L’ESPRIT SAINT, PÈRE DES PAUVRES. Texte intégral

Conférence de Pentecôte du 19 mai 2018,
par le fr. Bernard


L’ESPRIT SAINT, PÈRE DES PAUVRES

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C’est le pre­mier titre don­né à l’Esprit Saint dans la séquence, poème chan­té à la messe de Pentecôte. D’où vient ce titre et quel sens a-t-il ? Les autres titres de l’Esprit dans ce poème sont plus habi­tuels : lumière, conso­la­teur, repos, frai­cheur, mais c’est le seul endroit où il est appe­lé « père des pauvres ». Je n’ai pas trou­vé l’origine. Reste donc à lui cher­cher du sens, ce qui fina­le­ment ne peut consis­ter qu’à lui en don­ner, pro­duire du sens, et donc en assu­mer la res­pon­sa­bi­li­té.
Nous pou­vons d’abord obser­ver que l’Esprit Saint est appe­lé « père » alors qu’il pro­cède du Père. Il en pro­cède mais il ne peut pas être appe­lé Fils. Les mots employés par la théo­lo­gie tri­ni­taire ont ici leur sens défi­ni : le Fils engen­dré du Père, né du Père avant tous les siècles, il est tou­jours en nais­sance, natus, celui qui nait. L’Esprit ne nait pas du Père, il en pro­cède, il en émane. Il est le Souffle du Père. C’est bien pour­quoi il est si dif­fi­cile d’en par­ler. L’Esprit, dit St Jean, souffle où il veut, on entend sa voix mais on ne sait pas d’où il vient ni où il va. (Jn 3,8)
Donner à l’Esprit le titre du Père, c’est le dési­gner comme l’origine, la source d’une vie. L’appeler Père des pauvres signi­fie alors que leur pau­vre­té vient de lui et donc qu’il est lui-même pauvre. Il laisse la place, il offre l’espace. Qu’est-ce à dire sinon qu’il donne la liber­té. « Là où est l’Esprit du Seigneur, dit Paul (2 Co 3,17), là est la liber­té. »

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Texte intégral de la conférence du Jeudi Saint, par Paul Scolas

Clerlande – Jeudi Saint 2018

Texte inté­gral de la confé­rence du Jeudis Saint,
par Paul Scolas

« Nous annonçons la mort du Seigneur
jusqu’à ce qu’il vienne
 »

Eucharistie, Mambré, Kinshasa

Annon­cer une mort — sous-entendu : l’annoncer comme une bonne nou­velle — voi­là qui méri­te­rait déjà de nous éton­ner. Et cette mort est celle de quelqu’un que l’on regarde comme Seigneur et aus­si comme vivant puisqu’on attend qu’il vienne. Et cette attente est énon­cée comme une espé­rance. Nous disons cela comme si c’était banal, nor­mal, de même que nous refai­sons régu­liè­re­ment le geste auquel cette phrase est liée sans plus vrai­ment réa­li­ser qu’aussi bien le geste que la phrase sont d’une grande étran­ge­té. Il y a là un para­doxe qui consti­tue­ra le fil rouge de mon expo­sé.Lire la suite →

Texte intégral de la conférence du Samedi Saint, par Paul Scolas

Clerlande – Samedi Saint 2018

Texte inté­gral de la confé­rence du Samedi saint,
par Paul Scolas

Quand la Parole se donne en silence

« La Parole en silence se consume pour nous. L’espoir du monde a par­cou­ru sa route…
… la nuit s’étend sur le corps : Jésus meurt. »

Le Christ crucifié, Diego Velasquez

Faut-il dès lors considérer que le silence est le lieu théologique par excellence ? Mais quel silence ?
Cet hymne pour le Vendredi Saint énonce super­be­ment l’immense et trou­blant para­doxe dans lequel s’accomplit tout le chris­tia­nisme. Un para­doxe pro­pre­ment théo-logique car c’est bien de la Parole de Dieu et même de Dieu qu’il s’agit ici. C’est la Parole créa­trice, la Parole de salut – l’espoir du monde dit jus­te­ment l’hymne –, c’est le Fils unique, vrai Dieu né du vrai Dieu, qui se consume en silence. Or, toute la Tradition judéo-chrétienne pré­sente un Dieu qui parle, qui s’adresse aux hommes. C’est sans doute même la carac­té­ris­tique la plus déci­sive de cette Tradition, de notre Tradition de foi : nous écou­tons un Dieu qui parle aux humains. Et voi­là que cette Parole deve­nue chair se consume en silence. Voilà que Dieu se tait du silence de la mort… A moins que dans ce silence et dans cette mort, il ne livre plei­ne­ment sa Parole.Lire la suite →