­bli à l’extrême.

La prière d’ouverture de cette Eucharistie résume bien ce que j’ai essayé d’exprimer : « Multiplie pour nous, Seigneur, tes gestes de misé­ri­corde, afin que, sous ta conduite, en fai­sant un bon usage des biens qui passent nous puis­sions nous atta­cher déjà à ceux qui demeurent. » Amen !

Frère Grégoire.

Une réflexion sur « 17 ème dimanche ordinaire, B »

  1. Mais.….ou sont pas­sées les 12 cor­beilles de déchets ? Cela fait bien une cor­beille par dis­ciple, mais Jesus leur reproche de n’a­voir rien com­pris à l’af­faire des pains…Quelle est le rôlr de ces déchets ? dans un désert ?

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