La Fraternité diocésaine des parvis à Clerlande

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Raphaël BuyseDu 11 au 15 novembre, une bonne ving­taine de membres de la Fraternité dio­cé­saine des par­vis de Lille ont séjour­né à Clerlande. C’était l’occasion pour eux de retrou­ver Raphaël qui séjourne ici depuis quelques mois, de réflé­chir à quelques-uns de leurs pro­jets, et de pré­sen­ter leur Fraternité à la com­mu­nau­té et aux fami­liers de Clerlande.

Fondée il y a 15 ans, à Lille, cette com­mu­nau­té qui ras­semble main­te­nant 130 hommes et de femmes de tous âges cherche à vivre l’évangile dans le quo­ti­dien de l’existence. Elle s’inspire clai­re­ment des intui­tions spi­ri­tuelles et mis­sion­naires de Madeleine Delbrêl, cette assis­tance sociale, mys­tique et poète, qui a choi­si, au milieu du XX° siècle, de vivre sa foi au milieu des incroyants, dans la ban­lieue de Paris. Son expé­rience et ses écrits ouvrent pour aujourd’hui de nou­veaux che­mins de vie évan­gé­lique. Ses intui­tions sont infi­ni­ment contem­po­raines et son approche com­mu­nau­taire de l’expérience chré­tienne peut par­ler aux fami­liers d’un monas­tère !

En équipes, — cer­tains vivant ensemble -, les membres de la Fraternité dio­cé­saine des par­vis se pas­sionnent pour la vie de leurs contem­po­rains, et cherchent à la croi­ser avec l’Evangile. Ils essaient d’être, là où la vie les entraine, des petites com­mu­nau­tés simples, fra­ter­nelles et conta­gieuses de vie. C’est le témoi­gnage qu’ils nous ont don­né le dimanche 15. Un fami­lier de Clerlande écri­vait avoir vécu, cet après midi là, « un moment de joie pro­fonde, celle de sen­tir vivre l’Evangile et rayon­ner… » Bien d’autres se sont mon­trés inté­res­sés, et la ques­tion se pose main­te­nant de savoir si quelque chose de ce genre pour­rait naitre ici. La suite nous appar­tient.

Jubilé du frère Matthieu

à l’oc­ca­sion de la fête d’an­ni­ver­saire du frère Matthieu Fautré, le same­di 26 sep­tembre, à Clerlande…

Chers neveux, frères et sœurs de notre Fr. Matthieu qui ont été à l’initiative de cette fête, chers amis de notre frère et de la com­mu­nau­té,
Nous ren­dons grâce à Dieu pour les 90 ans du fr. Matthieu et ses 63 ans de vie monas­tique ! Tant de choses qu’il pour­rait déve­lop­per et dont nous savons peu de chose, sinon son enga­ge­ment comme volon­taire de guerre en février 1945 à la fin de la guerre. Il n’avait pas 20 ans.
​De sa vie à l’abbaye de St-André à Bruges, nous sommes nom­breux ici à l’avoir bien connu quad il s’appelait encore frère Justin. Il exer­çait la fonc­tion impor­tante de por­tier : non seule­ment il ouvrait la porte aux visi­teurs (à cette époque on n’entrait pas dans un monas­tère comme dans un mou­lin), mais il les intro­dui­sait dans un par­loir, aver­tis­sait le Père concer­né par la visite, appor­tait un pla­teau avec du café pour l’accueillir s’il en était ques­tion. Tout cela, à petits pas agiles, le sou­rire aux lèvres, avec une dis­cré­tion toute béné­dic­tine !
​Il a tou­jours été quelque peu réti­cent aux grandes pompes litur­giques de l’époque aux­quelles il par­ti­ci­pait avec des cli­gne­ments des yeux un peu mali­cieux. C’était avant le Concile Vatican II qui souf­fla un Vent, sinon une tem­pête, de sim­pli­ci­té sur les rites litur­giques et même sur le style quo­ti­dien de la vie monas­tique. On a vu alors le fr. Justin res­pi­rer, trou­ver un souffle nou­veau et puisque cela était per­mis, il aban­don­na son nom monas­tique de Justin, mar­tyr au 2e siècle, pour reprendre son nom de bap­tême, Matthieu, qu’il reçut de ses chers parents lorsqu’ils le pré­sen­tèrent, mignon bébé, sur les fonts bap­tis­maux de l’église St Pierre à Woluwé en décembre 1925.
​Quand il fut ques­tion dans les années 60, d’installer en région fran­co­phone une par­tie de la com­mu­nau­té de Bruges, le fr. Matthieu fit le choix de venir dans le Brabant wal­lon, aimant un art de vivre dans la sim­pli­ci­té et le site envi­sa­gé. Il prit plai­sir à fré­quen­ter le petit groupe des quatre frères qui habi­taient déjà à Ottignies dans une mai­son louée aux Pères Rédemptoristes du Christ-Roi tan­dis que Clerlande se construi­sait. Il démé­na­gea le jour de la fête de St André, en 1970. Durant ses séjours, on consta­ta que notre frère Matthieu avait trou­vé dans ce nou­veau style de vie, dans la litur­gie et dans les rela­tions fra­ter­nelles, son épa­nouis­se­ment et son bon­heur.
Deux signes demeurent dans notre mémoire et dans notre cœur : il aimait mettre la main à la pâte dans notre cui­sine domes­tique et de plus il émaillait déjà les divers lieux de la mai­son par de dis­crètes et sub­tiles com­po­si­tions flo­rales. Il est res­té égal à lui-même jusqu’aujourd’hui : chef-cuisinier jusqu’il y a peu de temps et fleu­riste ini­tié à l’Ikebana.
Les moniales qui décou­vraient le monas­tère de Clerlande étaient una­nimes à dire : « C’est le seul monas­tère d’hommes où il y a des fleurs dans tous les lieux.
​Cher fr. Matthieu, c’est un jour où on devrait te lan­cer des fleurs. Et ta réponse résonne à nos oreilles. En haus­sant les épaules, tu dirais « J’ai fait mon petit pos­sible. C’est pas mal, mais il y a mieux ! ». Il y aurait encore tant à dire. Je retiens encore les leçons que tu as sui­vies pour apprendre le tis­sage. Le P. Frédéric t’a encou­ra­gé. Tu es par­ti de 1978 à 1981 dans notre fon­da­tion à Kinshasa où tu don­nas des cours de tis­sage à des han­di­ca­pés, col­la­bo­rant avec la sœur Rosa. Tu es même pas­sé à Dakar pour visi­ter les tis­se­rands séné­ga­lais que connais­sais le frère Georges Minne.
​En ce jour, au nom de tes frères moines, de ta famille, de tes amis, je te dis sim­ple­ment : « Merci pour ce que tu es et ce que tu fais. Ne change sur­tout pas ; d’ailleurs il n’y a pas de dan­ger. Tu deviens de plus en plus toi-même. Que Dieu te garde et te bénisse.