Archives par mot-clé : Pierre de Béthune

Vous avez reçu gratuitement ; donnez gratuitement

22ème dimanche C

Vous avez reçu gra­tui­te­ment ; don­nez gra­tui­te­ment

(Luc 14, 1, 7–14)

Une fois de plus, l’évangile nous montre Jésus à table. Vous savez qu’il y est sou­vent ques­tion de repas, de ban­quets de noces à Cana, de fes­tins pour le retour du Prodigue, de table accueillante chez des amis, mais aus­si de pique­nique sur les col­lines, les miettes de la table des enfants que la pauvre Syro-Phénicienne ramasse, et sur­tout de ce repas d’adieu, la ‘Dernière Cène’ que nous évo­quons en ce moment par l’eucharistie. Et n’oublions pas non plus la table d’Emmaüs et les autres repas pris avec les dis­ciples après sa résur­rec­tion dont l’évangéliste Luc aime par­ler (cfr. Ac 1, 4). On pour­rait encore évo­quer le ‘ban­quet escha­to­lo­gique’ où « beau­coup vien­dront du levant et du cou­chant prendre place au fes­tin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des cieux ». Oui, les repas sont impor­tants dans la vie de Jésus, et il y est tou­jours atten­tif à ce qui se passe : pour­quoi un notable l’invite, com­ment une femme connue dans la ville peut y entrer, com­ment Marthe s’affaire trop au détri­ment de l’échange ami­cal, la joie du publi­cain Lévi, mais aus­si, comme dans l’évangile d’aujourd’hui, la façon dont les invi­tés choi­sissent leur place.

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Le feu sur la Terre

20ème dimanche C

Le feu sur la Terre

(Luc 12, 49–53)

Cet évan­gile nous offre une des rare paroles où Jésus nous révèle sa vie inté­rieure. Il n’enseigne pas ni n’interpelle per­sonne, mais il laisse s’échapper comme un cri, son expé­rience la plus intime. On se sou­vient de cette autre excla­ma­tion rete­nue par saint Luc où Jésus parle de son rap­port avec son Père : « Je te bénis, Père… Oui, c’est ain­si que tu l’as vou­lu dans ta bien­veillance… » A la Dernière Cène, il dit aus­si : « J’ai dési­ré d’un grand désir man­ger cette Pâque avec vous ». Et au Jardin des Oliviers ou dans sa Passion, il prie encore avec angoisse son Père… Mais il n’y a pas beau­coup d’autres moments qui nous per­mettent d’entrevoir le vécu per­son­nel de Jésus. Ces quelques ver­sets de l’évangile d’aujourd’hui sont une pré­cieuse révé­la­tion sur le sens de la vie de Jésus.

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Hôtes et invités

16ème dimanche C (2019)

Hôtes et invités

(Luc 10, 38–42)

Les deux textes prin­ci­paux que nous avons enten­dus parlent de l’hospitalité.
Une médi­ta­tion sur l’hospitalité est par­ti­cu­liè­re­ment bien­ve­nue aujourd’­hui. En effet, les exi­gences d’une hos­pi­ta­li­té élé­men­taire appa­raissent désor­mais clai­re­ment quand nous sommes les témoins indi­gnés de cer­tains cas de non-hospitalité, c’est à dire de non-humanité. Récemment un jour­nal titrait : « L’hospitalité est-elle un délit ? » à pro­pos de ce citoyen fran­çais convo­qué au tri­bu­nal pour avoir héber­gé des sans-logis. Vous savez en effet que les mots ‘hos­pi­ta­li­té’ et ‘huma­ni­té’ sont équi­va­lents, par exemple chez saint Benoît. Comme le dit déjà Homère : « Là où il n’y a pas d’hospitalité, il n’y a pas non plus de civi­li­sa­tion », il n’a pas non plus d’humanité, car alors les humains se com­portent plu­tôt comme les ani­maux dans la forêt, pré­da­teurs ou proies pour tous ceux qui ne sont pas leurs congé­nères.
Et Homère conti­nue en rap­pe­lant que « là où il n’y a pas d’hospitalité, il n’y a pas davan­tage de reli­gion. » L’hôte est en effet tou­jours un mes­sa­ger de Dieu, sinon même Dieu lui-même. Saint Benoît, ici encore, en témoigne quand, en accueillant un hôte, et en lui lavant les pieds, il demande qu’on chante le ver­set du psaume : « Seigneur, nous accueillons ton amour dans notre mai­son ! » En rece­vant un hôte, nous rece­vons l’amour même de Dieu. Ici donc, plus que jamais il nous faut appe­ler « l’Esprit qui nous huma­nise pour nous divi­niser », pour reprendre le titre de la confé­rence de la Sœur Marie- Raphaël…

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