Epiphanie 2016

Les fêtes de Noël ne seraient pas com­plètes sans l’Épiphanie. Non pas qu’il faille com­plé­ter la révé­la­tion du mys­tère par quelque com­plé­ment d’information. Mais la célé­bra­tion d’aujourd’hui pré­cise com­ment ce mys­tère nous atteint. À Noël nous est annon­cée de la venue de Dieu dans notre chair. Et devant la mer­veille nous res­tons d’abord muets, ravis, puis nous médi­tons sur le fait de cette nais­sance. Après quelques jours de recul, la litur­gie nous invite main­te­nant à contem­pler le rayon­ne­ment de cette venue jusqu’aux confins de la terre. C’est ce que signi­fie l’arrivée des mages, que la tra­di­tion voit arri­ver des quatre coins de la terre. Mais ce rayon­ne­ment en toutes les direc­tions ne devrait pas nous faire oublier que ce rayon­ne­ment doit d’abord péné­trer jusqu’au plus pro­fond de cha­cun de nous, pour nous trans­for­mer.

En effet, on tra­duit géné­ra­le­ment Épiphanie par ‘mani­fes­ta­tion’. Mais il nous faut dépouiller ce mot de ce qu’il a d’extérieur ; je pré­fère le mot ‘révé­la­tion’. Une mani­fes­ta­tion, un mani­feste, veut nous for­cer à connaitre quelque chose. Et c’est bien ain­si que l’Épiphanie a sou­vent été com­prise : des mages on a fait des rois fas­tueux dont les cor­tèges forcent l’admiration. À l’opposé de l’incognito de Noël, l’Épiphanie serait enfin cette pleine mani­fes­ta­tion où la gloire du Fils de Dieu s’imposerait au monde entier. Mais en vou­lant illus­trer ain­si le mys­tère, nous sommes loin de l’Évangile. Jésus n’a jamais vou­lu impo­ser quoi que soi, sinon le silence, aux démons et à la mer déchai­née.
Je crois que la fête d’aujourd’hui n’est pas des­ti­née à impo­ser une image glo­rieuse ; elle est bien plu­tôt une invi­ta­tion à ouvrir notre cœur et à nous lais­ser tou­cher par le mys­tère de l’amour de Dieu qui nous est don­né par l’esprit de Jésus. Car nous connais­sons bien les textes, l’énoncé du mys­tère, mais il importe main­te­nant d’en faire l’expérience. Nous vou­lons accueillir au plus vrai de nous-mêmes cette lumière dont il est ques­tion.

À pro­pos de cette lumière, je vou­drais d’abord vous racon­ter une his­toire, une expé­rience que j’ai faite quand j’étais petit. Avec mon frère, nous aimions explo­rer notre envi­ron­ne­ment et en par­ti­cu­lier les bâti­ments d’une vielle ferme. Il y avait là, entre autres, un gre­nier sans fenêtres auquel on pou­vait accé­der par une échelle. Il y fai­sait tout à fait obs­cur, mais, par un petit trou dans la toi­ture, un rayon de soleil y péné­trait quel­que­fois. Il fai­sait alors une tache de soleil sur le plan­cher, et cette tache rayon­nait dans tout l’espace. Un jour de grand soleil j’y ai entraî­né un ami pour lui mon­trer ce phé­no­mène. Mais ce jour-là, comme la tache de lumière se dépla­çait peu à peu avec le soleil, elle a abou­ti à un trou dans le plan­cher. À ce moment il a com­men­cé à faire plus sombre, et fina­le­ment tout à fait noir dans le gre­nier, parce que le rayon de soleil avait été comme englou­ti par le trou dans le plan­cher et il éclai­rait désor­mais le local d’en des­sous. On ne voyait plus que quelques pous­sières qui flot­taient dans le rayon, mais elles ne pou­vaient pra­ti­que­ment plus dif­fu­ser aucune lumière. J’ai ain­si com­pris qu’en réa­li­té la lumière elle-même est invi­sible, tant qu’elle ne ren­contre pas un obs­tacle qui la révèle, comme le plan­cher du gre­nier. Notre pla­nète est évi­dem­ment ce grand obs­tacle au rayon­ne­ment du soleil, et nous pen­sons que la lumière nous enve­loppe comme l’atmosphère. Il ne fau­drait cepen­dant pas oublier qu’elle est tou­jours un rayon.

J’ ai sou­vent repen­sé à cette consta­ta­tion, en essayant de l’appliquer au rayon­ne­ment de Dieu sur nous. Dieu lui-même, per­sonne ne l’a jamais vu. Comment alors son rayon­ne­ment invi­sible se manifeste-t-il ? Certes, direz-vous, sa pré­sence éclate par­tout : sa puis­sance dans la nature, sa beau­té, sa jus­tice dans l’histoire, sa pro­vi­dence qui conduit les humains à leur insu, l’inspiration qu’il a éveillé chez les artistes… Nous connais­sons tout cela par nos cinq sens, notre intel­li­gence, notre rai­son, nos rai­son­ne­ments, nos sen­ti­ments. Mais cette connaissance-là de Dieu est encore exté­rieure. Ne pouvons-nous pas connaitre ce qu’il est au plus intime de lui-même, au plus vrai ? N’est-il pas pos­sible de per­ce­voir le rayon­ne­ment invi­sible de son amour ? Voyons ce que nous dit l’ Évangile. Le mys­tère de Dieu n’est pas révé­lé aux sages et aux habiles, mais seule­ment aux tout petits, à ceux qui, comme Jésus, sont doux et humbles de cœur. Oui, pour cela il faut l’accueillir dans notre cœur, un cœur deve­nu sem­blable à celui de Jésus. C’est seule­ment là qu’il peut vrai­ment être reçu, médi­té et réa­li­sé. Il nous faut un cœur éveillé pour l’accueillir, ̶ et pour pou­voir le révé­ler. Si nous n’avons pas de cœur, on ne voit rien : le rayon de son amour se perd dans le vide. Et les gens nous disent : « Où est-il ton Dieu ? » Tel est le drame aujourd’­hui : on parle de Dieu, on en parle beau­coup, mais il n’est plus visible, parce qu’il n’est plus reçu.

Si donc nous sommes venus à cette litur­gie, c’est pour offrir au Seigneur des cœurs ouverts, grâce à la pré­sence de Jésus, en sa Parole et la com­mu­nion à son, Corps et son Sang.

Je crois en effet que Jésus est (pré­ci­sé­ment) celui qui a plei­ne­ment accueilli l’amour de celui qu’il appelle son Père. Il s’en est lais­sé tra­ver­ser et trans­fi­gu­rer. C’est pour­quoi une grande lumière émane de lui, et elle rayonne à tra­vers les siècles, jusqu’à nous. En son temps, dans un monde pré­oc­cu­pé de sa sur­vie, en cette Palestine occu­pée par les Romains, même les chefs du peuple n’avaient pas beau­coup de dis­po­ni­bi­li­té pour l’essentiel, la misé­ri­corde de Dieu. Dans cet envi­ron­ne­ment confus et trou­blé Jésus a illu­mi­né tout homme en venant dans ce monde. En jusqu’aujourd’hui, l’amour du Dieu invi­sible se révèle en lui. Nous le voyons parce que chez lui, il est en quelque sorte réfrac­té (comme dans un prisme), et il se mani­feste en sa per­sonne aux cou­leurs des Béatitudes : pau­vre­té de cœur et humi­li­té, faim et soif de jus­tice, dou­ceur, pure­té de cœur, misé­ri­corde, patience dans les contra­dic­tions, recherche de la paix, joie, com­pas­sion, res­pect abso­lu pour le plus petit et le der­nier, confiance dans la bon­té fon­da­men­tale de tous et toutes. C’est en tout cela que Jésus est « l’icône de Dieu », comme l’écrit saint Paul, ou encore « le miroir intact de l’amour du Père (…) qui vient reflé­ter sur nos visages l’éclat per­du de sa bon­té ».

De fait, quant à nous, c’est en regar­dant Jésus, en écou­tant sa Parole et en essayant de faire, à notre tour, ce qu’il fai­sait pour les hommes, que nous sommes inon­dés par sa grande lumière et que nous pou­vons deve­nir nous-mêmes sources de lumière. Aussi, aujourd’­hui, n’y a‑t-il il plus de mani­fes­ta­tion que par nous, indi­vi­duel­le­ment et en com­mu­nau­té, puisqu’il n’ y a de révé­la­tion de Dieu que là où il est reçu.

En pro­po­sant une ‘année sainte de la misé­ri­corde’, le pape François nous invite à une telle expé­rience inté­rieure. La ‘misé­ri­corde’ est lit­té­ra­le­ment ‘la com­pas­sion du cœur’ ou encore ‘un cœur plein de com­pas­sion’, un cœur conver­ti, ouvert. C’est d’ailleurs en réa­li­sant cette misé­ri­corde que nous appre­nons qui est Jésus. Et nous décou­vrons alors que notre misé­ri­corde n’est que le reflet, le pro­lon­ge­ment de la sienne.

Mes sœurs, mes frères, nous sommes appe­lés à mani­fes­ter à notre tour la misé­ri­corde, la paix, la dou­ceur, la pure­té, la patience, l’humilité de Jésus, bref son amour, l’amour du Père pour tous les hommes qu’il aime. Comme le dit encore saint Paul : « Dieu qui a dit : ’que la lumière brille au milieu des ténèbres’, c’est lui-même qui a brillé dans nos cœurs pour faire res­plen­dir la vraie connais­sance de Dieu qui rayonne sur le visage du Christ Jésus ».

En conclu­sion, je vou­drais encore rap­pe­ler une évi­dence : en insis­tant sur l’indispensable conver­sion du cœur, je ne pro­pose pas ici une pié­té inti­miste. En ouvrant la porte sainte de la basi­lique Saint-Pierre, le pape a expli­qué qu’en réa­li­té, cette porte ne devait pas tant s’ouvrir vers l’intérieur, pour per­mettre aux fidèles d’entrer dans l’église ; elle doit sur­tout s’ouvrir vers l’extérieur, pour per­mettre aux fidèles de ne pas res­ter confi­nés dans leurs dévo­tions et leurs pro­blèmes, mais aller plu­tôt vers tous les humains, et en par­ti­cu­lier ceux qui attendent notre com­pas­sion. C’est pour cela qu’à l’Épiphanie, nous ne fêtons pas la conver­gence de toutes les nations et de tous les peuples vers Jérusalem, ou vers Rome, mais au contraire l’envoi jusqu’aux extré­mi­tés du monde de tous les dis­ciples de Jésus qui rayonnent et mani­festent quelque par­celle de son amour. Car leur cœur éveillé, illu­mi­né par l’Évangile, est tou­jours un cœur ouvert, ̶ un cœur comme celui de Jésus, offert pour la mul­ti­tude.

Fr. Pierre

illus­tra­tion : Epiphanie, Jérôme Bosch (détail), Musée du Prado, Madrid.

Le Livre et l’enfant

Introduction à l’of­fice de la nuit de Noël

Le Livre est là : la Bible en tous ses livres ouverte d’abord devant nous, parce qu’elle raconte la longue his­toire de l’incarnation de la Parole. Car le Verbe s’est fait chair tout au long de ces pages, la Parole s’est incar­née len­te­ment bien avant la venue du Fils de Dieu en notre chair : les scribes, les sages et les pro­phètes d’Israël ont cher­ché Dieu dans leur huma­ni­té, dans les flux et les reflux de leur his­toire, et Dieu s’est dit lui-même dans leurs paroles. L’Ineffable s’est lais­sé racon­ter dans des récits, des oracles et des poèmes. Israël est le peuple où la Parole a pris chair. Et notre foi est rame­née à ce livre ouvert jour après jour pour trou­ver Dieu à notre tour dans notre chair et notre his­toire.

Alors, le petit enfant juif de Bethléem est né comme le fruit si lon­gue­ment mûri en Israël. En lui les Écritures s’accomplissent. Dieu obs­ti­né­ment cher­ché dans une his­toire deve­nue sainte, Dieu qui par­lait par les pro­phètes, Dieu a tout dit par son Fils pre­nant chair de notre chair, nais­sant comme petit d’homme fré­mis­sant et dési­rant, confié à la dou­ceur pro­tec­trice de ses parents. La Parole de Dieu vient au monde dans un vagis­se­ment. Et le ciel visite un minus­cule coin de terre : le pacage de quelques ber­gers aux yeux clairs. Le Tout-Puissant se love au creux du monde comme un tout petit par­mi de petites gens.

Il vient encore au plus ingé­nu de nous-mêmes quand nous ouvrons le Livre pour nous émer­veiller et quand nous ché­ris­sons la beau­té de notre chair.

fr Bernard

Un Dieu si discret

Homélie du jour de Noël

Prologue de l’évangile de Jean :

« Il était dans le monde, lui par qui le monde s’était fait, mais le monde ne l’a pas recon­nu. Il est venu chez les siens, mais les siens ne l’ont pas reçu. » Il n’y avait pas de place à Bethléem pour que Marie mette au monde son enfant. Mais ce que dit le beau Prologue de Jean est bien plus grave : Le monde ne recon­naît pas celui par qui il s’est fait. Si le monde ne le recon­naît pas, c’est parce que Dieu ne s’impose pas. C’est déjà vrai de tout l’univers, ce cos­mos dont parle Jean. Il a une telle den­si­té et une telle puis­sance que toute la science humaine peut cher­cher à en per­cer les secrets sans aucu­ne­ment faire appel à Dieu. Dieu s’est tel­le­ment effa­cé der­rière ce qu’il a lan­cé dans l’existence qu’on ne le voit plus. Il crée sans lais­ser de traces. Certains diront bien, comme les croyants de la Bible, que tout l’univers parle de Dieu, mais à tant d’autres il n’en parle pas. La pré­sence de Dieu dans le monde n’est donc pas si éblouis­sante.

Or à Noël Dieu se fait encore plus dis­cret. La Lettre aux Hébreux nous dit bien qu’il a déjà beau­coup par­lé de toutes sortes de manières par les pro­phètes du pre­mier Testament : des récits, des poèmes, des prières que le peuple juif a ras­sem­blés pour témoi­gner de lui, une mer­veilleuse Bible qui a par­cou­ru le monde, mais qui est lais­sée à qui veut bien l’ouvrir. Et quand Dieu vient par­ler par son Fils, ses paroles et ses actes vont aus­si se répandre mais seront tou­jours lais­sées à la libre ouver­ture des cœurs, au risque même de res­ter lettres mortes. Le Christ ne s’impose pas, il se pro­pose dans la dou­ceur, et aus­si dans le scan­dale de la Croix.

Il vient tou­jours chez les siens, chez nous, mais il est si peu recon­nu. Nous voyons bien autour de nous que Noël même s’est effa­cé dans des réjouis­sances très cha­leu­reuses mais où Jésus est sim­ple­ment oublié. Nous fai­sons aus­si l’amère expé­rience d’une foi qui ne s’est pas trans­mise : nos jeunes sont beaux et géné­reux, ils ont bien reçu nos valeurs, et nous les aimons, mais ils connaissent si peu Jésus.

Et si dans cette situa­tion nous étions sim­ple­ment reve­nus à l’incognito de Bethléem et rame­nés à la douce dis­cré­tion de Dieu lui-même ? Il vient dans le monde et le monde ne le recon­naît pas. Et pour­tant il vient. La lumière brille dans les ténèbres, et si épaisses que soient les ténèbres, elles n’arrêtent pas la lumière. Ce Noël ne voile pas les angoisses, la ter­reur des peuples dans la tour­mente, mais il nous invite à ral­lu­mer la foi et l’espérance en recueillant toute la bon­té et la ten­dresse du monde. Nous croyons que la lumière de la vie sera encore plus forte que nos ténèbres. Et nous pou­vons le croire, nous avons bien rai­son de le croire parce que Dieu y veille et que le Christ est venu nous le dire. Il est la lumière du monde et cette lumière ne pour­ra jamais s’éteindre.

Seulement voi­là : Dieu est dis­cret, c’est dans sa nature de Dieu, parce qu’il s’est impo­sé de res­pec­ter abso­lu­ment la liber­té dont il nous a fait le pré­sent. Il sou­tient le monde et l’histoire en les lais­sant être, un peu comme les parents qui laissent leurs enfants aller leur vie et qui pour­tant ne les aban­donnent pas. Quand nous sommes deve­nus moins nom­breux, plus faibles, plus dému­nis avec notre foi au milieu de tant d’indifférence, Dieu nous sou­rit. Nous sommes sa crèche. Il recon­naît ses manières.

Poursuivons alors ce que dit le Prologue : « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. Mais tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a don­né de pou­voir deve­nir enfants de Dieu : ils sont nés de Dieu. » Noël, c’est donc la fête de notre nais­sance comme enfants de Dieu. Et comme pour toute nais­sance, il s’agit d’un deve­nir. Nous avons ce pou­voir de deve­nir enfants de Dieu, et il nous a suf­fi d’y croire.

Est-ce à dire que ce deve­nir échappe aux autres, ceux qui n’ont pas reçu ce don quand même très mys­té­rieux de la foi, à com­men­cer bien sou­vent par nos propres enfants ? Et si nous com­pre­nions bien que deve­nir enfants de Dieu, c’est avoir pour Père celui qui veut toute la mul­ti­tude comme enfants, une mul­ti­tude de fils, une mul­ti­tude de frères ? Nous ne deve­nons pas enfants de Dieu tout seuls, comme des pri­vi­lé­giés, nous le deve­nons avec des frères, en étant frères et sœurs. Dieu attend que nous lui ame­nions la mul­ti­tude de nos frères, comme le Christ en venant dans le monde a vou­lu entraî­ner tous les hommes vers son Père. Il est mort pour tous, nous le croyons. Il nous suf­fit d’offrir aux autres notre bon­heur de croire, notre confiance, la joie secrète que nous avons au cœur.

Et nous serons déta­chés comme des enfants, dis­crets à la manière de Dieu. Comme le Christ et avec lui, confiants en son regard fra­ter­nel, nous cueille­rons tous les bon­heurs et nous aurons com­pas­sion de tous les mal­heurs. Nous serons donc sim­ple­ment humains, mais n’est-ce pas dans notre huma­ni­té que le Christ est venu ? « Le Verbe s’est fait chair, il a habi­té par­mi nous, et nous avons vu sa gloire. » Noël nous révèle encore cette gloire en toute huma­ni­té. Que l’Esprit nous en fasse rayon­ner. Les cœurs simples ne s’y trom­pe­ront pas.

fr. Bernard

illus­tra­tion : Fra Angelico, Le Christ aux outrages, (vers 1442–1443) fresque, Florence, couvent San Marco, cel­lule 7