Jean-Yves Quellec : Causeries à la communauté

Causeries à la communauté

Commentaires de la Règle de Saint Benoît

Jean-Yves Quellec

Le Père Jean-Yves Quellec a ser­vi la com­mu­nau­té de Clerlande comme prieur pen­dant quatre ans. La mala­die l’a empê­ché de conti­nuer son man­dat. Mais pen­dant ces quelques années, il a pu don­ner une belle impul­sion à ce mo­nastère dans lequel il avait choi­si de rési­der en 1976. Il tenait à nour­rir ses frères par un enseigne­ment régu­lier et s’en est acquit­té aus­si long­temps qu’il l’a pu.
Selon la tra­di­tion monas­tique, ses confé­rences par­taient tou­jours d’un cha­pitre de la Règle de saint Benoît. En effet, chaque matin un pas­sage de la Règle est lu à l’Office des Laudes, que l’Abbé com­mente pour sa com­mu­nau­té. A Cler­lande, ce com­men­taire se donne chaque semaine.
Mais Jean-Yves ne se limi­tait pas à faire des com­men­taires his­to­ri­que­ment et théo­lo­gi­que­ment cor­rects. Il pui­sait dans son expé­rience per­son­nelle et dans ses recherches en d’autres domaines. C’est ce qui rend ces cau­se­ries si vivantes. Bien qu’é­crites, elles res­tent très par­lantes. Bien que trai­tant de ques­tions de la vie en com­mu­nau­té, elles ouvrent des pers­pec­tives qui touchent tous ceux qui « cherchent vrai­ment Dieu », pour reprendre l’in­vi­ta­tion de saint Benoit.

Je remer­cie Wivine de Vuyst d’a­voir entre­pris ce véri­table tra­vail de béné­dic­tin de déchif­frage et de trans­crip­tion des textes manus­crits de ces confé­rences que nous avons conser­vées. Aujourd’hui, quatre ans après la mort préma­turée de Père Jean-Yves, je suis heu­reux de pou­voir pré­sen­ter à un public plus vaste ces petits textes pleins de sagesse, tou­jours d’actualité.’

Pierre-François de Béthune,
Prieur du monas­tère de Clerlande

ÉLOGE DU PEU

Paroles au fil du temps
N° 77
Février 2019

Nous déplo­rons sou­vent le ‘peu’ : nous sommes peu nom­breux dans l’Église en nos pays qui sont pour­tant de vieille chré­tien­té, nous avons si peu de prêtres que nous devons faire appel à des prêtres étran­gers, les jeunes sont bien peu nom­breux par­mi nous… Je vou­drais cepen­dant faire l’éloge du ‘peu’, parce que je crois que Dieu se plait à y loger sa grâce.
Mais il faut bien d’abord recon­naître que dans la Bible le peu est sou­vent asso­cié à une menace : il reste peu de temps, beau­coup sont appe­lés mais peu sont élus, et Jésus fus­tige volon­tiers le peu de foi des dis­ciples ou de ses audi­teurs : « hommes de peu de foi », « gens de peu de foi ».

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