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11è Dimanche T.O. (B)

Prière universelle

11e Dimanche T.O.(B) 17 juin 2018

Nous confions à notre Dieu, Père de tous les hommes,
celles et ceux qui,
tels des petites semences enfouies dans la terre,
sont les plus petits,
les plus dému­nis d’intelligence,
de culture, de moyens financiers,
de forces phy­siques, d’autonomie,
de pers­pec­tives d’avenir.
Que ta ten­dresse, Seigneur,
les sauve de la mort :
SOUVIENS-TOI DE TON AMOUR, SEIGNEUR,
CAR IL EST DE TOUJOURS

Branche d'amandier, d'après Van Gogh Lire la suite

Le Cèdre Du Liban

11è dimanche du temps ordinaire (B)

LE CÈDRE DU LIBAN

Homélie du dimanche 17 juin 2018

Introduction

Cette semaine, lors de l’assemblée géné­rale des supé­rieurs majeurs, à Bois-Seigneur-Isaac, j’ai reçu en cadeau un cèdre du Liban. C’est une graine bien fra­gile, plan­tée depuis 3 mois, pro­té­gée dans un pot à l’abri de la pluie, res­sem­blant à une allu­mette. Elle pro­vient du mont Liban, le Chouf, et soi­gnée avec patience, elle peut deve­nir un grand arbre se déployant durant deux mille ans. Le cèdre a orné le Saint des Saint dans le Temple de Jérusalem et est cité une cen­taine de fois dans la Bible.

Dans l’évangile de ce jour, il s’agit du grain de mou­tarde qui devient un arbre flo­ris­sant. C’est l’image de Jésus-Christ qui annonce le Royaume des cieux ; c’est aus­si, cha­cun de nous si nous sommes habi­tés par l’Esprit de Dieu et si notre vie est ani­mée par une prière filiale en Jésus.

Dans la prière de notre assem­blée ce dimanche, por­tons avec nos inten­tions, joyeuses ou tristes, ce bateau, l’Aquarius, qui navigue avec des réfu­giés, sym­bole des limites humaines dans l’accueil de l’autre. Tournons-nous vers la source de vie, Jésus qui trans­forme len­te­ment notre vision du monde, fait naître son Royaume par­mi nous, nous met à l’école de son humi­li­té, de sa patience et de sa miséricorde.

Germinations et croissances. 11è dimanche TO. B

Dimanche 14 juin 2015

11ème dimanche ordinaire, Année B.

« L’uni­vers a besoin de se dire et seul l’homme peut dévoi­ler le secret qu’il contient. Les arbres et les fleurs chantent la beau­té de la viri­di­té, mais si l’homme ne la révé­lait pas, cette beau­té se per­drait. Et l’univers est tel­le­ment empli de beau­té ! Si seule­ment nous avions la recon­nais­sance de le célé­brer et d’entrer en lui pour en faire une seule chair et non pas un relief qu’on regarde à dis­tance. »
Hildegarde von Bingen.

Avez-vous lu les textes pro­po­sés pour ce deuxième dimanche de juin, aux portes de l’été ? Ils sont pleins d’arbres, de semences, de toute la pous­sée vivante de la nature.
Voyez Ezéchiel 17, 22–24 : Un grand cèdre et un jeune rameau, des branches rem­plies d’oiseaux et qui donnent des fruits, tous les arbres des champs, et déjà aus­si les grandes leçons de l’évangile : l’arbre vert qui sèche, l’arbre sec qui rever­dit, l’arbre ren­ver­sé et l’arbre élevé.

La Bible est pleine d’arbres, jusqu’à la der­nière page de l’Apocalypse où les arbres donnent des fruits tous les mois. La nature, les plantes, les arbres nous parlent des manières de Dieu et nous montrent com­ment vivre, et même com­ment croire. Jésus invite sou­vent à regar­der : « regar­dez les fleurs des champs », « regar­dez les oiseaux du ciel », « regar­dez le figuier ».

Deux petites para­boles nous montrent bien com­ment Jésus regarde la nature. Il y voit une image du Royaume de Dieu, et ce n’est pas rien : les grandes lois de la vie de l’univers sont aus­si celles de la pous­sée et de la crois­sance du Royaume. Il faut lire l’évangile en regar­dant les champs et les arbres.

Un homme jette le grain dans son champ, et ensuite il est devant le mys­tère de la ger­mi­na­tion et de la crois­sance. Il doit attendre. En fait le culti­va­teur se donne tout de même un peu plus de mal : il doit pré­pa­rer la terre, la nour­rir, la net­toyer. Mais il lui faut ensuite faire confiance au mys­tère de la vie. Jésus parle ici de lui-même : il jette le grain de l’évangile dans le monde, et il le laisse faire son oeuvre. Et c’est vrai que depuis vingt siècles ce grain n’a ces­sé de pro­duire ses fruits mal­gré toutes les intem­pé­ries, toutes les mau­vaises herbes et tous les cailloux. Ce qui nous incombe, c’est de conti­nuer à jeter le grain dans le champ du monde. Nous pou­vons bien nous don­ner du mal pour que ce grain soit jeté dans de bonnes condi­tions, mais fon­da­men­ta­le­ment il faut faire confiance. L’évangile est aus­si puis­sant que la nature. Il conti­nue­ra à fleu­rir dans le monde, et à fructifier.

La graine de mou­tarde, ou de séne­vé : une toute petite graine qui donne une grande plante, même si ce n’est pas un arbre et si les oiseaux peuvent s’y per­cher mais pas y nicher. Jésus exa­gère donc, et c’est à des­sein. Ses audi­teurs devaient bien com­prendre qu’il pous­sait la para­bole dans son sens. Et le sens est bien : du tout petit qui donne du grand. Et c’est en fait encore l’histoire de l’évangile : un mes­sage de quelques pages qui a fait le tour du monde et des siècles, et qui va pro­duire encore infi­ni­ment plus que ce que nous délivrons.
Alors, nous avons sou­vent le sen­ti­ment de vivre dans un monde inquié­tant, plom­bé de lourdes menaces, et c’est bien le cas, et dans une socié­té scep­tique, pes­si­miste, désen­chan­tée. Nous sommes aus­si pré­oc­cu­pés par nos fra­gi­li­tés. Je ne plaide pas ici pour un désen­ga­ge­ment. Jésus s’est don­né de la peine pour semer son grain. Mais il s’agit de l’horizon de nos enga­ge­ments. Jésus nous dit : regar­dez les arbres, regar­dez l’univers. L’évangile ira plus loin que vous ne pou­vez l’imaginer. Vous en connais­sez la loi : il faut que le grain tombe en terre et meure pour por­ter du fruit. Jésus a vécu cette mort, et il est vivant. Son Esprit est tou­jours celui des ger­mi­na­tions et des crois­sances. Laissez-vous conduire par lui. Et offrez votre chant à la beau­té du monde.

« Chaque atome de silence est la chance d’un fruit mûr ». Paul Valéry.

fr Bernard

Photographie : Ortie au soir tom­bant à Clerlande, fr Thibaut