Archives par mot-clé : François Neyt

Effata. 23è dimanche T.O. (B)

Homélie du dimanche 09 septembre 2018

Effata.
23è dimanche T.O. (B)

Introduction

Mes sœurs, mes frères, aujourd’hui le Seigneur vient poser son doigt sur nos oreilles et notre langue et pro­clame : « Effata !” Un mot ara­méen qui signi­fie Ouvre‐toi ». Il est clair qu’il ne s’agit pas seule­ment d’un geste cor­po­rel, mais d’un signe de gué­ri­son inté­rieure.
Nous tous, c’est-à-dire, nous‐même, l’Église, notre socié­té, celle qui vote aujourd’hui en Suède ou ailleurs, nous pou­vons être sourds à la parole de Dieu et inca­pable de par­ler de façon juste. Les deux tou­chers de Jésus dans la gué­ri­son du sourd‐muet forment le pré­lude à son regard tour­né vers son Père et au souffle de l’Esprit.
Au début de cette célé­bra­tion, ren­dons grâce pour tout ce que nous enten­drons, dépouillons‐nous de nos vaines pré­oc­cu­pa­tions, confions‐les au Maître de nos vies et accueillons sa misé­ri­corde qui trans­forme notre nature par sa pré­sence et annonce déjà les pré­mices d’un uni­vers nou­veau.

Von Balthazar, Lumière de la Parole, année B H 122

Homélie

Jésus témoigne jour après jour de la misé­ri­corde de son Père des cieux. Sur une terre étran­gère, hier c’était la fille d’une syro‐phénicienne qu’il gué­ris­sait à dis­tance, aujourd’hui c’est un sourd‐bègue qu’il touche pour conver­tir nos cœurs à son écoute.
Tous les sens du malade sont concer­nés : Jésus lui touche ses oreilles de ses doigts ; il lui met de la salive sur la langue, lève son regard vers le ciel, et dit avec auto­ri­té « Ephphata ! Ouvre‐toi ! » et aus­si­tôt les oreilles du malade s’ouvrent et sa langue se met à par­ler cor­rec­te­ment.
Le pro­fond sou­pir de Jésus et ses yeux levés vers le Très‐Haut mani­festent sa com­pas­sion face à la souf­france humaine et aus­si la pré­sence de son Père et le souffle de l’Esprit-Saint. La gué­ri­son du cœur passe à tra­vers le corps.

Marc est le seul évan­gé­liste à pré­ci­ser les gestes gué­ris­seurs du Christ, révé­lant ain­si la toute‐puissance qui rayonne de sa chair, impré­gnant même ses vête­ments. Peut‐être êtes‐vous sur­pris, comme moi devant le geste de Jésus met­tant de la salive sur la bouche du malade ? Dans l’Évangile de St Jean (9. 6) Jésus gué­rit un aveugle‐né : il crache sur un peu de terre ; il en fait de la boue et l’utilise comme un col­lyre. Cet acte com­mun aux deux récits a été repris dans le sacre­ment du bap­tême. Dieu s’est fait chair, habi­tant par­mi nous. Et son sacre­ment passe aus­si par l’usage de nos sens.

Dans le récit de la Genèse (Gen 2. 7), « Dieu mode­la l’homme avec la glaise du sol, il insuf­fla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant ». Ce récit ne sera com­plet qu’après la créa­tion de la femme tirée du côté de l’homme pro­fon­dé­ment endor­mi. Les gestes de Jésus sont à leur tour des actes créa­teurs. Dans le récit de ce jour, se per­çoivent clai­re­ment l’action des cinq sens : les oreilles et la langue (du sourd muet) ; le tou­cher de Jésus (ses mains, sa langue) ; son souffle (son sou­pir), son regard (sur la foule, le malade et ses yeux tour­nés vers le ciel).

Les cinq sens ont été l’objet de bien des études. Rosenzweig, un phi­lo­sophe juif, a relié nos sens en des­si­nant une étoile com­po­sée de deux tri­angles. Le nez et les oreilles tournent nos sens vers l’intérieur, c’est un pre­mier tri­angle ; l’autre se super­pose com­po­sé de nos yeux et de la bouche, ce deuxième tri­angle tourne nos sens vers l’extérieur. Le souffle et l’écoute d’un côté, le regard et la parole de l’autre. Le 5ème sens est bien le tou­cher créa­teur venant de Dieu, créant l’homme et la femme à son image.

Nous voi­ci donc créés avec nos cinq sens. Comment les voyons‐nous pour nous‐même et chez les autres ? Ils sont là comme une trouée vers un autre monde. Chacun d’eux, en par­ti­cu­lier les oreilles et les yeux, nous apporte une parole et une lumière qui tra­versent le réel et ouvre un monde nou­veau.

Le pro­phète Isaïe, dans la pre­mière lec­ture (Is 35. 4–7) nous donne un pre­mier écho d’une créa­tion nou­velle : « Alors se des­sille­ront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boi­teux bon­di­ra comme un cerf, et la bouche du muet crie­ra de joie ; car l’eau jailli­ra dans le désert… ».

Un peu après ce récit, Marc expli­cite la gué­ri­son d’un aveugle (Mc 9. 22–26) qui se passe en deux temps. « On sup­plie Jésus de tou­cher l’aveugle de Bethsaïde ; Prenant l’aveugle par la main, Jésus le condui­sit hors du vil­lage. Il mit de la salive sur ses yeux, lui impo­sa les mains et lui deman­da : « Vois‐tu quelque chose ? » Ayant ouvert les yeux, l’aveugle répon­dit : « J’aperçois les gens, je les vois comme des arbres, mais ils marchent. ». Puis Jésus lui pose de nou­veau les mains sur les yeux et l’homme vit clair et il voyait dis­tinc­te­ment ».

Au Ve siècle, des moines de Gaza, com­parent notre vie à la construc­tion d’une mai­son. Le fon­de­ment en est la foi, et l’humilité le mor­tier, les murs sont tis­sés de nos actions et de nos ver­tus qui consti­tuent notre per­sonne et notre vie. Le toit repré­sente la cha­ri­té divine qui couvre l’ensemble. Cette mai­son pos­sède des fenêtres qui sont nos cinq sens ouverts sur l’extérieur.

A tra­vers eux, la vie peut nous appa­raître triste, habi­tée de ténèbres ; avec le Christ Jésus, notre vue peut s’épanouir et décou­vrir la réa­li­té sous un jour tou­jours nou­veau et lumi­neux. Peut‐être alors entendons‐nous Jésus qui sou­pire, qui pose ses mains sur nos oreilles et nos yeux. Nos oreilles enten­dront sa parole qui nous dit « Ephphata, Ouvre‐toi ». Et voi­ci la lumière pas­cale qui entre dans notre vie. Nos oreilles et nos yeux s’ouvrent à l’Évangile. La gué­ri­son de la sur­di­té phy­sique est décou­verte d’un autre regard. C’est par le bap­tême que nos oreilles, nos yeux, nos sens sont tou­chés et que nous décou­vrons la lumière du Ressuscité par la grâce de l’Esprit Saint. Chaque sacre­ment de L’Église porte en lui une parole et un geste mira­cu­leux qui touchent nos sens.

Mes sœurs, mes frères, médi­tons sur cette humble réa­li­té. Aujourd’hui, en ces ins­tants, le Christ Jésus nous touche par sa parole, par son pain et son vin deve­nant son corps et son sang. Que notre cœur s’ouvre à cette créa­tion nou­velle et illu­mine notre vie.

Fr. Martin

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Le pain de la Vie. Dimanche 5 aout 2018

18è dimanche du temps ordinaire

Le pain de la Vie

Introduction

Reçois ce que tu es. Deviens ce que tu reçois

Frères et sœurs, cette semaine nous avons fêté St Ignace, le fon­da­teur de la Compagnie de Jésus et nous avons enten­du ces paroles : « Tout ce que vous faites : man­ger, boire ou toute autre action, faites‐le pour la gloire de Dieu ».

Que ce dimanche soit pour cha­cun de nous un temps pour célé­brer la gloire de Dieu et pour en prendre conscience dans notre vie de tous les jours. C’est le Fils bien‐aimé du Père, Jésus‐Christ, qui nous y intro­duit par ses paroles : « Je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif ». Nous sommes les uns pour les autres ce pain de vie et ensemble nous consti­tuons son Corps, le Corps du Christ.

Dans les lec­tures, il sera beau­coup ques­tion de man­ger et de boire, en ce milieu des vacances pour cer­tains, quand nous com­mu­nie­rons, son­geons à cette réflexion de St Augustin « Reçois ce que tu es. Deviens ce que tu reçois ».

Tournons‐nous vers Celui qui nous renou­velle sans cesse, nous apprend à aimer à tra­vers nos joies, nos peines et les épreuves que nous tra­ver­sons. Qu’ensemble nous puis­sions gran­dir dans sa grande misé­ri­corde.

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Fête de la saint‐Benoît

Mercredi 11 juillet 2018

Fête de la saint‐Benoît

Introduction

Mes sœurs, mes frères, amis de Clerlande,
Nous voi­ci heu­reux en ce jour lumi­neux de célé­brer ensemble, la com­mu­nau­té de Rixensart, celle de Bossut et de Clerlande, la fête de notre Père saint Benoît, Patron de l’Europe.

C’est dans l’intercession mutuelle et l’adoration que nous por­tons dans cette eucha­ris­tie toutes nos inten­tions et tout par­ti­cu­liè­re­ment nos fon­da­tions à Bethléem, au Brésil, au Tchad, en R.D.C.

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