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4e dimanche de carême, 6 mars 2016

Prière universelle du 6 mars 2016

4e Dimanche de Carême

  1. Il y a ceux qui partent,
    sans don­ner ni expli­ca­tion ni excuses.
    Parfois pour secouer le joug de la vie quo­ti­dienne,
    par­fois en rêvant d’un bon­heur à‐portée‐de‐main,
    ou encore, pour cacher leur sui­cide.

Quand ils reviennent, que trouveront‐ils :
une porte fer­mée ou des reproches vio­lents ?
une ran­cune tenace ?
ou alors ?
. Dieu notre Père,
donne‐nous de par­don­ner comme tu par­donnes.

DIEU EST AMOUR, DIEU EST LUMIERE, DIEU NOTRE PÈRE !

  1. Il y a ceux qui se séparent,
    par consen­te­ment mutuel, ou par déci­sion de l’un des deux.
    Parfois le temps a usé le pre­mier amour,
    par des soup­çons inavoués,
    par la répé­ti­tion de gestes sans ten­dresse,
    ou par l’insupportable secret du mys­tère de l’autre.
    S’il leur arrive de sou­hai­ter habi­ter à nou­veau la mai­son com­mune,
    com­ment trouveront‐ils la pure­té
    d’un tout nou­veau com­men­ce­ment,
    com­ment s’offriront-ils les chances
    d’une espé­rance aus­si fraîche que l’aurore ?
    . Dieu notre Père,
    ne cesse pas d’inspirer ces miracles de ta misé­ri­corde.
  1. Il y a, à l’échelle mon­diale,
    des peuples et nations, des groupes eth­niques,
    des reli­gions, des pou­voirs idéo­lo­giques,
    qui n’en finissent pas
    de régler leurs comptes
    avec des exploi­ta­tions et des humi­lia­tions du pas­sé.
    . Dieu, Père de tous les hommes,
    pour déli­vrer tes enfants du Mal, de la haine et de la mort,
    tu offres au monde le sacri­fice de ton Fils,
    le Réconciliateur du ciel et de la terre.
    fais lever, de toute urgence, des acteurs de ta misé­ri­corde.
  1. Et si, ce matin, Dieu notre Père, nous sommes entrés
    dans la salle de la fête eucha­ris­tique,
    et jouis­sons gra­tui­te­ment de ton par­don sans condi­tion,
    élar­gis notre cœur en
    toute bon­té sans fron­tières,
    toute dou­ceur sans aucune ombre,
    tout res­pect sans arrière‐pensée,
    toute paix sans autre force que tes larmes de joie,
    pour accueillir nos frères et sœurs en huma­ni­té,
    tes enfants reve­nus à la Maison.


fr. Dieudonné

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3ème dimanche de Carême, 28 février 2016

Prière universelle du 3ème dimanche de Carême

1. Autrefois, des Galiléens en train de prier, mas­sa­crés par Pilate.
Aujourd’hui, des mil­liers de chré­tiens sau­va­ge­ment assas­si­nés.
Autrefois, la chute d’une tour bran­lante fait 18 tués.
Aujourd’hui, des peuples entiers sont expo­sés à la famine
par le réchauf­fe­ment cli­ma­tique.
Seigneur Jésus, pour­quoi te deman­der des comptes,
alors que tu laisses aux hommes la noble et dan­ge­reuse liber­té
de choi­sir la vie ou la des­truc­tion ?
N’abandonne pas notre époque à la folie de la vio­lence,
nous t’en prions.

2. Autrefois, le pro­prié­taire d’un figuier sté­rile
décide, rai­son­na­ble­ment, de le cou­per.
Aujourd’hui, la socié­té de pro­fit estime
qu’il faut hâter la mort de tous les impro­duc­tifs.
Seigneur Jésus, tu nous mets
devant le redou­table pro­blème de « la fin de vie ».
Inspire‐nous des paroles fortes dans les débats publics.
Surtout, apprends‐nous une pré­sence douce et récon­for­tante
auprès de ceux qui se sont livrés au com­bat
entre la vie et la mort,
nous t’en prions.

3. Nous pou­vons ici, avec pudeur, évo­quer les per­sonnes
les plus fra­gi­li­sées :
les han­di­ca­pés phy­siques et psy­chiques
d’un han­di­cap irré­ver­sible ;
les vieillards iso­lés et sans hori­zon
qui sou­haitent mou­rir ;
les pri­son­niers à per­pé­tui­té
qui pré­fèrent en finir pour de bon ;
la jeune fille de 15 ans, vio­lée et enceinte,
qui est ten­tée et conseillée d’avorter ;
les souf­frants, aux soins pal­lia­tifs, qui n’en peuvent plus,
et sou­haitent l’euthanasie.
Il nous est inter­dit de juger, il nous est deman­dé de res­pec­ter,
et pour­tant il nous est impos­sible de ne pas entendre
la sup­plique du vigne­ron au pro­prié­taire de la vigne :
« laissez‐le encore un an ! »
Seigneur Jésus, toi qui es allé jusqu’à ton der­nier souffle
pour nous pro­cu­rer la vie en plé­ni­tude,
aide‐nous : nous t’en prions.

4. Seigneur Jésus,
nous te lais­sons dans ta soli­tude,
pré­sen­ter à ton Père de patiente misé­ri­corde
tant de misères cachées et tant d’espoirs invin­cibles ;
nous te lais­sons la puis­sance de réta­blir le calme
sur les tem­pêtes de nos désar­rois ;
nous te lais­sons nous faire entendre ton silence
d’où l’on devine le bruis­se­ment d’une source cachée
qui chante le matin de ta résur­rec­tion.
reste avec nous, nous t’en prions.

fr. Dieudonné

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Homélie du 2e dimanche de carême, 21 février 2016. .

Pourquoi la litur­gie nous fait‐elle relire le récit de la Transfiguration du Seigneur tout au début du Carême, alors que nous fêtons cette Transfiguration le 6 août de chaque année, en une fête très solen­nelle, d’autant plus qu’elle est célé­brée aus­si bien par les Églises d’orient que par l’Église romaine ? Par contre, aujourd’hui, la Transfiguration est évo­quée sans solen­ni­té par­ti­cu­lière, sobre­ment comme il convient à la litur­gie de Carême.

Vous savez qu’il est tou­jours bon et éclai­rant, lorsque nous lisons un pas­sage des évan­giles, de le situer dans l’ensemble d’un cha­pitre, ici, en l’occurrence, le cha­pitre 9 de l’évangile de Luc. Ainsi, on y découvre que ce récit de la Transfiguration en gloire de Jésus est pré­cé­dé et sui­vi d’une annonce, par Jésus lui‐même, de sa mort, et de sa résur­rec­tion. Dans l’annonce qui pré­cède, faite à ses seuls dis­ciples, Jésus dit : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beau­coup, qu’il soit reje­té par les Anciens, les Grands Prêtres et les Scribes, qu’il soit mis à mort, et que le 3e jour, il res­sus­cite » (9, 22). Et dans l’annonce qui suit la Transfiguration, Jésus dit : « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. Mais les dis­ciples ne com­pre­naient pas cette parole ; elle leur res­tait voi­lée, en sorte qu’ils ne pou­vaient pas en sai­sir le sens » (9, 44–45).

Comment pouvons‐nous essayer d’interpréter ce mon­tage lit­té­raire de l’évangéliste Luc qui situe le récit de l’apparition de Jésus en gloire entre deux annonces de sa mort et de sa résur­rec­tion ?

Il y a eu depuis tou­jours des inter­pré­ta­tions nom­breuses et auto­ri­sées, selon les­quelles Jésus aurait sou­le­vé le voile de son huma­ni­té pour faire appa­raître, quelques ins­tants fugi­tifs, sa divi­ni­té cachée. Il aurait ain­si offert à ses dis­ciples la pos­si­bi­li­té de sup­por­ter sa Passion et sa mort avec cou­rage, avec la convic­tion que tout se ter­mi­ne­rait bien le 3e jour. Cette inter­pré­ta­tion me semble une offense au mys­tère de l’Incarnation : Jésus lui‐même aurait fait alors sem­blant de souf­frir son ago­nie au jar­din de Gethsémani, alors qu’en fait, il est pré­sen­té par les évan­gé­listes comme sup­pliant son Père de lui évi­ter les affres d’une mort cer­taine. Et les dis­ciples, sûrs de la résur­rec­tion de Jésus, l’auraient sui­vi allè­gre­ment jusqu’au Golgotha. On croit rêver ! Car, en fait, dès l’arrestation de Jésus, les dis­ciples s’enfuient, Pierre renie son maître, et seul le dis­ciple Jean est pré­sent sur le cal­vaire. Et c’est le même évan­gé­liste Luc qui raconte l’épisode des dis­ciples d’Emmaüs, ren­trant chez eux, mornes et le visage triste, ayant per­du tout espoir dans les len­de­mains qui chantent. « Certains disent qu’il est vivant. Mais nous, nous ne l’avons pas vu ».

Bref, pour eux et pour beau­coup de dis­ciples après eux, le 3e jour, le chiffre sym­bo­lique de l’achèvement, sera sans doute, « le jour le plus long », avant d’avoir foi dans le Christ res­sus­ci­té. Par contre, pour nous, le scé­na­rio est tota­le­ment dif­fé­rent de celui des pre­miers dis­ciples dont nous sommes éloi­gnés par 20 siècles de Tradition chré­tienne qui nous per­met, à tout moment de l’année, de confes­ser notre Foi : « Jésus‐Christ, cru­ci­fié sous Ponce Pilate, il est mort et il a été ense­ve­li, il est des­cen­du aux Enfers, il s’est rele­vé d’entre les morts le 3e jour, il est mon­té au ciel, d’où il vien­dra juger les vivants et les morts ».

Certes, depuis l’âge de notre petit caté­chisme jusqu’à l’âge adulte et même, pour cer­tains, jusqu’à un âge avan­cé, cette confes­sion reste bal­bu­tiante, mais elle est ancrée dans les pul­sa­tions secrètes de notre cœur de chré­tien. Un Père du désert d’Égypte a recom­man­dé : « Laisse ton cœur accueillir ce que disent tes lèvres, et laisse tes lèvres chan­ter ce que mur­mure ton cœur ». Et ce que doit mur­mu­rer sans cesse notre cœur, St Paul nous l’a pro­po­sé en quelques for­mules très fortes : « Puisque tu as été bap­ti­sé dans la mort du Christ, tu vis désor­mais avec Lui ». Et encore : « Puisque tu es res­sus­ci­té avec le Christ, tu es désor­mais capable de cher­cher les choses d’en-haut ».

C’est dans ce mot « désor­mais » que réside notre assu­rance de la résur­rec­tion, deve­nue notre propre résur­rec­tion aujourd’hui. Il est inté­res­sant de consta­ter que les évan­gé­listes Mt et Mc n’emploient pas le terme « trans­fi­gu­ra­tion », mais le terme grec méta­mor­pho­sis : Jésus fut méta­mor­pho­sé devant eux. C’est un terme un peu savant, et pour­tant on l’emploie assez natu­rel­le­ment lorsqu’on parle de quelqu’un, quand un évé­ne­ment impor­tant a chan­gé son être et sa manière de vivre. C’est tou­jours le cas quand quelqu’un est tom­bé amou­reux. On dira cou­ram­ment : depuis que ce gar­çon a ren­con­tré cette fille, ou, depuis que cette fille a ren­con­tré ce gar­çon, il est, elle est, com­plè­te­ment méta­mor­pho­sé, méta­mor­pho­sée !
Et bien, ça, c’est nous : quand nous vou­lons bien voir com­ment nous vivons, com­ment nos com­por­te­ments par­viennent à pra­ti­quer les Béatitudes de l’Évangile, nous pou­vons recon­naître, hum­ble­ment certes, mais avec l’assurance de la Foi, que c’est l’œuvre en nous du Ressuscité.
Il me faut ter­mi­ner par vous faire remar­quer — mais vous l’aurez déjà com­pris — que cela offre à notre Carême sa véri­table signi­fi­ca­tion. Pour avan­cer une for­mule forte, je dirais : « Tout Carême vient après Pâques ». C’est à dire que le Carême n’est pas une répa­ra­tion labo­rieuse pour obte­nir la grâce de la fête de Pâques. Bien petite grâce si elle était à la mesure de nos efforts de timides renon­ce­ments. Mais un Carême auda­cieux qui laisse entrer, par tous les pores de notre être, la méta­mor­phose de notre Baptême.

. Prier plus et plus sou­vent durant le Carême ? Oui, mais pour que le silence de Dieu avive notre silence dési­reux d’écouter sa Parole.

. Vivre plus sobre­ment ? Oui, mais pour que, dépour­vus de nos sécu­ri­tés futiles, nous décou­vrions que notre soli­tude n’est plus seule, lorsque nous y sommes rejoints par le Seul vrai­ment vivant.

. Partager notre pain et notre ami­tié avec notre pro­chain ? Oui, mais sans volon­ta­risme. Plutôt avec les bat­te­ments de cœur du Christ, sans cesse répé­tés, naï­ve­ment, tel un har­mo­ni­ca de petit gar­çon.

Aidons‐nous à vivre ce Carême dans la joie, dans une com­mu­nion de prière et d’amitié.

fr. Dieudonné

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