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Trinité 2020

Trinité 2020

Dimanche 2è semaine du temps ordinaire

7 juin 2020

Trinité, Andrei Roublec, entre 1410 et 1427, gale­rie Tretiakov de Moscou.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
La grâce de Jésus notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père et la com­mu­nion du Saint-Esprit soit tou­jours avec vous.
Cette salu­ta­tion solen­nelle vient de saint Paul : il conclut ain­si sa deuxième épître aux Corinthiens (2 Co 13,13). Il réca­pi­tule tout en un sou­hait qui nous unit au Père, au Fils et au Saint-Esprit, dans la grâce, l’amour et la com­mu­nion. Il dit tout en un seul mou­ve­ment !
Et c’est bien ce que nous célé­brons tout par­ti­cu­liè­re­ment aujourd’hui, jour de la fête de la Sainte Trinité, huit jours après la Pentecôte. Notre rite latin depuis des siècles a pro­po­sé de fêter e ce jour le mys­tère de la sainte Trinité. C’est en réa­li­té un dédou­ble­ment de la fête, ques­tion de res­ter encore dans l’atmosphère propre de dimanche der­nier. On pour­rait dire : c’est la Pentecôte johan­nique où Dieu vient habi­ter notre demeure, selon la parole de Jésus dans Saint-Jean : « Si quelqu’un m’aime, il gar­de­ra ma parole et mon Père l’aimera et nous vien­drons à lui et nous ferons chez lui notre demeure ! » (Jn 14,23). Invoquons ce Dieu trois fois saint, qu’il vienne et ravive en nous notre foi, notre espé­rance et notre cha­ri­té.
Seigneur Dieu, lumière au-delà de toute lumière, viens et ravive la com­pré­hen­sion de notre foi
Seigneur Jésus, Fils de Dieu, viens et renou­velle notre patience par ton amour
Seigneur Esprit saint, viens et vivi­fie notre espé­rance de la gloire.

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Ascension

Ascension

Mt 28 16–20
21 mai 2020

Introduction

Bien­ve­nue à vous tous, chers frères et sœurs, en cette fête de l’Ascension. Sursum cor­da ! « Les cœurs en haut » ! Soyons plei­ne­ment à la hau­teur de ce que nous célé­brons en tenant le cœur ouvert et cen­tré sur le mys­tère du Christ res­sus­ci­té, contem­plé aujourd’hui dans son élé­va­tion à la droite du Père. Là il attire tous les hommes et là il inter­cède sans cesse pour nous tous. Le mys­tère du Christ res­sus­ci­té est comme un dia­mant à mul­tiple facettes : et la litur­gie nous donne de décou­vrir tan­tôt l’un tan­tôt l’autre aspect de ce mys­tère. C’est Luc sur­tout, dans les Actes et dans son évan­gile, qui nous décrit cet évé­ne­ment du rapt de Jésus – comme un autre Élie, voire un autre Moïse – rejoi­gnant la sphère divine en mon­tant. L’Ascension est une fête ver­ti­cale, comme la fête du bap­tême. Demeurons aujourd’hui sur l’axe ver­ti­cal. Écoutons les Écritures, consi­dé­rons les icônes, et nour­ris­sons l’homme inté­rieur qui se renou­velle de gloire en gloire en médi­tant, priant et invo­quant le Christ qui a tout pou­voir au ciel et sur la terre. Kyrie elei­son.

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2è Dimanche de Pâques

2è Dimanche de Pâques

Introduction

Bien­ve­nue à vous tous, chers frères et sœurs, vous qui êtes ici dans notre cha­pelle de Clerlande et vous tous et toutes qui sur l’écran sui­vez notre litur­gie. Bon dimanche, deuxième dimanche de Pâques. « Voici le jour que fit le Seigneur, jour d’allégresse et jour de joie ! » Nous avons chan­té ce ver­set de psaume dès le matin tôt ! Ce jour est un jour qui dure cin­quante jours, jusqu’à la Pentecôte, nous enseignent les Pères de l’Église et dans leurs com­men­taires du Psaume 117 où appa­raît ce ver­set, ils pré­cisent : ce jour, c’est quelqu’un : le Christ pas­cal ! Le Seigneur Dieu fit ce jour en res­sus­ci­tant Jésus d’entre les morts.
Chaque jour de ces cin­quante jours est jour de fête, jour du bap­tême, jour du renou­veau.

Accueillons-le plei­ne­ment, le Christ qui sur­git au milieu de nous, toutes portes closes, comme racon­te­ra l’évangile de ce dimanche ! Il vient et com­mu­nique joie, paix, par­don, envoi dans l’Esprit. Laissons-nous trans­for­mer par sa pré­sence en l’invoquant de tout notre cœur et en nous lais­sant asper­ger par l’eau, celle qui fut bénie dans la nuit pas­cale, en nous rap­pe­lant vive­ment notre bap­tême.

Homélie

Chers frères et sœurs,
Curieusement notre confi­ne­ment se retrouve comme dans un miroir en écou­tant la lec­ture de l’évangile de ce jour. Les dis­ciples sont dans la mai­son, toutes portes closes, par peur. C’était le cas le pre­mier soir, ce l’était encore huit jours après ! Le confi­ne­ment per­dure, pour eux et pour nous, Dieu sait pour com­bien de temps encore.
Lisons donc atten­ti­ve­ment ce qui s’y passe !
Jésus entre sans qu’on n’ouvre porte ni fenêtre. Il ne vient pas de l’extérieur. Il se mani­feste au centre, au milieu d’eux, debout ! Et il crée du neuf : il com­mu­nique la paix, à trois reprises dans cet évan­gile d’aujourd’hui : « La paix soit avec vous ! ». Il crée la joie : au centre de toute cette page de Jean 20 il y a : « les dis­ciples étaient rem­plis de joie à la vue du Seigneur ! » On chante cela avec des Alléluias à la clef, tous ces jours-ci. La joie de voir, viso Domino, ils ont vu le Seigneur ! Jésus com­mu­nique aus­si l’Esprit et avec ce Souffle sur les dis­ciples il les envoie, rece­vant le pou­voir du Pardon ! « Comme le Père m’a envoyé, moi je vous envoie » !
On quitte la peur, on quitte la réclu­sion, on quitte la culpa­bi­li­té. Un Esprit nou­veau passe et relance le mou­ve­ment, l’embryon d’une Église qui rayonne de joie, de par­don et de paix, jusqu’aux limites du monde !

Le court texte des Actes des Apôtres qu’on a enten­du en pre­mière lec­ture, nous donne encore un por­trait de l’Église nais­sante. La com­mu­nau­té à Jérusalem se donne quelques prin­cipes qu’elle met aus­si­tôt en pra­tique, et cela change tout. Quels sont ces prin­cipes ? 1. L’enseignement des apôtres ; 2. Le par­tage des biens dans la vie fra­ter­nelle ; 3. la frac­tion du pain ; 4. Les prières.
Dans les ver­sets qui suivent on voit comme cela se met en œuvre, cha­cun des quatre points !
En temps de confi­ne­ment, arrivons-nous à nous mettre d’accord autour de ces quatre points ? la prière ? la vie com­mune où l’on par­tage en don­nant à cha­cun selon ses besoins ? l’enseignement ou la clar­té de vue sur notre foi en Dieu, en Christ, en l’Esprit qui nous anime, par une écoute exer­cée des Écritures ? Et la frac­tion du pain, faite au nom de Jésus ?
Il y a matière à réflexion et à faire quelque par­tage en famille, à deux ou trois. Ne l’oublions pas : « Là où deux ou trois sont réunis en mon Nom, je suis au milieu de vous », dit le Seigneur !

L’évan­gile de ce jour nous donne encore un cri­tère sup­plé­men­taire, je crois, par-delà le chan­tage fameux de l’apôtre Thomas : « Si je ne vois pas dans ses mains les marques des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je n’y croi­rai pas ! » Jésus appa­raît et l’interpelle aus­si­tôt, après avoir sou­hai­té à tous la paix : « Avance ton doigt, avance ta main… mets-la dans mes plaies, et ne sois plus incré­dule ». Touche-moi dans mes plaies et tu ver­ras le res­sus­ci­té. La seule chose que Jésus res­sus­ci­té donne à voir, ce sont ses plaies. On ne le ren­contre qu’en accep­tant de s’identifier avec sa pas­sion : comme le dira saint Paul : « Je ne désire qu’une seule chose, le connaître, lui, et la puis­sance de sa résur­rec­tion. J’aspire à être ren­du conforme à sa mort par la souf­france pour pou­voir, si pos­sible, com­mu­nier à sa résur­rec­tion d’entre les morts ». Qu’est-ce à dire ? ne cher­chons pas ailleurs : on ne le rejoint que dans l’accueil son don extrême, la frac­tion du pain qui dit sa mort, son aban­don, son amour jusqu’au bout. Tu veux la gloire, accepte l’humiliation, tu veux la Vie éter­nelle, accepte le don de soi jusqu’à la frac­tion du pain. Tu veux la vic­toire, embrasse la croix.

Bien chers amis, avan­çons dans la renais­sance de l’Église en accueillant le Christ pas­cal au milieu de nous. Il est l’intériorité même de l’expérience d’Église. Redécouvrons-le dans les lieux de notre confi­ne­ment, car il n’est pas au dehors ! Pratiquons le silence, la prière, la médi­ta­tion des Écritures, la soli­da­ri­té du par­tage, et le geste de prendre du pain et d’en faire la frac­tion en son Nom, comme fai­saient les pre­miers chré­tiens « dans l’une ou l’autre mai­son ». Que notre plus petite com­mu­nau­té, deux ou trois, renaisse ain­si et irra­die des fruits que les textes nous trans­mettent : la joie, le par­don, la paix, comme une saine conta­gion : « Les frères trou­vaient un bon accueil auprès de tout le peuple. Tous les jours, le Seigneur fai­sait entrer dans la com­mu­nau­té ceux qui étaient appe­lés au salut ! » AMEN. Alléluia.

fr. Benoît