21ème Dimanche 2021, année B

21ème Dimanche 2021, année B

22 aout

Jn 6, 60–69,
Jos 24, 1–2a.15–17.18b
Ep 5, 21–32

Introduction

Bien­ve­nue à vous tous, mon­tés jusqu’ici à Clerlande et bien­ve­nue à vous qui nous sui­vez grâce à la connexion inter­net, garan­tie par notre équipe du Studio Clerlande, avec Francesco Ruffo et fr. Godfrey du Nigeria ! Au fil des mois ils ont acquis une belle maî­trise de tout l’instrument !

Dans la vie il faut choi­sir. Parfois cela peut nous prendre à la gorge. Il y a des moments car­re­four, des lieux où il faut se déci­der : s’en aller ou conti­nuer, prendre à droite ou à gauche, tran­cher par rap­port au pas­sé et oser l’aventure nou­velle et incon­nue devant nous. Jésus et Josué nous placent aujourd’hui devant un choix déci­sif et même Paul, dans la vie de mariage, nous dégage une voie en pro­fon­deur à décou­vrir. Écoutons et cla­ri­fions nos esprits, en mar­chant à la lumière de la Parole de Dieu. On n’a pas d’autre choix quand on vient ici, comme vous les faites avec nous. Le pre­mier choix c’est notre dis­po­ni­bi­li­té à écou­ter de tout notre cœur Dieu qui nous parle.
Invoquons le Christ qui, comme dira saint Pierre, « a les paroles de la vie éter­nelle ». Allons à lui, le Saint de Dieu qui peut nous sauver.

Homélie

Bien chers frères et sœurs, chers amis.
En ce dimanche on boucle une belle série de lec­tures johan­niques car pen­dant cinq semaines on a eu droit à écou­ter le sixième cha­pitre du qua­trième évan­gile. Nous écou­tons aujourd’hui la finale. En même temps la litur­gie nous place devant une autre finale où se boucle un cycle nar­ra­tif qui com­mence avec l’Exode et s’achève à Sichem. Là Josué invite le peuple à renouer l’Alliance avec le Dieu révé­lé comme Seigneur dans toute leur his­toire depuis la sor­tie d’Égypte et même davan­tage. « Moi et les miens, nous vou­lons ser­vir le Seigneur. Et vous ? Voulez-vous ser­vir les dieux que vos pères ser­vaient au-delà de l’Euphrate ou les dieux des Amorites dont vous habi­tez le pays ? » Et le peuple comme un seul homme déclare : « Plutôt mou­rir que d’abandonner le Seigneur pour ser­vir d’autres dieux ! C’est lui le Seigneur qui nous a fait mon­ter du pays d’Egypte, cette mai­son d’esclavage ! C’est lui notre Dieu ! » Et l’alliance est scel­lée à Sichem, comme avait fait Moïse au Sinaï. Grande page biblique que ce cha­pitre 24, à la fin du livre de Josué ! À relire de temps à autre !
Peuple en marche, nous aus­si connais­sons des étapes et des moments de haute prise de conscience. Josué nous aide à dis­cer­ner où nous en sommes, et com­ment nous nous com­pre­nons : il évoque toute l’histoire des inter­ven­tions divines et le peuple les reprend et les rati­fie pour conclure : nous aus­si ser­vi­rons le Seigneur Dieu. On est pas­sé de la mai­son d’esclavage à la condi­tion du ser­vice, libre et en alliance de vie avec Dieu.
Quelqu’un m’a envoyé ces jours-ci un texte qui gra­vite autour de l’idée : « Compte tes béné­dic­tions ». Tel jouw zege­nin­gen. Count your blessings” !
L’image est assez pre­nante : une vieille femme va voir son méde­cin. Elle lui montre une main : chaque doigt est un dou­leur, une peine, une tris­tesse. La mort des êtres chers, la perte de tout emploi, la soli­tude, les défi­ciences phy­siques, les ami­tiés qui n’ont pas duré. Et l’autre main ? demande le méde­cin. Oui, ce sont mes béné­dic­tions. Voulez-vous les entendre ? Et elle de racon­ter qu’elle a à man­ger chaque jour, qu’elle a un toit au-dessus de sa tête, une mai­son bien chauf­fée, des voi­sins atten­tifs, de quoi payer chaque mois le néces­saire… Alors, dit-elle, je joins mes deux mains, et les béné­dic­tions rendent sup­por­tables les dou­leurs et tris­tesses. Je suis heu­reuse et recon­nais­sante que j’ai deux mains. Je compte mes bénédictions.

C’est ce qu’ensemble Josué et le peuple font à Sichem ! Ils ont rap­pe­lé et comp­té tout ce en quoi ils ont été bénis ! Cela libère le cœur et l’élan de vie !

Dans l’épître aux Éphésiens qu’on lit depuis plu­sieurs semaines, on entend aujourd’hui une caté­chèse sur la vie de couple. L’homme et la femme sont comme le Christ et l’Église : on se donne l’un à l’autre dans un immense res­pect pour le Christ. La qua­li­té du don réci­proque cor­res­pond à celle avec laquelle le Christ aime son Épouse, et l’apôtre rap­pelle l’eau du bap­tême qui puri­fie et la pain de l’eucharistie qui nour­rit. Ainsi fait le Christ avec son corps qu’il nour­rit et en prend soin. Citant la Genèse, il invite à médi­ter sur le der­nier mot : « et les deux ne feront plus qu’un ». Ce qui vaut dans le couple, s’applique aus­si au Christ dans sa rela­tion à l’Église, et inver­se­ment. Le divin de l’Un passe du Christ à son corps et se vit entre la femme et l’homme. Le mariage entre bap­ti­sés se vit comme un lieu où Dieu passe et fait alliance dans notre alliance de sou­mis­sion mutuelle. Quel défi ! Et quel recueille­ment est néces­saire pour qu’ensemble on rejoigne toute la pro­fon­deur évo­quée ici par l’apôtre ! Il y a du divin qui se joue entre nous !

Dans l’évangile Jésus, lui aus­si, place ses dis­ciples devant un choix : « Voulez-vous par­tir vous aus­si ? » Certains ont trou­vé que le lan­gage sur la pain et le vin comme sa chair et son sang, à man­ger et à boire, était cho­quant, oui, insup­por­table. « Qui peut l’entendre ? » Le réa­lisme cru peut de fait scan­da­li­ser. « Cela vous scan­da­lise ? » dit Jésus. « Mais que direz-vous quand vous ver­rez le Fils de l’homme mon­ter là où il était aupa­ra­vant… » Cette mon­tée n’est pas moins scan­da­leuse car il s’agit de la croix, la potence à laquelle il sera éle­vé comme un cru­ci­fié… Le pain et le vin sont ain­si asso­ciés direc­te­ment à la mort sur la croix. Qui reste dans la com­pa­gnie de Jésus, décou­vri­ra ce lien et en com­mu­niant au pain et au vin, il com­mu­nie­ra à la mort de Jésus et à la vic­toire sur la mort que Dieu a accom­pli pour son fils bien-aimé. « Nul ne vient à moi si le Père ne l’attire ». Communier au pain c’est avec crainte res­sen­tir la trac­tion qui vient du Père, trac­tion vic­to­rieuse qui nous unit à Dieu. Les « deux ne font qu’un » éga­le­ment ici. Avec les mots de Pierre : « À qui irions-nous, Seigneur ? tu as les paroles de la vie éter­nelle ».

Trois fois dans les lec­tures il est ques­tion d’une alliance de vie. Il faut choi­sir. Notre choix nous per­met de nous récon­ci­lier avec la vie, par-delà la mort et les figures de mort que nous ren­con­trons sur notre che­min. Toute la Parole de Dieu nous dit aujourd’hui : « Choisis la vie ! Choisis la béné­dic­tion. Et souviens-toi, ô mon peuple ! Oui, compte tes béné­dic­tions et rends grâces ! »

Fr. Benoît

Une réflexion sur « 21ème Dimanche 2021, année B »

  1. Salutations — NAMASTE _ Je salue la sain­te­té en vous P Benoît et c’est ce que nous avons en com­mun mal­gré les différences.
    La façon dont nous voyons et com­pre­nons le Mystère peut nous divi­ser, mais dans l’im­pli­ca­tion que nous expé­ri­men­tons avec l’autre et la créa­tion, il devien­dra visible dans le mou­ve­ment vers l’a­chè­ve­ment et l’u­ni­té. N’est-ce pas le désir le plus pro­fond de l’âme et que nous dési­rons dans l’a­mour. Le rêve qui nous hante depuis l’en­fance et qui est remis en ques­tion par la lutte des années et la suc­ces­sion de nom­breuses incar­na­tions en Orient. Il com­mence de manière si enfan­tine avec tant de grandes attentes pour mûrir à tra­vers les dés­illu­sions dans une véri­té à laquelle nous pou­vons faire confiance pen­dant un cer­tain temps jus­qu’à ce que les nuages reviennent et obs­cur­cissent le clair de lune qui brillait aupa­ra­vant si fort dans la nuit. Ce qui reste dans cette nuit, c’est le déses­poir et l’in­cer­ti­tude dans tout ce que nous pen­sons et res­sen­tons jus­qu’à ce que nous sen­tions à nou­veau un sol solide sous nos pieds. Nous n’ai­mons pas ce chan­ge­ment, mais n’est-ce pas ce que l’es­prit de l’Amour fait avec quel­qu’un, chaque fois qu’une atti­rance incom­pré­hen­sible gran­dit entre des amants qui n’ont pas sou­vent un pas­sé tota­le­ment dif­fé­rent ; ce que nous ne connais­sons pas ou peu et que nous vivons en nous-mêmes prend alors vie.Peut-être à notre désar­roi si nous aimons trop les val­lées tran­quilles et les ruis­seaux gazouillants, mais que cela devienne alors une leçon de vie pour trou­ver la force de plon­ger dans les eaux tur­bu­lentes de la pas­sion où nous chan­tons la chan­son de l’a­mour sans peur — dans le rythme éter­nel de l’univers -. 

    Dans l’es­prit du gnos­tique : Dieu m’ac­corde la Lumière, je te donne un nom afin de pou­voir te don­ner une place dans ma vie. Établissez votre royaume d’u­ni­té main­te­nant, votre seul désir alors agit de concert avec le nôtre. Donne-nous chaque jour ce dont nous avons besoin en pain et en intelligence. … 

    De l’autre côté de l’Euphrate
    HARE KRISHNA, HARE KRISHNA
    KRISHNA KRISHNA, HARE HARE
    HARE RAMA, HARE RAMA
    RAMA RAMA, HARE HARE

    Amazing grace, how sweet the sound
    qui a sau­vé une âme, une âme comme moi
    J’étais per­due, mais main­te­nant je suis retrouvée.
    J’étais aveugle, tel­le­ment aveugle, mais main­te­nant je vois.

    Jaya Jaya Shiva Shambo

    Jaya jaya shi­va shambo
    Dans les chants, nous enten­dons la voix du Saint à tra­vers le flux du chan­ge­ment éter­nel par la mort, la des­truc­tion et la dis­so­lu­tion pour don­ner vie à une vie nou­velle et plus pro­fonde à chaque fois. Que pourrais-je sou­hai­ter de plus pour vous , vos frères et les fidèles de Clerlande ?

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